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  • UMP, l'embarrassant héritage de Sarkozy !

    UMP, l'embarrassant héritage de Sarkozy !

    UMP-Pendant que le Parti socialiste se partage les places à l'Assemblée nationale, les ténors de l'UMP se positionnent pour la présidence du parti qui sera remise en jeu à l'automne prochain. Alors que François Fillon, Jean-François Copé et, dans une moindre mesure, Alain Juppé, font d'ores et déjà figure de favoris pour ce scrutin interne à l'issue incertaine, les ralliements s'enchaînent et les candidatures alternatives se dessinent.

    Un présage…Dessin de Deven paru dans Le Mauricien

    Dernière en date, Nathalie Kosciusko-Morizet, tenante d'une ligne progressiste au sein du parti conservateur, a clairement laissé entendre ce lundi 25 juin qu'elle n'excluait pas de concourir si ses idées n'étaient pas représentées. Une menace plus qu'une déclaration de candidature à l'image de celles qu'on laissé filtrer d'autres anciens ministres comme Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez ou Chantal Jouanno.

    Le chant du départ ! Dessin de Burki paru dans 24 Heures

    Dans cette bataille d'influence qui s'annonce, c'est bien l'héritage de Nicolas Sarkozy et de sa campagne présidentielle qui sont en jeu. Que faut-il conserver des cinq années de la présidence Sarkozy? Faut-il revendiquer ou remettre en cause la droitisation de l'UMP qui connut son paroxysme entre les deux tours de la présidentielle? Faute de consensus à droite, les langues se délient et les esprits s'échauffent.

    Sur le départ. Dessin de Dilem paru dans Liberté

    Le casse-tête du droit d'inventaire

    Première pomme de discorde, personne pour l'heure ne s'accorde sur le bilan collectif des années Sarkozy. L'ancienne ministre et très proche de François Fillon, Roselyne Bachelot, a ouvert les hostilités ce week-end en réclamant sur un ton très dur un droit d'inventaire sur le quinquennat passé. "Qu'est ce qu'on va faire, on ne va rien dire ? On a perdu la présidentielle et les législatives. On a laissé une centaine de nos compagnons sur le terrain, on va passer au milieu des cadavres en chantonnant?", a-t-elle tonné dans Le Journal du Dimanche. Avant de conclure sur un constat tranchant: "Nicolas Sarkozy a installé le désordre dans sa maison".

    Adieu Sarkozy ! Dessin de Cagle

    Alors que ces déclarations ont fait sortir de leurs gonds les sarkozystes historiques, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé est monté au créneau ce lundi matin pour tuer le débat dans l'oeuf. "Si c'est pour désigner des boucs-émissaires, je n'en serai pas", a-t-il écarté sur France Inter. "Quand je vois un certain nombre de personnalités qui ont été ministres de Nicolas Sarkozy, ont eu une très grande proximité avec lui, les entendre dire des choses à l'opposé de ce qu'elles ont fait, ce qu'elles ont dit, ça me stupéfie un petit peu !", a-t-il regretté, rappelant au passage la proximité de Roselyne Bachelot avec son adversaire François Fillon.

    L'affaire l'Oréal, un rouleau compresseur !

    Jean-François Copé par franceinter

    Les anciens proches de Nicolas Sarkozy s'étaient donnés le mot dès ce week-end. "Je suis très surpris que l'on puisse aujourd'hui réclamer un droit d'inventaire à l'intérieur de notre famille politique, surtout lorsque l'on a été pendant cinq ans membre du gouvernement sortant durant toute la durée du mandat de Nicolas Sarkozy", a taclé le député-maire de Nice, Christian Estrosi, dans un communiqué. "Le droit d'inventaire, je suis contre. Parce que l'inventaire, c'est le passé. Le droit d'inventer, je suis pour. Parce que ça, c'est pour l'avenir", a répondu de son côté Brice Hortefeux sur BFMTV-RMC.

    Présidentielle: de la "bête à trois têtes" à Charles Maurras

    Outre le bilan politique des années Sarkozy, la gestion de sa campagne présidentielle continue d'animer les discussions à l'UMP. Le rôle de ses conseillers, Claude Guéant, Emmanuelle Mignon, et surtout Patrick Buisson, est ainsi régulièrement épinglé par les partisans d'un recentrage politique de l'ancien parti majoritaire.

    Roselyne Bachelot, qui ne les épargne guère, s'est indignée dans son livre "A feu et à sang" (Flammarion), de l'influence néfaste à ses yeux de "la bête à trois têtes" chargée de ddéfinir la stratégie de Nicolas Sarkozy envers et contre ses ministres. Ex-porte-parole du candidat Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet s'en est pris quand à elle à Patrick Buisson, qu'elle a accusé ce week-end d'avoir davantage fait campagne pour "réhabiliter Charles Maurras", figure de l'extrême-droite, que pour faire réélire l'ancien président.

    Des critiques publiques qui ne sont pas toutefois du goût de tout le monde, y compris dans le camp des fillonistes et des proches d'Alain Juppé. "On a tous validé cette stratégie électorale", "on l'assume", "NKM l'a assumée", a réagi sur LCI le député et ancien ministre Benoît Apparu, non sans regretter à son tour que la campagne soit allée "trop loin dans la droitisation".

    "Je crois que Patrick Buisson a fait gagner Nicolas Sarkozy en 2007", estime de son côté Valérie Pécresse, jugeant que l'ancien patron de Minute avait "mis toute son énergie à essayer de lui faire gagner à nouveau les élections en 2012".

    FN, droitisation... Le flou des valeurs

    Au-delà de la figure de Nicolas Sarkozy ou de ses conseillers, c'est donc surtout le positionnement idéologique et stratégique de l'UMP vis-à-vis du Front national qui continue d'agiter le parti. Une ligne de tension illustrée par un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche selon lequel un sympathisant UMP sur deux (48%) et environ deux sympathisants du Front national sur trois (72%) souhaitent que ces deux formations "passent des accords électoraux" aux élections locales.

    "Il y a un trouble dans notre électorat, mais notre rôle n'est pas de reproduire ce qui se dit sur les marchés, de suivre les tendances, il faut tracer une voie", a tranché Alain Juppé dans Le Monde, tout en s'inquiétant d'entendre "certains de nos amis affirmer qu'ils se reconnaissent dans les valeurs du Front national".

    Officiellement, l'UMP de Jean-François Copé a clairement exclu tout accord entre les deux partis. Mais la stratégie du "ni-ni" (ni front républicain contre l'extrême-droite, ni alliance avec le FN) a démontré ses limites sur le terrain comme sur les résultats des élections législatives. "Ceux qui ont tenté de se rapprocher du FN ont été défaits". "Cela doit être une source de réflexion pour eux comme pour l'UMP", relevait récemment le chiraquien François Baroin.

    "C’est bien parce que la droite au pouvoir n’a pas été suffisamment la droite que l’extrême droite affaiblie en 2007 est redevenue forte en 2012", rétorquent les rescapés de la Droite populaire, en déplorant "des mesures en demi-teinte sur la sécurité et l’immigration" sous la mandature de Nicolas Sarkozy.

    Le débat ne fait que commencer.
  • Kadhafi, Bettencourt, Karachi : Nicolas Sarkozy perd son immunité ...

    Kadhafi, Bettencourt, Karachi : Nicolas Sarkozy perd son immunité ...

    Nicolas Sarkozy est devenu un justiciable français comme les autres ce vendredi 15 juin 2012. L'ancien chef de l'Etat est redevenu ce vendredi un justiciable comme les autres et pourrait devoir rendre des comptes dans l'affaire Bettencourt, mais aussi les sondages de l'Elysée, Karachi ou la Libye.

    Nicolas Sarkozy

    Les choses sérieuses commencent pour Nicolas Sarkozy. Un mois après son départ de l'Elysée, l'ex-chef de l'Etat est redevenu ce vendredi un justiciable ordinaire, privé de son immunité présidentielle. Il s'expose ainsi à d'éventuelles poursuites ou à une audition comme témoin dans plusieurs affaires, comme le dossier Bettencourt.

    L'article 67 de la Constitution stipule que le président de la République ne peut durant son mandat "être requis de témoigner" ni "faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite". Cette interdiction est levée un mois après la cessation de ses fonctions. A partir de ce moment, l'ancien président de 57 ans peut répondre aux convocations des magistrats enquêtant sur des affaires où son nom est cité.

    Les premiers à vouloir l'entendre pourraient être les juges bordelais qui instruisent l'affaire Bettencourt, dont l'un des volets porte sur des soupçons de financement illégal de sa campagne électorale de 2007. Depuis l'incarcération, le 23 mars, de Patrice de Maistre, l'ex-conseiller financier de Liliane Bettencourt, ce volet politique semble concentrer l'attention des juges qui ont organisé, avant le 15 juin, une série de confrontations clé.

    A l'annonce du troisième refus de mise en liberté de leur client début juin, les avocats de l'ex-conseiller financier avaient d'ailleurs pointé, à mots couverts, le "timing" de ces confrontations, juste avant la fin de l'immunité présidentielle.

    La Libye et Karachi pourraient suivre

    Le financement de la campagne de 2007, côté libyen cette fois, est également au coeur d'une controverse née entre les deux tours de la publication d'un document attribué à un ex-homme de confiance du colonel Kadhafi, faisant état d'un "accord de principe" conclu en 2006 avec Tripoli pour apporter à la campagne du candidat Sarkozy 50 millions d'euros.

    Nicolas Sarkozy avait à l'époque parlé d'"infamie" et porté plainte pour "faux" et "publication de fausses nouvelles" contre Mediapart. Lequel a riposté en déposant une plainte en dénonciation calomnieuse contre le président sortant. Aucune enquête judiciaire n'est cependant en cours sur le fond de ce dossier.

    Dans l'affaire Karachi, les juges enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions présumées versées dans le cadre de contrats d'armement, mises en lumière dans l'enquête sur l'attentat de Karachi (Pakistan) du 8 mai 2002.

    "Le coeur de l'enquête, c'est François Léotard"

    Nicolas Sarkozy était en 1995 ministre du Budget et porte-parole de campagne de M. Balladur mais "il y a beaucoup d'investigations à réaliser avant son éventuelle audition" par les enquêteurs, estime un avocat sous couvert d'anonymat.

    "Le coeur de l'enquête, c'est François Léotard - alors ministre de la Défense - Balladur et le financement du Parti républicain", selon cet avocat qui ne juge pas "urgente" l'audition de l'ex-président. Dans ce dossier, comme dans l'affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy a démenti toute irrégularité.

    Enfin, il est possible que l'affaire dite des sondages de l'Elysée, visant une convention signée entre l'Elysée et le cabinet d'études Publifact -dirigé par Patrick Buisson- rebondisse après la levée de l'immunité présidentielle qui, en novembre 2011, avait fait barrage à l'enquête.

    Jacques Chirac avait été le premier chef d'Etat français rattrapé par ses démêlés judiciaires après son mandat. Cité dans une demi-douzaine d'affaires, il avait été entendu comme témoin dans quelques unes, la première fois deux mois après son départ de l'Elysée, le 19 juillet 2007. Dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis, le 15 décembre 2011 et n'a pas fait appel.
  • Côte d'Ivoire: Jacqueline Chamois se dévoile et monte au créneau : « Pour l’amour de Michel Gbagbo, mon fils… »

    Côte d'Ivoire: Jacqueline Chamois se dévoile et monte au créneau : « Pour l’amour de Michel Gbagbo, mon fils… »

    Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 31 mai en début à la maison de l’Afrique à Paris, la mère de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamois, est sortie de son silence. Cette dernière a tenu pour la première fois à évoquer publiquement la situation de son fils, prisonnier d’opinion en Côte d’Ivoire, et également celle de l’ex-président Laurent Gbagbo. Elle dénonce, entre autres, les conditions de détention et l’état de santé de son fils dans lesquels se trouve son fils tout en critiquant la justice franco-ivoirienne et tout particulièrement l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, et l’ex-président français, Nicolas Sarkozy.


    La mère de Michel Gbagbo 31 mai 2012 par legrigriinternationalFace à un parterre de journalistes franco-africains et un public de supporters pro-Gbagbo, Jacqueline Chamois, ancienne compagne de Laurent Gbagbo, a tenu ce jeudi à rappeler les circonstances d’arrestation de son fils, Michel Gbagbo. Agé de quarante-deux ans, Michel Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011 lors de l’attaque des forces spéciales françaises et des forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), alors qu’il se trouvait dans la Résidence présidentielle de son père, Laurent Gbagbo. Jacqueline Chamois, accompagnée de l’avocate du détenu, Me Habiba Touré, de l’ex-conseiller du président Gbagbo, Alain Toussaint, et d’autres personnalités telles que Patrick Finel, responsable Afrique du Front de Gauche, a dressé un bilan sur ce qu’elle appelle les « principales atteintes aux droits de la personne » dont a été victime son fils au moment de sa capture.

    Elle dénonce les opérations de bombardements et le recours aux fumigènes mis en place par l’armée française afin de neutraliser son fils et sa famille. Elle a également affirmé que son fils, ainsi que les hommes et les femmes présents dans la résidence présidentielle, ont été brutalisés et déshabillés. Mme Chamois a mentionné une lettre écrite par sa belle-fille (l’épouse de Michel Gbagbo, ndlr), décrivant le « calvaire » qu’ils ont subi pendant l’agression.

    Les conditions de détention « extrêmement déplorables » et la pratique de la « torture »Dans son réquisitoire, Jacqueline Chamois a particulièrement insisté sur les conditions de détention de son fils, qu’elle juge « extrêmement déplorables ». Elle évoque aussi le « filmage » des détenus politiques et un « traitement particulièrement injuste et de torture à l’égard de Michel Gbagbo ». Elle a fait allusion aux interdictions de visites familiales et d’un « isolement prémédité » de son fils. Mme Chamois conclut cet aspect pénitencier en évoquant une piqûre de scorpion dont aurait été victime son fils. Concernant les informations qu’elle livrait à la presse, Mme Chamois a estimé avoir désormais des informations directes venant de son fils, ce qui, selon elle, « évite que celles-ci fassent place aux rumeurs ».

    L’ex-compagne du président Gbagbo a également rappelé les efforts politiques engagés par elle et ses alliés à l’égard des autorités françaises pour la cause de son fils. Elle a indiqué que son courrier du 8 juillet 2011 à l’ancien président Nicolas Sarkozy est jusqu’à présent restée lettre morte et que seul l’ex-chef du Quai d’Orsay, Alain Juppé, avait essayé d’apporter quelques réponses à ses questions, mais que celles-ci « n’ont pas pris la mesure de la situation » et « qu’elles n’envisageaient pas des solutions pour sauver Michel des conditions de détention ».

    Toutefois, ces efforts ont onné lieu à quelques visites des autorités consulaires françaises auprès de son fils.

    « Cette situation qui perdure, suscite en moi la plus grande inquiétude »

    Jacqueline Chamois a par ailleurs déclaré attendre beaucoup du nouveau président français et a affirmé « vouloir croire » à un véritable « changement », non seulement par rapport à la situation de son fils, mais aussi de façon plus large vis-à-vis des relations entre la France et l’Afrique. Selon elle, son fils est tout simplement victime d’un « chantage politique », d’« une affaire politicienne ».

    La mère de Michel Gbagbo a envoyé, le 25 mai 2012, une seconde lettre, mais cette fois-ci au nouveau ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, dont une copie aurait été envoyée, entre autres, au président François Hollande. Dans cette missive, elle revient une nouvelle fois sur les conditions de détention de Michel Gbagbo et exige la mise en liberté immédiate de celui-ci. « Dans cet hôpital, mon fils est gardé par des hommes en armes qui lui interdisent tout contact avec ses avocats et sa famille, et ceci nonobstant l’autorisation de visite donnée par le juge d’instruction. Cette situation qui perdure, suscite en moi la plus grande inquiétude », peut-on lire dans la lettre.

    « Michel Gbagbo est détenu parce qu’il est le fils de son père »

    Alors que Mme Chamois terminait son intervention largement axée sur le cadre familial, l’avocate de Michel Gbagbo, Me Touré, a livré une véritable diatribe à l’attention de la France et de la Côte d’Ivoire.

    Me Touré a notamment parlé d’une justice « à deux vitesses », d’une politique de « deux poids, deux mesures » et des agissements purement « politiciens à l’égard de Michel ». Elle remet en cause la loi sur l’assignation en résidence en Côte d’Ivoire qui, en principe, n’existe pas dans la législation du pays : « Michel a été détenu arbitrairement, car il n y a aucun décret légal qui justifie son arrestation. »

    Me Touré est revenu sur l’état de santé de Michel Gbagbo, en déclarant que ce dernier « a perdu des dents » et a été victime de « plusieurs problèmes gastriques », ce qui, d’après elle, souligne le caractère particulier de sa détention et les traitements « inappropriés » auxquels il est « cruellement » exposé. Son état de santé, qui s’est « considérablement dégradé », l’a conduit a un récent transfert à l’hôpital.

    La justice ivoirienne « n’est pas indépendante »

    En outre, l’avocate pointe du doigt un « système généralisé », une « rage injustifiée contre Michel Gbagbo », car « même les geôliers n’ont de cesse d’humilier publiquement ce dernier ». Elle estime « tout à fait normal » le fait que Michel Gbagbo ait trouvé refuge dans la résidence de son père.

    D’après Me Touré, « Michel Gbagbo est détenu parce qu’il est le fils de son père ». Elle a ainsi mis au pilori la passivité et la figuration de la justice ivoirienne qui, d’après elle, « n’est pas indépendante » et à laquelle « elle ne fait pas confiance ». Elle parle d’une ambiance générale de « silence-radio » par rapport aux opérations qui ont été menées à l’encontre de toute la famille Gbagbo. Par ailleurs, elle a exprimé son regret à propos du classement de l’affaire par le parquet de Paris en avril dernier, rappelant que l’accusation allait se porter comme partie civile.

    « Un travail de vérité »

    L’avocate a lancé un appel de soutien qui, selon elle, ne concerne pas seulement Michel Gbagbo, mais aussi plusieurs personnes détenues politiquement pour des motifs flous et injustifiés : « cette affaire a besoin d’un soutien massif », a-t-elle insisté. Avant de conclure, celle-ci a tenu à rappeler la solidarité de nombreuses personnalités politiques françaises comme Jean-Luc Mélenchon, des parlementaires du Front de Gauche (la sénatrice Nicole Borvo Cohen-Seat), l’appel de la Cour de justice de la Cédéao à « garantir les droits et l’état de santé de Michel ».

    La mère et l’avocate du fils Gbagbo ont fait part de leur immense sur le nouveau gouvernement français. Elles ont émis le souhait de voir émerger, avec la promesse de « changement » du nouveau dirigeant français, de « vraies relations franco-africaines ».

    "Cela fait plus d’une année que nous espérons que mon fils soit libéré. Je pense qu’il faut monter en puissance, parce que la situation ne peut pas perdurer. Je vais vous présenter les démarches entreprises auprès des autorités françaises, en coordination avec les avocats de mon fils. Au départ, c’était une prise de guerre (…) Maintenant, il y a une prolongation, au-delà des violences gratuites. (…) Je vais vous lire quelques lignes du témoignage que j’ai recueilli auprès de ma belle-fille, l’épouse de mon fils Michel. «Lorsque les soldats sont entrés à la Résidence, ils nous ont demandé de sortir un par un en ayant les bras levés. En ma présence, l’un deux a braqué son arme sur la tempe de Michel Gbagbo.

    Laurent et Simone Gbagbo ainsi que des ministres sont arrivés, et ont été brutalisés. Ensuite, est arrivé notre tour. A la porte de la Résidence, nous avons tous été brutalisés, dépouillés de nos affaires, nos papiers ont été déchirés. Cela en présence d’une colonne de militaires français positionnés à quelques mètres de la Résidence. J’avais perdu Michel de vue. On nous a fait monter dans des camions et conduit au Golf Hôtel, qui servait de quartier général d’Alassane Ouattara. A la descente du camion, nous avons été de nouveau brutalisés. J’ai retrouvé mes enfants confinés dans une chambre. Je n’ai aperçu Michel que deux jours après, couvert de pansements sur la tête, sur un œil, sur tout le dos. Je suis restée enfermée jusqu’au samedi 16 avril dans une petite chambre où nous étions 32 personnes, hommes, femmes et enfants. A notre sortie, nous avons été sélectionnés. Certains sont restés au Golf Hôtel, dont Michel, ma belle-mère Simone, et d’autres personnes. Depuis cette date, je n’ai plus revu Michel.» (…)

    Le pillage et les dégradations volontaires de la maison de mon fils. La maison a été vidée, considérablement abîmée (…) De même que les logements de nombreux détenus. Ce n’est pas un hasard. Ce ne sont pas des voleurs qui, par pure coïncidence, seraient passés à ce moment-là. (…)

    Le transfert et la détention à Bouna, dans le nord de la Côte d’Ivoire, se sont faits en dehors de tout cadre juridique. Je ne m’étends pas sur les questions juridiques. (…) Le fait de filmer des actes d’humiliation envers les détenus montre une volonté délibérée de porter atteinte à la dignité des personnes. (…) Tout le monde l’a vu sur Internet ! (…) Les conditions de détention ont mis sa vie en danger. Nous le savons par l’avocat, qui a pu faire une seule visite, le toit était incomplet. De l’eau passait, et inondait le matelas. (…) En janvier, mon fils a été victime d’une piqure de scorpion. Un scorpion venimeux, c’est quelque chose qui est grave. (…) Il y a le maintien dans l’isolement, dans l’interdiction de communiquer avec l’extérieur, et de recevoir les visites de la famille, et en particulier les difficultés que rencontrent les avocats pour s’entretenir avec leur client. (…)

    Ma démarche en tant que française, en tant que mère d’un enfant qui a la double nationalité française et ivoirienne, c’est de m’adresser au gouvernement français, c’est mon interlocuteur. Je pense que la responsabilité de la France est engagée avec son soutien militaire à la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara. Ce qui s’est passé, les bombardements, c’est bien l’armée française qui a fair cela. (…) Elle est engagée aussi par rapport aux conséquences. (…) Tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire, il y a une insécurité extrême qui touche les Ivoiriens, qui touche aussi les ressortissants français qui sont là-bas.

    J’ai adressé plusieurs courriers, j’en ai adressé un au président Nicolas Sarkozy. Ce courrier-là est resté sans réponse. J’en ai adressé d’autres à certaines personnalités que je ne souhaite pas citer ici. Certaines m’ont répondu, d’autres non. Mais l’essentiel de mon action a été orientée vers le ministère des Affaires étrangères, du précédent gouvernement, Alain Juppé donc, qui est concerné dans le cadre de sa mission de protection des ressortissants français. J’ai eu des réponses. Mais ces réponses ne prenaient pas vraiment la mesure de la situation. Jamais elles n’abordaient le côté injuste au plan légal et au plan moral de son arrestation et de sa détention, dans les conditions de violence que l’on sait. Et d’autre part, elles n’envisageaient pas de solution pour essayer de sauver Michel de cette situation dramatique. En gros, le ministère m’a assuré que mon fils bénéficiait de la protection consulaire, qu’ils étaient attentifs, et ça en restait là. Il a reçu effectivement à deux reprises – une fois à Bouna, et la seconde fois à Abidjan à la Pisam – la visite d’un agent du consulat.

    Aujourd’hui, j’espère avec plus d’écoute de la part du nouveau gouvernement. J’espère qu’ils y mettront la volonté nécessaire. J’ai envoyé le 25 mai 2012 une lettre au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le président François Hollande en est également destinataire. Ainsi que d’autres personnes, le président du Sénat, le Premier ministre, etc… (…) Dans cette lettre, je rappelle (…) que mon fils est gardé par des hommes en armes qui lui interdisent tout contact avec ses avocats et sa famille et ceci, nonobstant l’autorisation de visite donnée par le juge d’instruction. Je rappelle (…) que pendant quatre mois, mon fils a été détenu en dehors de tout cadre légal (…) Enfin que du fait de la présence incontrôlée de divers groupes armés, la sécurité va en s’aggravant en Côte d’Ivoire et constitue une menace pour mon fils déjà fortement éprouvé par les conditions de son arrestation et de sa détention. C’est pourquoi je réitère le souhait de voir le gouvernement français œuvrer en vue d’obtenir pour lui un rapatriement sanitaire et humanitaire en France.

    Actuellement, nous sommes dans l’impossibilité de recevoir des informations directes de la part de mon fils. Ce qui laisse la place à toutes les rumeurs. Parfois les rumeurs sont fondées, parfois non. D’où l’intérêt d’une initiative comme celle d’aujourd’hui. Parce que c’est quelque chose qu’on ne peut pas accepter, en France ou à l’étranger. S’il y a un prisonnier, on doit pouvoir entrer en contact avec lui (…) Ne serait-ce que savoir s’il est encore en vie.

    Je crois beaucoup en la complémentarité des démarches individuelles comme judiciaires et des actions visant à faire connaître le sort des détenus politiques ivoiriens, dont je suis solidaire. Je vais attendre d’avoir une réponse de M. Fabius. Si elle ne vient pas très rapidement, je vais de toute façon demander à être reçue par le président de la République, M. François Hollande."

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