Avertir le modérateur

canton de zoug

  • Le géant minier suisse Glencore lié au travail des enfants en République démocratique du Congo

    Le géant minier suisse Glencore lié au travail des enfants en République démocratique du Congo

    La plus grande entreprise de Suisse a acheté du minerai de cuivre extrait par des enfants dans une de ses concessions en République démocratique du Congo. C'est ce que révèle une enquête exclusive menée par la RTS et la BBC. Un enfant de dix ans dans une mine. L'idée est choquante. C'est pourtant un fait avéré dans la mine de Tilwezembe, située à 30 kilomètres de Kolwezi dans la province du Katanga. Une équipe conjointe de la RTS et de la BBC l'a constaté en février dernier.

    Le siège de Glencore dans le canton de Zoug. Le groupe minier Glencore, qui dirige ses activités mondiales depuis le petit village de Baar dans le centre de la Suisse, est côté en Bourse !

    La concession de Tilwezembe appartient depuis 2008 à Kamoto Copper Company (KCC), une entreprise elle-même détenue par Glencore via sa filiale Katanga Mining Limited (KML). En novembre 2008, la crise financière internationale et la chute du prix des matières premières entraînent une suspension de l'exploitation industrielle du site. Fin 2010, des centaines de mineurs artisanaux envahissent la mine.

    Aujourd'hui, ils sont près de 1600 à y extraire du cuivre et du cobalt avec des moyens rudimentaires. Parmi eux, de nombreux adolescents, et même des enfants. L'absence de mesures de sécurité fait de Tilwezembe l'une des mines les plus dangereuses au monde, avec une trentaine de décès par an liés à des éboulements dans des galeries de fortune descendant jusqu'à 40 mètres sous terre.

    Une filière bien organisée

    Glencore s'estime victime d'une occupation illégale et insiste sur le fait qu'elle n'achète aucun minerai de Tilwezembe. Pour le géant minier, une évacuation du site serait pour l'heure trop dangereuse car elle pourrait engendrer des heurts entre mineurs artisanaux et forces de l’ordre.

    Pourtant, notre enquête révèle que, loin d'être un lieu d'extraction anarchique, la mine de Tilwezembe est très bien organisée. Les creuseurs ont l’obligation de vendre leur minerai à un Libanais nommé Ismaël qui possède l'entreprise Misa Mining.

    Suivant la filière de ce minerais, notre enquête a établi que des camions se rendent à Likasi, une ville située à 150 kilomètres à l'est de Tilwezembe. Ils livrent leur marchandise à l'usine du Groupe Bazano, une importante entreprise minière elle aussi en mains libanaises. Ismaël, l'homme qui achète le cuivre et le cobalt à Tilwezembe, est d'ailleurs un ancien employé du Groupe Bazano.

    Sur la base de plusieurs témoignages et documents, nous pouvons révéler que le Groupe Bazano a revendu du minerai de Tilwezembe à l'entreprise zambienne Mopani Copper Company, une autre filiale de Glencore.

    A cette filière indirecte s'ajouterait un lien direct. Plusieurs chauffeurs de camion indiquent avoir effectué le trajet de Tilwezembe à Mopani sans passer par l'intermédiaire du Groupe Bazano.

    Glencore conteste en bloc

    Confronté à ces accusations, le PDG de Glencore, Ivan Glasenberg, a accordé une interview exclusive à la RTS et à la BBC. "Nous n'achetons ni cuivre, ni cobalt des mineurs artisanaux de Tilwezembe. Je suis certain que, sur la base de nos instructions, aucun de nos sites de production ne prend ce type de minerai", explique-t-il. Il assure par ailleurs que son entreprise n'achète pas de cuivre auprès du Groupe Bazano.

    Selon lui, l'usine de Mopani en Zambie n'utilise que du minerai extrait de manière industrielle par les filiales congolaises de Glencore. "Les sacs contenant le minerai sont scellés avant de quitter nos mines industrielles et chaque sac est répertorié dans notre système informatique", ajoute Ivan Glasenberg. Le Groupe Bazano, quant à lui, réfute tout lien avec l’exploitation artisanale de Tilwezembe et nie que son usine de Likasi fournisse quelque minerai que ce soit à l'usine de Mopani.

    Son entrée en bourse l'an dernier a obligé Glencore à faire preuve de plus transparence, notamment vis-à-vis de ses actionnaires. Première entreprise de Suisse en termes de chiffres d’affaires (170 milliards de francs suisses en 2011), la société zougoise a donc publié son premier rapport de durabilité en septembre dernier.

    Dans ce document de plus de cent pages, la problématique des mineurs artisanaux en RDC n’occupe qu'un seul paragraphe dans lequel la société ne se reconnaît aucune responsabilité.

    Pollution à l'acide

    Les problèmes posés par ses activités en République démocratique du Congo ne se limitent pas à l'extraction artisanale. Le rejet d'acide sulfurique dans la rivière Luilu, à proximité de Kolwezi, en est un exemple. KCC, l'une des filiales de Glencore, y a repris il y a trois ans l’exploitation d'une usine hydrométallurgique dont les effluents ont contaminé le cours d’eau.

    Lors de son entretien avec la RTS et la BBC enregistré le 4 avril dernier, Ivan Glasenberg a indiqué que cette pratique remontait à l'époque coloniale et qu'elle était sur le point de cesser. "Nous aurions aimé résoudre le problème dès le rachat de l'usine. Mais pour ce faire, nous aurions dû interrompre temporairement la production et mettre nos employés au chômage technique, ce que les autorités ne voulaient pas.

    Voilà pourquoi cela nous a pris trois ans avant de pouvoir traiter ces effluents correctement. Aurais-je aimé résoudre le problème plus vite? Bien sûr. Et aujourd'hui, je suis fier de dire que, si cela est sur le point de cesser après cinquante ans, c'est grâce à Glencore." Dans un complément de réponse reçu par écrit le 11 avril, la société indique que les rejets d’acide ont définitivement

    Le géant suisse des matières premières Glencore a révélé des détails supplémentaires, très attendus des investisseurs et analystes, de son introduction en Bourse, l'une des plus importantes des dernières années.

    "Nous sommes ravis du grand intérêt des investisseurs (...) et nous espérons accueillir de nouveaux actionnaires comme partenaires à long terme", a indiqué le directeur général de Glencore, Ivan Glasenberg.

    Le groupe minier, qui dirige ses activités mondiales depuis le petit village de Baar dans le centre de la Suisse, a d'ores et déjà placé une grande partie de son offre auprès "d'investisseurs clés" non identifiés et qui ont souscrit à environ 31% de l'offre, soit 3,1 milliards de dollars.

    Le groupe serait composé des fonds souverains de Singapour et d'Abou Dhabi, ainsi que des gestionnaires d'actifs et des banques privées, selon les médias. Glencore, dont les origines remontent aux années 1970, n'a pas vraiment créé de surprise mercredi, un grand nombre de détails ayant déjà filtré dans la presse ces derniers mois. Il va proposer ses actions entre 480 et 580 pence par titre pour son introduction en Bourse à Londres et à Hong Kong, afin de lever environ 10 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros). Ce chiffre pourrait être révisé à la hausse, car la société a prévu une rallonge pour ses investisseurs. Dans le cas d'une demande supérieure aux attentes, Glencore émettrait jusqu'à 10% d'actions supplémentaires, permettant au groupe de lever au total quelque 12 milliards de dollars.

    L'introduction de quelque 6,4 milliards d'actions sur les places financières de Londres et d'Hong Kong par Glencore valorise ce dernier à environ 61 milliards de dollars, a-t-il précisé.

    Ces chiffres "sont globalement conformes à nos attentes", a indiqué Miriam Hehir, analyste à RBC Capital Markets.

    Les dates communiquées par Glencore sont également en ligne avec les éléments ayant jusqu'à présent été divulgués dans la presse.

    Le prix final doit ainsi être annoncé le, ou "aux alentours" du 19 mai, date à laquelle les titres Glencore commenceront à être négociés de manière restreinte à la Bourse de Londres. Les actions seront échangées sans restriction le 24 mai à Londres et le lendemain à Hong Kong ou aux alentours de ces dates.

    L'entrée en Bourse permettra au groupe d'assouvir ses appétits de développement. Glencore va ainsi pouvoir relever de 50,7% à 93% sa participation dans le producteur kazakhe de zinc Kazzinc, financer d'autres investissements et réduire sa dette.

    Cette opération permettra également au groupe d'améliorer sa flexibilité financière en lui donnant accès à d'autres sources de financement sur les marchés et lui permettant d'utiliser ses actions pour de futures acquisitions, selon l'agence de notation Moody's. Partie de presque rien, la société fait aujourd'hui figure de géant des matières premières, avec un bénéfice net de 3,8 milliards de dollars en 2010.

    Elle ne se contente pas seulement d'être un acteur majeur du négoce, mais détient également une grande partie de ses actifs miniers (zinc, cuivre, plomb, aluminium etc.), énergétiques (pétrole et charbon) et agricoles (coton, tournesol, blé, sucre...). Elle s'approvisionne aussi auprès de 7.000 sous-traitants.

    Glencore détient par ailleurs en propre des installations portuaires, des entrepôts et une flotte de navires pour fournir ses clients à travers le monde.

     

    Cette omniprésence a permis au groupe de "bénéficier de l'amélioration des conditions de marché" au premier trimestre.

    La tendance devrait se poursuivre au deuxième trimestre, où la demande en matières premières devrait rester soutenue malgré le séisme et le tsunami au Japon ainsi que les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu