Avertir le modérateur

caricatures de mahomet : des ambassades et écoles françaises fer

  • Caricatures de Mahomet : des ambassades et écoles françaises fermées vendredi

    Caricatures de Mahomet : des ambassades et écoles françaises fermées vendredi

    La Une de Charlie Hebdo !

    La publication mercredi de nouvelles caricatures de Mahomet dans l'hebdomadaire satyrique Charlie Hebdo suscite une vague d'inquiétudes. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré sur France Info "avoir envoyé des instructions pour que dans tous les pays où cela peut poser des problèmes on prenne des précautions de sécurité particulières".

    Ces craintes se concentrent notamment sur vendredi, journée de prière dans les pays musulmans et qui pourrait donner lieu à une mobilisation accrue contre l'Occident. Les ambassades, consulats et écoles françaises seront fermés dans une vingtaine de pays musulmans vendredi, jour de la grande prière, a indiqué le Quai d'Orsay, précisant qu'"il n'y avait pas de menace avérée sur un quelconque établissement".

    L'ambassade de France à Djakarta avait annoncé d'ores et déjà la fermeture temporaire de toutes les implantations françaises en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

    L'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo consacre la "une" de son édition du 19 septembre aux manifestations qui agitent le monde musulman depuis une semaine. Avec le ton qui lui est propre, le journal publie de nouvelles caricatures de Mahomet, dont certaines – en quatrième de couverture surtout – mettent en scène le Prophète dans des positions osées.

    Pour éviter tout incident, le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a décidé de renforcer la sécurité autour des locaux de l'hebdomadaire.

    Le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, a dit pour sa part sa "désapprobation face à tout excès [...] dans le contexte actuel" et appelé à "l'esprit de responsabilité de chacun". "La liberté d'expression constitue l'un des principes fondamentaux de notre République. Cette liberté s'exerce dans le cadre de la loi et sous le contrôle des tribunaux, dès lors qu'ils sont saisis", rappelle aussi Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre souligne enfin l'existence en France du "principe de laïcité qui est, avec les valeurs de tolérance et de respect des convictions religieuses, au cœur de [son] pacte républicain".

    Charb se justifie !

    Le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Charb, a reconnu au micro de RTL que les nouvelles caricatures pouvaient faire "polémique". Mais le journaliste s'est justifié en expliquant que "si on commence à se poser la question de savoir si on a le droit de dessiner ou pas Mahomet, si c'est dangereux ou pas de le faire, la question d'après ça va être 'est-ce qu'on peut représenter des musulmans dans le journal ?', puis la question d'après ça va être 'est-ce qu'on peut représenter des êtres humains dans le journal ?', etc., et à la fin on ne représentera plus rien, et la poignée d'extrémistes qui s'agitent dans le monde et en France aura gagné".

    L'an dernier, les locaux de Charlie Hebdo avaient déjà été incendiés après la publication de caricatures de Mahomet. Charb est d'ailleurs toujours sous protection policière depuis cette affaire.

    Les responsables politiques de l'opposition et religieux ont réagi à la publication de caricatures de Mahomet par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo mercredi, faisant part de leur inquiétude, et au-delà de la désapprobation pour certains, de leur défense de la liberté d'expression.

    François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, ancien premier ministre, a déclaré sur Canal+ mercredi : "Je suis pour la liberté d'expression totale [...]. Ce qui est en train de se passer avec cette espèce d'intolérance qui monte dans une grande partie du monde et qui est instrumentalisée par des extrémistes [...], c'est une sorte de régression par rapport à l'état de la civilisation. [...] Je défends Charlie Hebdo, je défends la liberté d'expression et je pense qu'on ne doit pas céder un pouce de terrain dans ce domaine-là."

    Selon l'ex-ministre UMP Laurent Wauquiez, député maire du Puy-en-Velay, "il n'y a pas de limite à la liberté d'expression, mais il peut y avoir de la retenue".

    Pour Rama Yade, ancienne ministre, présidente de la commission d'investiture de l'Union des démocrates et indépendantes, si la liberté de la presse est un "droit inébranlable, là je pense que c'est la 'une' de trop. On sent que ça a été fait dans un objectif de provocation, dans un contexte particulièrement dur dans le monde aujourd'hui, avec ces manifestations musulmanes un peu partout dans le monde". "Le moment choisi est tel qu'on ne peut pas s'empêcher de dire que c'est peut-être à des fins de provocation. Charlie Hebdo n'a pas besoin de ça pour être apprécié et pour incarner la liberté de la presse", a-t-elle ajouté.

    Sur BFMTV et RMC, l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux (UMP) a déclaré, à propos de ces dessins qui montrent notamment le prophète de l'islam nu : "C'est une provocation inutile." "Je préfère les excès des caricatures aux excès des censures", a-t-il cependant observé.

    "Acte irresponsable"

    Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a lancé un "appel au calme". Il a déclaré "apprendre avec beaucoup d'étonnement, de tristesse et d'inquiétude une publication qui risque d'exacerber l'indignation générale du monde musulman". "J'appelle à ne pas verser de l'huile sur le feu, a-t-il lancé. Mais je regrette que l'incitation à la haine religieuse ne soit pas réprimée par la loi comme l'est l'incitation à la haine raciale. Nous avions fait appel au tribunal d'instance de Paris, après les caricatures qu'avait publiées Charlie Hebdo en 2006, mais notre plainte n'avait pas été retenue."

    "D'ores et déjà, j'incite au calme, à la paix, mais je suis très inquiet devant les débordements qui risquent de se produire samedi, lors des manifestations dans plusieurs villes de France pour protester contre la diffusion du film L'Innocence des musulmans", a considéré M. Boubakeur.

    De son côté, si Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), s'est dit "profondément attaché à la liberté d'expression", il a exprimé néanmoins "sa profonde inquiétude face à cet acte irresponsable qui, dans un contexte très tendu, risque d'exacerber les tensions et de provoquer des réactions préjudiciables". "Rien ne peut justifier l'insulte et l'incitation à la haine", souligne le président du CFCM, qui "lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation" et les "exhorte à exprimer leur indignation dans la sérénité avec des moyens légaux".

    Après avoir observé que Charlie Hebdo "n'en est pas à sa première provocation", le président de l'Observatoire de l'islamophobie, Abdallah Zekri, a estimé que l'hebdomadaire "aurait mieux fait de ne pas publier ces caricatures insultantes dans une situation déjà tendue". "Mais, a regretté M. Zekri, il a privilégié ses intérêts commerciaux car il mise sur une augmentation de ses ventes."

    Une autre condamnation émane du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier, qui "désapprouve" les caricatures. Dans le contexte de tension actuel, elles relèvent d'"une forme de panache irresponsable", écrit-il dans une tribune transmise mercredi matin à l'AFP.

    Evoquant les personnes tuées dans les manifestations contre le film islamophobe L'Innocence des musulmans, le président du CRIF a déclaré : "C'est en considération de ces morts que nous désapprouvons l'initiative prise par Charlie Hebdo." "Publier ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures sur Mahomet est une forme de panache irresponsable, juge Richard Prasquier. La critique religieuse doit elle-même accepter d'être critiquable : non sur son principe mais sur son opportunité."

     

    L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) apporte mercredi son soutien à Charlie Hebdo, estimant qu'il s'agit d'une "polémique déplacée" et que l'hebdomadaire ne provoque "personne". Pour son président, Jonathan Hayoun, "face à ceux qui veulent inverser les valeurs et faire du blasphème une agression, Charlie Hebdo rappelle qu'en France la liberté d'expression est une valeur inébranlable".
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu