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  • Martinique: Jean-Marc Ayrault "Césaire a fait d'une insulte le mot "Nègre" une identité ! "

    Martinique: Jean-Marc Ayrault "Césaire a fait d'une insulte le mot "Nègre" une identité ! "

    "Admiratif" et "humble" face à la parole de Césaire, à sa vie et à son oeuvre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui a rendu hommage le mercredi 26 juin dernier sur le parvis de l'ancien hôtel de ville, affirmant que "la Nation s'accorde avec la Négritude".

    Portrait d'Aimé Césaire à Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors de son hommage à Aimé Césaire. Photo Réveil FM

    Le poète, l'homme politique, le bâtisseur, le professeur: en une quinzaine de minutes, Jean-Marc Ayrault a retracé la vie et l'oeuvre d'Aimé Césaire, "le meilleur des fils de la Martinique". Si le Premier ministre n'a pas caché avoir relu " avec admiration" quelques-uns de ses discours et poèmes dans l'avion l'amenant à Fort-de-France, il a aussi profité du vol pour retravailler longuement sa propre allocution qu'il savait très attendue. Et c'est d'abord au poète que le locataire de Matignon a rendu hommage, "au nom du gouvernement et de la Nation". "Sa parole, son ton d'invective si particuliers étaient capables, en vous touchant au plus profond du cœur, de faire comprendre la situation des opprimés. A travers elle, il a dénoncé la situation d'injustice que vous viviez ici", a-t-il lancé à la foule présente devant l'ancien Hôtel de ville. Applaudissements chaleureux.

    Pour lui, " chaque mot est le porte-drapeau d'une identité: "nègre" ne peut être remplacé par "noir". Et de lâcher, face à un auditoire à l'unisson: "Aimé Césaire a su faire de l'insulte un cri d'identité issu de la chaire même de l'histoire".

    Français et nègres

    "Dans un monde où la parole politique a besoin de poésie", il a salué le "courage" du chantre de la Négritude, "pareil à la flamme d'une poésie, seul et splendide dans son jugement, intègre",. Cette parole libérée, libre et indépendante, Jean-Marc Ayrault l'a évidemment replacée dans le champ politique et dans l'action d'un homme qui " a su la prendre, à chaque fois, pour une cause juste": son opposition au régime de Vichy, ses prises de position, à l'Assemblée nationale, contre la colonisation et la traite des noirs, son indignation face au "rôle positif" de l'esclavage...

    "Il a fait l'un des plus longs mandats parlementaires du XXème siècle", a-t-il rappelé alors qu'il héritait "d'un territoire en détresse", dû au blocus imposé sous Vichy et à l'effondrement des usines sucrières. "Mais, aujourd'hui, il n'existe pas une rue, pas un quartier de cette ville qui ne lui doivent quelque chose".

    J'aurais aimé mieux connaitre Césaire", a enfin avoué le chef du gouvernement, rappelant avoir siégé sur les mêmes bancs que lui et dans le même groupe parlementaire de 1986 à 1993. " Je lui aurais dit: "votre vie donne un sens à mon engagement politique".

    Aimé Césaire a été le premier à nous faire prendre conscience, à nous, Français blancs et métisses, que la Nation s'accorde avec la Négritude. Et c'est m^me une chance, par une langue et une histoire communes, de devenir Français et nègres. Indissociablement".

    Chaque élu de la République devrait avoir le même sens des responsabilités qui fut le sien.

    Reportage photos

    1. Arrivée de Jean-Marc Ayrault à l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France

    Jean-Marc Ayrault a serré quelques mains de Foyalais avant de se rendre dans le bureau d'Aimé Césaire. Une rencontre populaire qui sied à sa volonté d'être aussi "normal": Photos Réveil FM

    Le chef de camp du Premier ministre Ayrault. Photo Réveil FM

    2. Ballet d'accueil par des jeunes filles Foyalaises

    Ballet d'accueil par des jeunes Foyalais pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photos Réveil FM

    C'est dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France que Jean-marc Ayrault a reçu les discours de bienvenue du maire de Fort-de-France, de la présidente du Conseil général et du président du Conseil régional. Trois déclinaisons d'un appel au chef de gouvernement pour "davantage d'engagement et de solidarité"

    Raymond Saint Louis, maire de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    C'est Raymond Saint Louis Augustin qui a ouvert le ban des discours de bienvenue dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France. Un maire en verve malgré un lapsus, citant"jacques et Mireille Darsières" en lieu et place des enfants du poète. Il rattrapait rapidement le fil d'un discours savamment construit autour de l'oeuvre municipale menée par le chantre de la négritude comme le prolongement de sa poésie, de sa vie d'homme et de responsable politique. Une oeuvre qui prend racine dans une ville " à construire, une ville sans souffle culturel, un peuple qui ne sait qu'il est peuple".

    De cette évocation très lyrique, le maire ne manquera pas de rappeler " douvan zié, sé an gran chimin !" pour mieux citer son prédécesseur en ajoutant. "Gardons chaque pas gagné".

    "La muraille de Bercy" de Josette Manin

    Josette Manin, présidente du Conseil général. Photo Réveil FM

    Tonalité plus pragmatique et plus politique chez Josette Manin, présidente du Conseil général. " Nous avons un modèle qui s'essouffle. Nous le savons et vous le savez. Mais en espérant vraiment que pour la Collectivité territoriale que nous construisons ensemble, nous n'aurons pas à constater que 1+1 ne fait que ". Un avertissement clair qu'elle allait illustrer en évoquant " la muraille de Bercy" pour mieux prendre comme référence la Corse ou l'Etat a su établir un contrat de partenariat avec la collectivité territoriale. "Un contrat social de développement". La tonalité politique n'allait pas s'arrêter avec l'intervention de Serge Letchimy. Le président du Conseil régional s'adressant à "mon cher Jean-marc" allait rappeler que le Premier ministre, alors maire de Nantes, avait su mettre la mémoire de l'esclavage au cœur de sa ville avec le musée édifié sous sa mandature "laissant ainsi un message pour l'avenir".

    "La Nation s'accorde avec la négritude"

    Serge Letchimy, président du Conseil régional. Photo Réveil FM

    Mais l'actualité étant césarienne c'est surtout à l'ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale que Serge Letchimy s'adressait en soulignant l'importance de ce groupe, lors du vote de la résolution en hommage à Césaire, le lundi dernier au Palais Bourbon.

    "L'héritage que Césaire nous a laissé, c'est la conscience d'une société imprégnée par le multiculturalisme. Il faut la construire ensemble dans le respect de la différence et l'égalité des droits".

    Le Premier ministre a évité de répondre directement, rappelant qu'il aurait à s'y exprimer. Jean-Marc Ayrault a évoqué l'homme Césaire, le député qu'il côtoya sur les bancs de l'Assemblée nationale de 1986 à 1993. Et dans une envolée digne d'un convaincu, il lançait alors une profession de foi très césairienne: "La Nation s'accorde avec la Négritude !"

     

    Marie-Thérèse Armède est la doyenne du carnaval de Martinique. Photo Réveil FM

    Les Foyalais dans la cour de l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France. Photos Réveil FM

    Freddy Mulongo à l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Des policières de Fort-de-France. Photo Réveil FM

    Jean-Marc Ayrault salue chaleureusement Marie-Thérèse Armède (Tatie Thérèse). Photo Réveil FM

    3. Départ de Jean-Marc Ayrault de l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France

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