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ce dimanche matin

  • Des soldats rwandais ont pris tôt ce dimanche matin les villes de Rusthuru, Rubare, Kako, Kalengera et Katale à l'est de la République démocratique du Congo!

    Des soldats rwandais ont pris tôt ce dimanche matin les villes de Rusthuru, Rubare, Kako, Kalengera et Katale à l'est de la République démocratique du Congo!

    Le rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU sur la République démocratique du Congo aurait pu passer totalement inaperçu, si ce n’était cette annexe de 48 pages accusant le Rwanda de soutenir la mutinerie armée dans l’est de la RDC. Le groupe d’experts de l’ONU affirme que les forces armées rwandaises « fournissent du matériel militaire, des armes, des munitions et des fournitures diverses aux rebelles du M23 » et octroient soutien et protection au général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Les accusations du groupe d’experts reposent sur les témoignages anonymes de 80 mutins déserteurs dont 31 Rwandais du M23. Les auteurs fournissent des photos d’armes et d’équipements militaires décrites comme venant du Rwanda et décrivent le processus de recrutement de soldats par des officiers rwandais pour le compte des rebelles du M23.

    Paul Kagamé et le Rwanda se sont faits prendre la main dans le sac.

    Parmi les noms d’officiels rwandais cités dans cette annexe (page 17) figurent ceux du ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarebe, de son chef d’état-major, le général Charles Kayonga, et des généraux Jack Nziza, Emmanuel Ruvusha et Alexis Kagame. « Le Rwanda s’est fait prendre la main dans le sac », analyse un diplomate onusien. « La réalité est que le Rwanda s’est accordé un droit de regard sur ce qui se passe dans la région des Kivus. La RDC est en train de réaffirmer sa souveraineté et veut briser ce statu quo », poursuit-il.

    Les mutins du Mouvement du 23 mars ont poursuivi ce dimanche 8 juillet leur offensive dans l'est de la République démocratique du Congo, prenant Rutshuru et d'autres localités de la province du Nord-Kivu sans rencontrer de résistance, 48 heures à peine après avoir conquis la ville de Bunagana, près de l'Ouganda.

    Après avoir pris tôt le matin les villes de Rusthuru, Rubare, Kako, Kalengera et Katale, le chef du Mouvement du 23 mars (M23), le colonel Sultani Makenga, a déclaré en fin de journée à quelques journalistes, dont celui de l'AFP, qu'ils allaient se retirer de ces villes, sans toutefois donner de date ni d'échéance. Il a précisé qu'ils allaient en revanche rester à Bunagana, un poste-frontière avec l'Ouganda pris vendredi à l'issue d'âpres combats contre l'armée congolaise (FARDC).

    "Nous allons nous retirer (des villes prises dimanche) et les laisser à la Monusco (Mission de l'ONU) et à la police nationale (...) Mais nous allons garder Bunagana parce que nous devons éloigner nos ennemis de nos positions", a déclaré à Bunagana le colonel Makenga, en uniforme de l'armée congolaise, portant un képi et un pistolet à la hanche, et entouré de nombreux gardes armés.

    "C'est le gouvernement de Kinshasa qui détermine s'il veut la paix, s'il veut cesser de nous combattre. S'ils veulent la guerre, ils continueront à nous attaquer et nous les poursuivrons", a-t-il ajouté.

    Dimanche à la mi-journée, quelques dizaines de combattants du M23, bien armés, se trouvaient à Rutshuru, d'où les soldats congolais s'étaient retirés avant leur arrivée, a constaté l'AFP.

    La plupart des habitants avaient fui la veille et quelques pillages commis par les FARDC ont été signalés par des témoins.

    A partir de Rusthuru, les localités de Rubare, Kako, Kalengera et Katale se suivent sur une vingtaine de km vers le sud sur la route qui mène à Goma, la capitale du Nord-Kivu, située à environ 60 km de Rusthuru.

    Les mutins ont aussi annoncé avoir pris Ntamugenga, une petite localité à l'est de Rubare.

    Samedi soir, "les FARDC sont venues dans notre position de Mbuzi. Nous avons décidé de les poursuivre", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

    Des blindés de la Monusco se sont retirés de Rutshuru pour retourner à leur base de Kiwanja -5 km au nord-, où de nombreux habitants venaient se réfugier dans un camp de déplacés attenant à la base onusienne, a constaté l'AFP.

    Vendredi, les mutins avaient déjà pris Bunagana -à une vingtaine du km au sud-est de Rutshuru-, mais cette fois après d'âpres combats contre les FARDC, dont 600 soldats ont fui en Ouganda, abandonnant de l'armement lourd et des munitions.

    Plus de 230.000 réfugiés et déplacés

    Un Casque bleu indien a été mortellement blessé lors de ces affrontements. Depuis samedi, la Monusco a quitté Bunagana où elle avait renforcé sa présence ces dernières semaines.

    Avant leur avancée, les mutins, qui ont commencé à faire défection en avril, étaient cantonés depuis mai à une dizaine de km au sud de cet axe, sur plusieurs collines dans le sud-est du parc national des Virunga, adossé à l'Ouganda et au Rwanda, où ils ont résisté aux bombardements réguliers des FARDC.

    Le M23 est constitué d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009. Les mutins réclament la pleine application de ces accords.

    "Nos principales revendications le gouvernement les connaît: le retour des réfugiés congolais qui sont au Rwanda, une bonne démocratie, et nos grades militaires doivent être confirmés...", a affirmé le colonel Makenga, ancien N.3 du CNDP.

    L'officier a démenti être aux côtés du général Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), et accusé par le gouvernement de Kinshasa d'être à la tête de la mutinerie.

    Samedi soir, un Conseil supérieur de la défense, présidé par le chef de l'Etat Joseph Kabila, a prononcé la radiation de l'armée de Ntaganda, Makenga et des officiers du M23, avec ordre de les rechercher pour les juger.

    Le chef du M23 a également démenti avoir l'appui du Rwanda, alors qu'un rapport d'experts de l'ONU a affirmé que le mutins sont soutenus par des hauts responsables rwandais, notamment le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, et le chef d'état-major des armées, le général Charles Kayonga, qui auraient apporté "une aide directe" à la création du M23, en fournissant des armes, des munitions et des recrues.

    Comme d'habitude, Kigali a toujours nié tout appui à la mutinerie et rejeté ce rapport.

    Le regain de violences dans l'est de la RDC a fait plus de 200.000 déplacés et plus de 30.000 réfugiés au Rwanda et en Ouganda.
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