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  • Le PS en ébullition après l'expulsion de Leonarda, collégienne kosovare

    Le PS en ébullition après l'expulsion de Leonarda, collégienne kosovare

    Le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux, le 16 mai 2013 à Paris.

    POLITIQUE - «Inacceptable», «choquant», «scandaleux»: les critiques fusent au sein du Parti socialiste...

    «Il ne faut pas aller chercher les enfants à l’école.» Le patron des députés socialistes Bruno Le Roux a critiqué en ces mots l’expulsion de Léonarda, une jeune collégienne kosovare de 15 ans, arrêtée dans le Doubs alors qu’elle participait à une sortie scolaire pour être expulsée vers le Kosovo.

    Comme iTélé lui demandait s'il aurait fallu procéder à cette expulsion, l'élu de Seine-Saint-Denis a répondu: «Je pense que non.» Bruno Le Roux attend «de savoir ce qui s'est réellement passé», mais «cette famille semblait en voie d'intégration, sédentarisée, scolarisée», «à quelques semaines d'un possible dépôt d'un dossier de régularisation».

    «Une bavure»

    «Il y a dans cette procédure une faculté de discernement offerte au préfet», a poursuivi le député, en se demandant s'il y avait vraiment «nécessité». «C'était le temps scolaire. On peut attendre, on peut différer.»

    Au Bureau national du PS, mardi soir, «tout le monde était d’accord pour dire qu’il y a eu une bavure», a raconté à Libération la sénatrice Laurence Rossignol, une des porte-parole du parti.

    L'arrestation et l'expulsion de Leonarda, une jeune Kosovare de 15 ans, et de sa famille, mercredi 9 octobre par la police dans le Doubs, mettent le PS en ébullition. Mardi 15 octobre au soir, réunis en bureau national, plusieurs socialistes issus de différents courants ont dénoncé une opération disproportionnée, que beaucoup jugent "indigne".

    "Si cela s'est vraiment passé comme le disent les premiers témoignages, on a dépassé les limites de l'acceptable", estime Emmanuel Maurel, chef de file de l'aile gauche du PS, rappelant qu'"il y a encore quelques années, tous les socialistes se mobilisaient contre de telles pratiques".

    Dans un premier temps, la direction du PS, en l'absence du premier secrétaire Harlem Désir, parti en Afrique du Sud avec François Hollande, a expliqué qu'il fallait s'assurer de la véracité des faits, rapportés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), avant de réagir.

    Joint par Le Monde, le cabinet du ministre de l'intérieur a confirmé qu''il s'agissait d'une "famille kosovare" dont les demandes d'asile en France ont été rejetées, comme souvent pour les ressortissants de ce pays. Dans un communiqué envoyé dans la soirée de mardi, Manuel Valls affirme appliquer "avec fermeté les décisions d'éloignement tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l'objet d'une mesure d'éloignement".

    Selon la préfecture, la famille était entrée irrégulièrement en France le 26 janvier 2009. Leur première demande d'asile a été rejetée par l'Ofpra le 20 août 2009 puis, en appel, par la cour nationale du droit d'asile, le 31 janvier 2011. Deux mois plus tard, ils ont déposé une demande de réexamen, à nouveau écartée. La préfecture a alors prononcé, en septembre 2011, un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire, confirmé par le tribunal administratif le 26 janvier 2012, puis par la cour administrative d'appel de Nancy, le 21 février 2013.

    DES EFFORTS D'INTÉGRATION "RÉDUITS À NÉANT"

    Dans la soirée, la rue de Solférino a indiqué à l'AFP que les responsabilités devaient être "clairement établies", jugeant "choquantes" les conditions dans lesquelles l'adolescente aurait été arrêtée par la police, pendant une sortie scolaire avec sa classe de collège selon RESF. Dans l'après-midi, plusieurs responsables avaient déjà exprimé leur indignation sur Twitter.

    Le porte-parole du PS, David Assouline, a dénoncé une opération "insupportable et inacceptable". "Je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour Leonarda, j'en tirerai les conséquences", a prévenu de son côté Stéphane Delpeyrat, élu d'Aquitaine et secrétaire national à la recherche.

    "L'expulsion de Leonarda est une grave erreur qu'il faut corriger, sinon ce sera une faute", a également commenté Mehdi Ouraoui, le directeur de cabinet de M. Désir. Sur son blog, le député Pouria Amirshahi a dénoncé une "violence faite à la République", estimant que "les efforts d'intégration fournis par cette famille sont réduits à néant par des décisions aveugles et infâmes". Cette famille pouvait en effet être régularisée d'ici huit semaines, en application de la circulaire du ministère de l'intérieur.

    Pour Sandrine Mazetier, députée de Paris et chargée des questions d'immigration au PS, son expulsion est une décision "scandaleuse et injustifiable". Mme Mazetier, comme Matthias Fekl, député du Lot-et-Garonne, estime que "le préfet doit être convoqué et sanctionné", faisant référence à Stéphane Fratacci, préfet du Doubs et de Franche-Comté, et ancien secrétaire général à l'immigration et à l'intégration en 2009 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

    Le Mouvement des jeunes socialistes est allé encore plus loin, en réclamant directement la "régularisation" de Leonarda et des siens. "Nous prions le ministre de l'intérieur d'apporter des explications à cette affaire et de rassurer l'ensemble des humanistes en affirmant que des policiers ne peuvent pas arrêter des élèves dans le cadre scolaire. De tels actes seraient un révélateur du manque de changement en terme de politique migratoire depuis la triste période Hortefeux-Guéant-Besson-Sarkozy", a déclaré le MJS dans un communiqué, prenant directement à partie Manuel Valls.

    Le PG fustige la "politique inhumaine" de Valls

    Le Parti de gauche a fustigé mardi la "politique inhumaine" du ministre de l'intérieur Manuel Valls, après l'expulsion controversée d'une collégienne kosovare, remise à la police dans le Doubs alors qu'elle participait à une sortie scolaire. "Manuel Valls a beau jeu de décréter que les Roms ne veulent pas s'intégrer, alors même qu'il les pourchasse jusque dans les écoles. La politique inhumaine conduite par Manuel Valls est une honte pour la France", s'est insurgé le PG, estimant que "la lepénisation des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau".

     

    Le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux, le 16 mai 2013 à Paris.

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