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chaine humaine contre le nucléaire à paris

  • Chaine humaine contre le nucléaire à Paris, où sont passés les Congolais de Kinshasa ?

    Chaine humaine contre le nucléaire à Paris, où sont passés les Congolais de Kinshasa ?

    Pour la chaine humaine contre le nucléaire, le samedi dernier à Paris, les antinucléaires français, européens ont manifesté pour les deux ans de Fukishima. Nous avons vu aussi quelques polynésiens-Kanaks. Il y a eu des polynésiens, plus précisément des Kanaks qui se disent victimes des essais nucléaires. Pas des Congolais ni des Nigériens, pourtant la République démocratique du Congo et le Niger sont deux pays aux potentialités énormes en uranium sur le continent africain. La vague d’angoisse liée à la catastrophe nucléaire au Japon épargne-t-elle l’Afrique ?

    La République Démocratique du Congo a été l’un des précurseurs dans l’exploitation nucléaire sur le continent. Déjà, par le biais des colons belges de l’époque, le Grand Congo pays au cœur de l'Afrique a fourni aux américains l’uranium ayant servi à fabriquer les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. D’ailleurs, les américains ont longtemps soutenu le dictateur de l’ex-Zaïre, Mobutu Sese Seko, pour avoir la mainmise sur cette matière première.

    L'ex-président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, dans la salle des commandes du réacteur en 1974. Photo Cren-K, archives

    Actuellement, le Congo-Kinshasa retient toujours l’attention américaine car il conserve des installations dédiées à la recherche nucléaire. Il s’agit du site abritant les réacteurs nucléaires Triga Mark I, fonctionnel entre 1958 et 1970, et Triga Mark II, mis en service en 1972. Ce dernier matériel aurait « arrêté de fonctionner depuis 1992 », selon un rapport diplomatique datant de 2006 révélé par Wikileaks.

    D’après la même source, le Centre régional d’études Nucléaires de Kinshasa (le Cren-K) compte 138 barres d’uranium faiblement enrichies, 2 de moins qu’à l’origine. De quoi inquiéter les américains qui craignent que cette matière première ne tombe entre des mains éventuellement belliqueuses à l’instar de l’Iran. En plus, le rapport déplore le manque de sécurité nucléaire.

    Le Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa, le Cren-K, dispose d'un bâtiment blanc et bleu, entouré d’arbres immenses et d’herbes folles, sur les collines de l’université surplombant la mégapole congolaise. Endormi depuis 2004, soit huit ans, il n’en reste pas moins un danger potentiel, tout comme les déchets radioactifs encore stockés sur le site.

    Pas toujours éclairée la nuit, l’enceinte du site est souvent aussi victime de délestage, de caméras de surveillance pas toujours fonctionnelle et des étudiants de l’université voisine ont pris l’habitude de la traverser pour raccourcir leurs itinéraires. En outre, près d’un bâtiment où sont stockés des déchets nucléaires incorrectement gérés, des paysans entretiennent des champs de manioc, au péril de leur santé. En 2006, selon les révélations faites récemment par WikiLeaks, les États-Unis s’inquiétaient des lacunes dans le dispositif de sécurité.

    Le vol dans les années 1970 de deux barres de combustibles nucléaires faiblement enrichis, dont l’une n’a jamais été retrouvée, avait montré les défaillances du système.

    Les États-Unis avaient noté, entre autres, le faible salaire des employés (entre 40 et 150 dollars par mois) qui pourraient être tentés de monnayer leur accès au site ou de se lancer dans d’autres activités illicites.

    L’autre inquiétude porte sur les glissements de terrain. Plusieurs têtes d’érosion menacent le site. Le Cren-K est situé sur le campus de l’Université de Kinshasa, une zone soumise à une forte érosion.

    Chaque année l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) effectue une visite à Kinshasa pour contrôler le site. Faut-il pour autant, cesser d'être inquiet malgré les assurances intempestives de Kinshasa ? Fukushima fut un site très sécurisé mais on connait la suite !
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