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  • Jean-Luc Mélenchon, combien de divisions ?

    Jean-Luc Mélenchon, combien de divisions ?

    Pour exister, le leader du Front de gauche attise les clivages européens, quitte à se couper d’une partie de ses alliés. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris pour dire non à l'Europe de "l'austérité", à l'appel d'une soixantaine d'organisations dont le Front de gauche et à deux jours du début de l'examen au Parlement du traité budgétaire européen. Au cri de "Résistance", le cortège s'est ébranlé peu après 14H00 de la place de la Nation, derrière une banderole proclamant "Pour une Europe solidaire, non au traité d'austérité". Les manifestants, au nombre de 80.000 selon le Front de Gauche et le syndicat Solidaires, ont rejoint peu après 16H00 la place d'Italie, point final de la manifestation. La préfecture a fait savoir qu'elle ne communiquerait pas de chiffre sur le nombre de participants "conformément à la pratique s'agissant d'une manifestation à l'initiative d'un parti politique". Jean-Luc Mélenchon vit son rôle de leader politique comme un général. Un chef dont «les troupes» militantes doivent être maintenues «en mouvement» permanent. Après la présidentielle (11,1%) et sa tentative législative manquée contre le PS et le Front national à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le député européen se devait d’engager dès la rentrée une nouvelle «bataille». Objectif premier : éviter la dispersion postélectorale du Front de gauche et de ses militants, quitte à taper très tôt, très fort, sur la politique de François Hollande. «Si on s’arrête, on tombe», répète sans cesse Mélenchon pour justifier cet activisme depuis la constitution, aux européennes de 2009, de cette alliance avec les communistes et une partie de la gauche radicale.

    "Cette manifestation signifie l'entrée en mouvement du peuple français au côté des autres peuples qui protestent contre l'austérité", a lancé Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, principale composante du FG avec le PCF, insistant sur la présence à ses côtés d'élus européens de la gauche radicale, une espagnole et une portugaise.

    Jean-Luc Mélemchon a réfuté qu'il s'agisse d'un rassemblement d'opposition au gouvernement. "C'est une manifestation d'opposition aux politiques d'austérité", a-t-il insisté.

    Tonalité un peu différente chez M. Besancenot au Nouveau parti anticapitaliste: "Il faut assumer un statut d'opposant politique à la gauche du gouvernement."

    "Le mouvement social ne va pas se taire pendant cinq ans", avait prévenu avant le départ Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac France. Elle a déjà donné rendez-vous pour le 8 octobre à un meeting européen des forces de gauche à l'espace Reuilly à Paris.


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    Une cinquantaine d'employés de l'usine Fralib de Gémenos (Bouche-du-Rhône), qui a cessé de produire depuis 15 mois, ont également fait entendre leur voix.

    «Sillon». Cet automne, le combat est donc européen. A un moment où les centrales syndicales restent en retrait - pour cause de dialogue social et de successions internes -, Mélenchon a initié avec les communistes le rassemblement d’hier à Paris. «Il faut maintenir le sillon qui a été ouvert en 2005», annonçait-il mi-septembre à la Fête de l’Humanité. Il y a sept ans, alors sénateur PS, il avait rejoint, avec ses militants, les collectifs du non au Traité constitutionnel européen. En faisant ouvertement campagne aux côtés de la communiste Marie-George Buffet ou de l’extrême gauche, incarnée par Olivier Besancenot, Mélenchon désobéissait à son parti dont les militants avaient voté oui à 60% en interne. Le non l’emporte à 55% le 29 mai 2005. Mélenchon fait le constat que «l’autre gauche», comme il dit, peut être «majoritaire».

    Sept ans après cette première campagne, le «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance» (TSCG) donne l’occasion à l’ancien socialiste de recliver la gauche sur l’Europe. Et d’en tirer les bénéfices. Ses ex-camarades et les écologistes disent qu’ils ont «dépassé leurs divisions» connues en 2005 ? Mélenchon considère qu’elles restent entières. Qu’à gauche, il y a deux lignes et que la sienne deviendra, «d’ici dix ans», majoritaire. Autour d’un Front de gauche encore organisé en cartel électoral, Mélenchon veut profiter de la séquence pour continuer d’agréger des forces. Après s’être associé aux communistes et avoir récupéré plusieurs morceaux du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot, Mélenchon veut convaincre, avec le refrain d’une «autre Europe» et d’une «autre politique possible à gauche», une partie des socialistes et les écologistes - opposés au traité budgétaire européen - de le rejoindre. «Jean-Luc estime qu’est venu le moment de trancher le débat entre deux gauches. Je ne le crois pas, affirme un député de l’aile gauche du PS, ancien proche de Mélenchon. Il faut rassembler. Pas la diviser.»

    «Manche». Là est son problème : taper si fort sur les premiers mois de la gauche au pouvoir s’avère également contre-productif et lui fait petit à petit endosser un statut de «diviseur» que les électeurs de gauche récompensent rarement. Dans la manifestation d’hier, peu de personnes revendiquaient avoir voté Hollande au premier tour de la présidentielle. L’aile gauche du PS ou Europe Ecologie - les Verts ont, eux, décliné l’invitation pour ne pas être associés, ont-ils dit, à une manifestation «anti-Hollande». Et si Mélenchon comptait convaincre «le maximum» de parlementaires PS de rejeter la ratification du TSCG, c’est raté. «Mélenchon s’y prend comme un manche», observe un député socialiste. «Beaucoup de mes collègues qui seraient tentés de voter contre ne vont pas le faire pour ne pas être associés à Mélenchon, poursuit-il. Il tape sur nous comme un dingo. Forcément, après, il y a un effet de solidarité !» Cette stratégie agressive agace la direction du Parti communiste, soucieuse de discours moins clivants pour éviter la séparation irrémédiable avec le PS en vue des municipales de 2014.

    Consciente aussi que, si la gauche échoue, les premiers bénéficiaires seront l’autre opposition : la droite et l’extrême droite.
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