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capitale fédérale d'argentine !

  • Buenos Aires, capitale fédérale d'Argentine !

    Buenos Aires, capitale fédérale d'Argentine !

    Capitale d'Argentine, Buenos Aires est la deuxième plus grande agglomération d'Amérique du sud. Population de l'agglomération 14 500 000 hab. (2012 ). Ville portuaire et industrielle, elle concentre la vie politique et économique du pays. La ville de Buenos Aires est considerée comme la plus européenne d'Amérique du sud. On y retrouve l'architecture de Paris, Madrid, Milan et Barcelone. Un Congolais parisien n'éprouve en débarquant à Buenos Aires aucune sensation de dépaysement ou d'exotisme, tout juste le sentiment de se trouver dans une ville rétro, comme arrêtée dans les années cinquante ou soixante. Dans certains quartiers ont pourrait se croire dans une ville européenne. L'illusion est presque parfaite si l'on demeure dans le centre, elle disparaît, si on se donne la peine de voir, à une demi-heure du centre, les immenses villas miserias, bidonvilles de centaines de milliers de déracinés attirés par l'espoir d'une vie meilleure, où la pauvreté rappelle que l'on est en Amérique latine. Le meilleur endroit pour évaluer l'anatomie de l'immense capitale est le sommet de l'hôtel Sheraton ou celui de l'immeuble Kavanagh.

    Buenos Aires vu du ciel. Photos Réveil FM

    Atterissage réussi à l'aéroport de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    Il fait 35° sur le tarmac de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    La sortie de la douane. Photo Réveil FM

    La Plaza de Mayo est l'âme de la cité, et même de l'Argentine, car elle a vu se dérouler les principaux événements de son histoire. La Casa Rocade, siége de la présidence de la république, occupe la face est de la Plazza de Mayo. Avec un peu de chance, chaque soir à 7 heures, on peut assister à la relève de la garde. La place est bordée d'édifices importants des fastes années 20-30. Au Nord-Est de la place, la cathédrale, à la façade sobre abrite le mausolée du Général San Martin, le grand homme, symbole de l'indépendance. A l'ouest de la place, le vieux Cabildo (ancien Hôtel de ville), belle bâtisse de la fin du 18 éme siècle a conservé dans sa partie la plus ancienne, transformée en musée, le cadre où se déroulèrent les événements historiques qui marquèrent les étapes de l'indépendance.

    L' Avenida de Mayo, rappelle par la largeur de ces trottoirs, les terrasses animées des cafés et l'aspect des bâtiments qui la bordent, les boulevards de Madrid plus que de Paris. Mais elle semble figée dans le temps. Elle qui monopolisa avant la seconde guerre mondiale une bonne part de l'animation nocturne si intense dont Buenos Aires à le secret. Sur la vaste et très belle Plaza du Congreso s'élève le Palais du Congrès National. Le soir, les cinémas, les théâtres et les cafés donnent à la Plaza du Congreso une animation tard prolongée. L'avenue Corrientes est chaque soir la plus animée de Buenos Aires. Les théâtres, les cinémas, les librairies et les cafés entretiennent une vie nocturne unique dans la capitale. L'avenue de Santa Fe est celle des magasins et des galeries marchandes, l'un des hauts lieux de consommation. La Calle Florida, rue piétonne de toutes les tentations pour les amateurs de beaux objets, vêtements des meilleurs couturiers. Mais c'est aussi un lieu animé en permanence, surtout le soir, avec ses groupes de musique folklorique du Nord ou de la Bolivie ou ses joueurs de tango.

    L'Obélisque de Buenos Aires, est situé au centre de la Plaza de la República, à l'intersection des avenues Corrientes et 9 de julio. C'est l'une des icônes de Buenos Aires. La construction du monument commença le 20 mars 1936; il fut inauguré le 23 mai 1936, pour le quatrième centenaire de la première fondation de la ville, ne demandant que 31 jours pour son édification. Il fut dessiné par l'architecte Albert Prebisch (un des principaux architectes du modernisme argentin). Il mesure 67,5 mètres de hauteur (celui de Louxor à Paris mesure 22,87 m) et 49 m² de base. Il est creux et a une seule porte d'entrée. À son sommet sont disposées quatre fenêtres, que l'on ne peut atteindre qu'en escaladant un escalier vertical de 206 marches. Photo Réveil FM

    À noter qu'à l'endroit où se dresse l'obélisque, on dut démolir l'église dédiée à Saint Nicolas de Bari. Or, c'est dans celle-ci que fut hissé officiellement pour la première fois le drapeau argentin dans la ville de Buenos Aires en 1816: cette circonstance est rappelée sur une des inscriptions lisibles sur l'obélisque, côté nord. Pour sa construction, qui coûta 200 000 pesos de l'époque, on utilisa 680 m³ de ciment et 1360 m² de pierre blanche de Córdoba (l'obélisque de Louxor, à Paris, a un poids de 227 tonnes). Suite à certains vandalismes qui eurent lieu en 1938, on enleva le revêtement de pierre et on le remplaça par du ciment poli.La structure du monument, basée sur l'esthétique nationaliste, a engendré bien des polémiques parmi les partisans de la rénovation de la ville et les secteurs plus traditionalistes. Actuellement cependant, il a conquis les cœurs et on le considère comme un symbole de la ville. L'obélisque a fréquemment été utilisé comme point de rassemblement pour diverses manifestations, qui embrassent aussi les rues environnantes (Avenida 9 de julio et Avenida Corrientes), phénomène assez semblable à ce qui se passe Plaza de Mayo. Photo Réveil FM

    Portrait d’Eva Peron sur un immeuble de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    Eva Perón (1919-1952), idole affectueusement surnommée Evita par son peuple, mais aussi controversée dans le pays. Photo Réveil FM

    Pub de la radio cultura sur un immeuble de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    L'antenne parabolique de Direct TV. Photo Réveil FM

    La Recolata est devenu l'un des hauts lieux de l'animation de Buenos Aires et le carrefour de toutes les classes sociales. Mais il y a Recolata et Recolata. L'aristocratie et la bourgeoisie entendent cafés et restaurants chics, se faire voir dans ses plus beaux atours et prendre le soleil tout en gardant un oeil sur leurs charmants bambins. Mais le Recolata c'est aussi, jouxtant l'église baroque de El Pilar et le célèbre cimetière (qui vaut à lui seule une visite) le Centre Culturel Municipal où se succèdent, toute l'année, les expositions les plus diverses et draine un public considérable assez différent de celui qui fréquente les restaurants chics situés de l'autre côté de la place. Le dimanche et les jours fériés s'installe le marché d'artisanat qui regroupe des dizaines d'artisans venus exposer et vendre : bijoux, vêtements, sculptures. Tout près, les clowns, les marionnettistes, parfois des orchestres, concourent à créer l'animation.

    Le Parque Palermo qui s'étend sur environ 500 hectares, est le plus bel espace vert de la capitale argentine. A Buenos Aires, il n'y avait pas d'arbres. Tout fut planté et disposé par les hommes, on y creusa un lac, on y construit un splendide hippodrome, des terrains de polo et de golf et le parc zoologique. Tôt le matin les joogeurs, les cyclistes ou autres cavaliers profitent du calme, ensuite viennent les promeneurs. Le dimanche il devient un lieu de rencontre familiale, de pique-nique et de loisirs.

    Le quartier de San Telmo était le quartier chic du 19 éme siècle, il est devenu maintenant un quartier de classe moyenne. La réputation de San Telmo vient d'abord de la grande concentration de boutiques d'antiquaires. La brocante du dimanche est une ambiance de marché aux puces où l'animation est aussi dans la rue avec ses orchestres improvisés de tango, ses chanteurs et ses clowns. La nuit, l'animation se déplace vers les boîtes à tango du bas quartier.

    La Boca est le quartier qui a peut être le mieux symbolisé le creuset où s'est formé, au début du 20 éme siècle, le prolétariat de Buenos Aires. La Boca est l'un des quartiers les plus visités de Buenos Aires. La Boca, c'est d'abord le Caminito, cette rue, aujourd'hui piétonne, bordée de maisons aux façades de tôle ondulée, peintes de couleurs vives, et de fresques. C'est aussi le quartier où peintres et sculpteurs ont installé leur atelier et où il règne une certaine bohème. Le soir, les quelques rues qui s'animent autour des boîtes à marins, boîtes à tango, restaurants italiens attirent une foule cosmopolite.

    Les habitants de Buenos Aires sont les « Porteños », littéralement « les habitants du port », à ne pas confondre avec les « Buenos-airiens » (bonaerenses), habitants de la province de Buenos Aires dont ne fait pas partie la capitale fédérale. Ils sont pour la plupart d’origine espagnole ou italienne et la religion prépondérante est le catholicisme.

    Buenos Aires est située sur la rive Ouest du fleuve Río de la Plata au niveau de l’embouchure avec l’océan Atlantique au Centre-Est du pays. La ville est bordée par le Río de la Plata au Nord et à l’Est, (l’Uruguay se trouvant sur l’autre rive du Río de la Plata au Nord, et l'océan Atlantique prolongeant le fleuve à l'Est), la Pampa à l’Ouest et la province de Buenos Aires au Sud. La ville est autonome et sa position exacte est 34°40′S 58°24′W. Elle possède le port le plus important du pays et est le centre politico-économique du pays. C’est aussi un centre artistique important de la culture occidentale avec de nombreux musées, théâtres, bibliothèques et galeries d'arts.

    Deux églises de confession catholique que l'on peut entrevoir en se rendant à l'aéroport de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    La plupart des rues de la ville se croisent à angle droit, respectant l'ancien plan hippodamien de l'urbanisme espagnol qu'on retrouve dans de nombreuses les villes du continent américain. De nombreux immeubles modernes remplacent les vieilles maisons à un étage de la période coloniale.

    Buenos Aires quelques années après sa fondation en 1536 . À ce moment, la ville était la capitale d'un gouvernement qui dépendait de la Vice-royauté du Pérou. Pendant des siècles les porteños (habitants de la ville) souffrirent de toutes sortes de besoins car Buenos Aires était la cité la plus australe d'Amérique, loin de toute cité commerciale importante. Il n'existait rien permettant de maintenir le style de vie européen sur place. L'Espagne privilégiait les ports de la côte Pacifique et marginalisait Buenos Aires, qui accueillait seulement deux bateaux par an (voire aucun certaines années). Cela força les colons (seulement 500 en 1610) à vivre d'une contrebande avec principalement le Brésil. Cette contrebande fut financée par la seule et unique source de richesse du pays (et ce jusqu'au XVIIe siècle) : la vente de cuir obtenu par le massacre des troupeaux de bovins qui vivaient encore à l'état sauvage dans les prairies alentour. Depuis sa fondation, l'essor de Buenos Aires ne put dépendre que du commerce. Cependant, l'administration espagnole des XVIIe et XVIIIe siècles insistait pour que tous les échanges commerciaux vers l'Europe transitent par Lima au Pérou, qui était alors la capitale de l'empire colonial espagnol en Amérique du Sud, car cela facilitait le prélèvement des taxes. Trouver les moyens d'éviter ces taxes, fut l'une des principales motivations des premiers habitants de Buenos Aires.

    En 1680 les portugais, séparés depuis peu de l'Espagne, arrivèrent avec une expédition à Colonia del Sacramento (en Uruguay) sur la côte opposée du Rio de la Plata afin de s'établir sur ce territoire. Le gouverneur de Buenos Aires, Jose de Garro, lança un ultimatum pour que les portugais se retirent mais ces derniers refusèrent. Alors, Jose de Garro réunit les colons de la province et organisa une attaque avec l'aide des indiens (peuple Guaraní) et les colons de Buenos Aires (10 000 habitants). Le résultat fut une écrasante victoire espagnole qui permit à Buenos Aires d'acquérir une certaine légitimité.

    L'aéroport de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    Le péage avant l'aéroport de Buenos Aires. Photo Réveil FM

    L'un de deux mini-bus qui transportaient des journalistes. Photo Réveil FM

    L'industrie du cuir va alors progresser nettement, reconnue localement jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Parallèlement et afin de comprendre le développement économique de la ville, on notera que contrairement à d'autres colonies espagnoles, à Buenos Aires, les personnes s'enrichissaient socialement par la fortune et la possession (de terres et de troupeaux principalement), et non par un titre ou un nom rappelant telle ou telle famille aristocratique d'Espagne.

    La ville a été envahie par des troupes anglaises plusieurs fois mais les habitants les ont toujours repoussés.

    Création de la vice-royauté du Río de la Plata et croissance économique (1776)

    Conscient de l'instabilité grandissante dans la ville, Charles III d'Espagne a progressivement levé les restrictions commerciales jusqu'à créer en 1776 la vice-royauté du Río de la Plata dont Buenos Aires fut la capitale, la plaçant donc au même niveau que Lima d'un point de vue administratif. Son territoire s'étendait sur l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay actuels.

    Le commerce y est donc ouvert, libre, flexible et libéral, régi par un règlement de libre circulation des marchandises (Reglamento de Libre Comercio). La ville put donc introduire des marchandises de nombreuses régions et se connecter à d'autres ports sans demander aucune permission aux autorités royales de la couronne. De cette manière, la ville s'émancipa de la dépendance politique et économique de Lima. La ville vécue donc une croissance fulgurante entre 1780 et 1800, recevant à cette époque une très forte immigration d'espagnols, de français et d'italiens.

    Malgré ces mesures qui favorisèrent la croissance économique et l'enrichissement de la ville, de nombreux porteños aspiraient toujours à une indépendance totale vis-à-vis de l'Espagne, portés entre autres par les idéaux de la Révolution française.

    Buenos Aires et les invasions

    De son établissement au XVIe siècle à 1807, la ville a souffert de nombreuses invasions comme en 1582 où un corsaire anglais tenta de débarquer sur l'île Martin Garcia mais fut repoussé. En 1587, l'anglais Thomas Cavendish tenta de s'approprier la ville mais sans succès. En 1658, une troisième tentative est lancée par Louis XIV mais Don Pedro de Baigorri Ruiz, alors gouverneur de Buenos Aires, défendit le port avec succès. La quatrième tentative fut celle d'un aventurier, un certain M. de Pintis, mais il fut aussi repoussé. En 1699, la cinquième invasion fut réalisée par une bande de pirates danois, rapidement dominée. Durant le gouvernement de Bruno Mauricio de Zabala, le français Étienne Moreau débarqua sur la côte orientale du Rio de la Plata où des troupes espagnoles le chassèrent et le tuèrent.

    En 1806 commença une période appelée « les Invasions Britanniques ». Invasions qui eurent pour origine les guerres napoléoniennes. À cette époque, la France rivale de l'Angleterre est l'alliée de l'Espagne. Depuis les débuts de la conquête du nouveau monde, l'Angleterre n'a cessé de s'intéresser aux richesses de la région. Le 27 juin 1806, le général anglais William Carr Beresford réussit à s'approprier la ville sans grande résistance car l'armée espagnole y est peu puissante et mal organisée. Le général anglais fonde un gouvernement, qui sera rapidement déchu le 12 août 1806 par une armée venue de Montevideo commandée par le français Jacques de Liniers, connu en Argentine sous le nom de Santiago de Liniers. En 1807, une seconde expédition anglaise commandée par John Whitelocke réussit à prendre Montevideo et à s'y maintenir pendant quelques mois. Le 5 juillet 1807, Whitelocke tente d'occuper Buenos Aires mais ses habitants et la milice urbaine, désormais bien organisés vainquirent avec l'aide du français Liniers les troupes anglaises.

    Par ailleurs, l'arrivée du courant de pensée libéral au moment même où l'armée napoléonienne s'empara de l'Espagne créa le choc nécessaire à l'apparition de divers mouvements d'indépendance.

    C'est le 25 mai 1810 que Buenos Aires acquit son indépendance, alors que l'Espagne est en pleine guerre (guerre d'Espagne de 1808-1813) : après une semaine de manifestations majoritairement pacifiques, les criollos (Espagnols nés en Amérique du Sud) parvinrent à chasser le vice-roi espagnol et installer un gouvernement provincial. La Révolution de mai est célébrée de nos jours en Argentine, et le 25 mai est jour férié. Au terme des conflits qui ont secoué tout le pays et abouti à son unification, Buenos Aires fut aussi choisie comme siège du gouvernement national. L'indépendance ne fut toutefois déclarée formellement qu'en 1816.

    Fédéralisme (XIXe siècle)

    Durant le XIXe siècle, la ville fut paralysée à deux reprises par des blocus maritimes. Ils furent organisés la première fois par les Français entre 1838 et 1840, et la seconde fois par une alliance franco-britannique entre 1845 et 1848. Cependant ces puissances étrangères ne sont pas parvenues à soumettre la ville ou à imposer leurs conditions.

    Buenos Aires était historiquement le berceau des courants d'idées libéraux en Argentine, tandis que les autres provinces du pays tenaient généralement des politiques sociales ou économiques plus conservatrices, avec une forte influence des valeurs catholiques. Un autre antagonisme vis-à-vis de la province tenait de la vision centraliste défendue à Buenos Aires quant à l'administration du pays, opposée à une vision fédéraliste défendue dans le reste du pays, et notamment incarnée par le gouverneur de la province Carlos Tejedor. En 1880, une série d'affrontements entre ces deux camps s'achève par la défaite de Buenos Aires et la fédéralisation de la ville et du pays, dont elle prend le statut de capitale fédérale.

    En 1882 le congrès national crée le poste d'intendant6 ainsi que le conseil de délibération de la ville. L'intendant n'est pas élu au suffrage universel, mais désigné par le président de la nation, avec le soutien du sénat. Le premier intendant fut Torcuato de Alvear, désigné en 1883 par Julio Argentino Roca.

    Essor industriel (XIXe-XXes)

    À la fin du XIXe siècle, la construction de chemins de fer permet à Buenos Aires d'accroître sa puissance industrielle, les matières premières coulant à flot dans ses usines. La ville devenait une grande métropole multiculturelle rivalisant avec les grandes capitales européennes. Ainsi, le théâtre Colón devint l'un des opéras les plus fréquentés au monde. C'est durant cette période que furent construites les larges avenues de la ville, ainsi qu'au début du XXe siècle les plus hauts gratte-ciel d'Amérique du Sud, et son premier métro en 1913.

    Dans les années 1920, Buenos Aires faisait partie des destinations préférées des émigrants européens ou venant des régions pauvres des pays voisins. Cette immigration entraîna l'apparition de bidonvilles ou de quartiers ouvriers très pauvres (villas miserias) autour des zones industrielles de la ville, ayant pour conséquence de graves problèmes sociaux.

    Junte militaire et mouvements révolutionnaires (XXe siècle)

    Au cours du XXe siècle, la junte militaire s'immisçait fréquemment dans les affaires politiques de la ville et du pays, et organisa plusieurs coups d'État. Buenos Aires fut aussi le berceau du péronisme : c'est en effet sur la Plaza de Mayo que se déroula la démonstration de force de Juan Perón, le 17 octobre 1945. La Plaza de Mayo est devenue le site habituel de manifestations et de nombreux événements politiques.

    Le 16 juin 1955, un soulèvement militaire emmené par Eduardo Lonardi finit, trois mois plus tard, par forcer Perón à l'exil. Durant ce coup d'État et pour l'unique fois de son histoire, la ville aura été la cible d'attaques aériennes.

    Dans les années 1970, la ville fut le théâtre d'affrontements entre des mouvements révolutionnaires (Montoneros, ERP et FAR) et des groupes paramilitaires d'extrême droite (Alianza Anticomunista Argentina (AAA). En 1976, un coup d'État militaire ne fait qu'exacerber ces luttes. Cette guerre sale a entraîné entre 10 000 et 30 000 disparitions dans le pays. Les marches silencieuses des mères de disparus (les mères de la Plaza de Mayo) resteront une image marquante d'une Argentine meurtrie.

    Retour à la démocratie (fin du XXe siècle)

    La défaite de la guerre des Malouines fait perdre du prestige et de l'influence à la dictature militaire. Les généraux sont obligés d'organiser des élections libres. Elles ont lieu le 30 octobre 1983 dans tout le pays pour renouveler le président, le vice-président, les gouverneurs de provinces et représentants locaux, mettant ainsi un terme aux dictatures militaires.

    À deux reprises, le pape Jean-Paul II visita la ville : en 1982 suite à la guerre des Malouines, et en 1987, où il fut accueilli par une foule d'une ampleur jamais vue auparavant dans la ville.

    Le 17 mars 1992, une bombe explosa à l'ambassade d'Israël, faisant 29 morts et 242 blessés. Une autre explosion, le 18 juillet 1994, détruisit un bâtiment abritant plusieurs associations ou organisations juives (dont l'AMIA), faisant 85 morts et de nombreux blessés.

    À la suite de la réforme de la Constitution argentine de 1994, la ville a pu se doter de sa propre constitution et d'un gouvernement autonome. Le 30 juin 1996 se déroulèrent les élections du Chef du gouvernement de la ville, ainsi que des législateurs qui établiront la Constitution de la ville. Le candidat de l'UCR (parti de centre-gauche), Fernando de la Rúa, remporta les premières élections et devint donc le premier Chef du gouvernement de la ville. Et après deux mois de délibération, le 1er octobre 1996, Buenos Aires vota sa propre Constitution.

    Entre 1998 et 2002, Buenos Aires comme toute l'Argentine subit une grave crise économique. La ville fut secouée par d'intenses manifestations (cacerolazos), suivies en particulier par les classes populaires durement touchées par le chômage, puis par les classes moyennes dont le gouvernement avait limité l'accès aux comptes bancaires.

    La crise atteignit son paroxysme en décembre 2001, alors que les pillages se multipliaient principalement en banlieue ; le 19 décembre, après que le président argentin Fernando de la Rúa eut décrété l'état de siège, son ministre de l’Économie Domingo Cavallo donna sa démission. Les 19 et 20 décembre, plusieurs dizaines de manifestants trouvent la mort, dont au moins cinq tués par la police aux abords de la Casa Rosada et du palais du congrès.

     

    Finalement le 20 au soir, Fernando de la Rúa donne à son tour sa démission, effective dès le lendemain, ce qui offre la présidence à l'opposition péroniste. Ceci eut pour effet d'apaiser certaines tensions mais la crise économique persista jusqu'au début 2003, la santé de l'économie restant précaire. Pendant la crise, le quartier financier de Buenos Aires fut littéralement « bunkerisé », et les murs des banques sont encore aujourd'hui couverts de nombreux graffitis.
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