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  • Calvisson et ses moulins dans le Gard !

    Calvisson et ses moulins dans le Gard !

    Situé au cœur de la Vaunage, Calvisson, petit village, vous accueille du haut de ses trois moulins qui ont vu passer bien d'autres visiteurs. Dominant cette plaine de la Vaunage, terre de vignobles, ces moulins bien qu'amputés de leurs ailes qui tournaient majestueusement au gré du Mistral, semblent encore protéger ce village et tous ses habitants. Calvisson est une commune du Gard située à 17 km au sud-ouest de Nîmes, 10 km à l'ouest de Sommières et à 38 km au nord-est de Montpellier. Sa situation géographique privilégiée favorise depuis 30 ans une véritable explosion démographique. Les communes de Souvignargues, Aujargues, Congénies, Aigues-Vives, Vergèze, Boissières, Nages-et-solorgues, Saint-Dionisy et Saint-Côme-et-Maruéjols, sont limitrophes de la commune de Calvisson. Ses habitants s'appellent les Calvissonnais et Calvissonnaises. Calvisson est traversé par un affluent du Rhôny, l'Escattes.

    Vue générale de Calvisson à partir du roc de Gachone. Photo Réveil FM

    Le roc de Gachone, un lieu où on l'on voit loin !

    Le plan que l'on trouve lorsqu'on est au dessus du moulin municipal. Photo Réveil FM

    Le premier moulin en vue. Photo Réveil FM

    Tournez, moulins ! Photo Réveil FM

    Le «signal» de Cassini. Photo Réveil FM

    Gachone et ses moulins. Photo Réveil FM

    Colline surplombant à l'ouest le village et la butte de l'ancien château de Nogaret (alt. 167 mètres) portant, à l'origine quatre moulins des XVIIe et XVIIIe siècles, dont l'un, le plus à l'est, fut détruit lors d'une tempête en 1839. Le moulin du sommet, aujourd'hui de forme pointue, servit à la fin du XVIIIe siècle à Cassini lors de l'élaboration de sa fameuse carte du Languedoc (d'où la dénomination de « signal de Cassini » donnée aussi à cette colline). Avec l'intensification, tout au long du XIXe siècle, de la viticulture, puis l'arrivée du chemin de fer en Vaunage ; la culture céréalière marque sévèrement le pas et les moulins sont alors abandonnés. Celui de Cassini, justement, abrite le tombeau de deux amis aveugles depuis les années 1880. À cet effet il fut surmonté d'une haute coupole en forme d'obus qui donne à ce moulin sa silhouette si particulière.

    Le moulin municipal

    À la fin du XIXe et au début du XXe siècle le site bénéficie de premiers aménagements « touristiques », sous l'impulsion du docteur Gédéon Farel. Le belvédère de "Miremer" est ainsi édifié en 1903, des semis de pins d'Alep et de cyprès opérés et l'on installe en 1911, grâce au concours du Touring-Club de France, face au golfe d'Aigues-Mortes, une table d'orientation en lave émaillée provenant de Riom sur les dessins de docteur Farel. Cette table ne sera déplacée sur la terrasse du moulin municipal qu'après restauration et même reconstruction d'une partie de ce dernier, quelques années plus tard. Une cérémonie fut alors organisée le 11 novembre 1928 et une plaque de bronze, posée sur le mur du moulin pour commémorer le souvenir du docteur Farel. Depuis le sommet, par temps clair, très vaste et saisissant panorama. Au nord-est vue sur le mont Ventoux et la chaîne des Alpes, plus à l'est la montagne du Luberon et la basse vallée du Rhône, la Sainte-Victoire précédée des Alpilles et du plateau des Costières au sud-est. Au sud et au sud-ouest la vue s'étend sur le golfe d'Aigues-Mortes et plus largement sur tout le golfe du Lion. Possibilité d'apercevoir le cap de Creus et la chaîne des Albères par temps particulièrement dégagé, notamment les soirs de février et de mars, tout comme le mont Canigou à l'ouest, sentinelle avancée des Pyrénées.

    Le pic Saint-Loup vu de Calvisson

    Plus près, superbe vue sur le pic Saint-Loup et la montagne de l'Hortus semblant ici lui répondre...tout comme sur l'ensemble des Cévennes depuis le massif de l'Aigoual au nord-ouest au mont Lozère, plus au nord. C'est également au nord, en direction de la moyenne vallée du Rhône que l'on peut apercevoir la silhouette du mont Bouquet semblable à celle d'une dernière vague avant la plaine... Un panorama à 360° tout à fait exceptionnel compte tenu de la hauteur très modeste de la colline.

    Calvisson et son histoire

    Le site est occupé depuis le Chalcolithique; présence des sépultures de Canta-Perdrix classées aux Monuments historiques depuis 1913. D'après le Pasteur Exbrayat, une famille romaine Calvicius serait à l'origine de la fondation de Calvicionis.

    En 790, Calvisson est signalée comme capitale de la Vaunage dans un vieux parchemin de l'Abbaye Notre-Dame de Nîmes. C'est sous la domination des comtes de Toulouse qu'une appellation spécifique pour Calvisson apparaît pour la première fois (In terminium de Calvitione 1060).

    1078, Calvisson a un puissant château qui appartient aux vicomtes de Nîmes, les Bernard Aton. Dressé sur la colline, il est surmonté de deux tours de 18 et 22 mètres. La grande salle a 26 mètres de long et de nombreuses dépendances. L’ensemble couvre 2000 m². Il apparaît comme ayant une grande importance dès cette époque. C’est un château-fort commandant toute la région… Le vicomte de Nîmes cède le château à un seigneur cévenol, Bernard d'Agulhon, jusque vers 1125, puis le lui reprend. En 1179 le château revient à Ermessinde, fille de Bernard Aton V. En 1203, il est habité par Hugues de Laudun, chanoine de de l'Evéché de Nîmes et prieur de Calvisson.

    1229: C’est la fin de la domination des comtes de Toulouse. La Vaunage entre dans la couronne. On peut y voir les châteaux de Calvisson, Clarensac, Caveirac (?), Langlade et Boissières.

    1264: La maison de Posquières-Uzès cède tous ses droits sur la châtellenie de Calvisson, moyennant 20 livres tournois par an.

    1303: Philippe le Bel, roi de France a des démêlés avec le Pape Boniface VIII , ce dernier ayant lancé une excommunication à son encontre. Le roi décide que le pape doit être mis en jugement devant un concile général qui se tiendra à Lyon. Il envoie Guillaume de Nogaret avec 800 hommes pour l’arrêter en Italie. Il s’empare sans difficulté, en septembre 1303, de la petite ville d’Agnani, où le pape s’est réfugié . Une tradition affirme que Guillaume de Nogaret a frappé le Pape de son gantelet de fer. Le pape, âgé de 86 ans, meurt d’émotion un mois plus tard.

    1304: Un acte royal de Philippe le Bel donne, entre autre, la seigneurie de Calvisson et le Pays de Vaunage à Guillaume de Nogaret en signe de reconnaissance. Il lui donne la basse et haute justice sur Calvisson (cette dernière permettant de condamner à mort). Un gibet va se dresser au pied du château au lieu dit " Ro di mort ", (chemin de la potence ?). Guillaume de Nogaret est donc le premier seigneur de Calvisson dont la propriété ne sera plus contestée. A sa mort, en 1313, la terre de Calvisson passe à son neveu Raimond de Nogaret. En ce début du XIVème siècle, Calvisson et ses hameaux comptent 397 feux. C’est un village important puisqu’ y siège une viguerie . Il avait acquis, très tôt, une certaine autonomie communale puisqu’en 1318, nous apprenons l’existence de Consuls administrateurs de la cité. En février 1310, Guillaume de Nogaret échange sa maison de Montpellier contre "la grange" de Livières. A la mort de Guillaume la baronnie de Calvisson passe à son neveu Raymond.

    1354: Raymond II de Nogaret se marie avec Blonde de Grignan. le contrat est signé à Livières le 09 juillet.

    1318: Le Seigneur d'Uzès, qui possède encore la basse justice sur Congénies, marque son hostilité envers Raymond de Nogaret, qui possède la moyenne et haute justice, en faisant enlever, par la force des armes, deux des consuls de Calvisson : Jean Coiran et Guillaume Montredon, à la cabane de Bédilhan. Plainte est portée par les habitants de Calvisson, auprès de la Cour Royale de Nîmes.

    1373: Le recensement de la Sénéchaussée, après une terrible épidémie de peste, fait état lamentable de notre région. Calvisson est tombé à 86 feux ! Il faudra un siècle pour combler cette hécatombe. C’est à cette époque que Raimond de Nogaret institue une donation de Calvisson à Raimond d’Apchier qui meurt en 1413. Sa fille, blanche, se marie avec Raimond de Murat. Ils auront une fille unique Marguerite.

    1440: Louis Louet, Lieutenant-Sénéchal de Beaucaire, épouse Marguerite Murat.

    1449: Il devient Baron de Calvisson (lettre du roi Charles VIII). Leur descendance donnera les barons puis les marquis de Calvisson qui joueront un certain rôle dans la noblesse du Languedoc et les Etats Généraux de la Province.

    1486: L’église Saint-Saturnin est réparée. Calvisson possède ses murs et son château. Trois portes donnent accès dans la ville : l’une située près du pont, c’est la plus importante et la plus monumentale ; la deuxième se situe à Flourans (Florent) et laisse le quartier de Palanquine (Palauquine) en dehors des murs ; enfin la troisième est située à l’Herboux à l’entrée de la rue Pradonne. Dans cette enceinte réduite s’entassent 1500 à 2000 habitants sans aucune notion d’hygiène !

    1517: C’est le début de la Réforme. Des luttes sanglantes et fratricides vont assombrir, pendant près de trois siècles, l’histoire de la Vaunage et de Calvisson.

    1535: Nouvelle épidémie de peste.

    1561: Calvisson est devenu , au fil des ans, un foyer du protestantisme. Les quatre cinquièmes de la population ont embrassé la nouvelle doctrine. Nous sommes en pleines guerres de religion. Notre cité est en effervescence, le sang est répandu dans toute la région.

    1569: Après être tombé tour à tour dans les mains des protestants puis des catholiques, le château fort est repris par les protestants.

    1573: Le maréchal de Damville, ayant fait sommation aux habitants de rendre leur ville à l’obéissance du Roi, et à la tête de 3000 arquebusiers et canons attaque d’abord le château. Le 22 janvier, la population se rend. Le maréchal livre alors le village au pillage de ses soldats. En moins de trois jours, Calvisson, qui était le village le plus riche de tout le bas Languedoc est converti en un lieu d’indigence, de misère et de désolation. Après un siège de deux mois, toute la ville est prise le 09 avril.

    1582: Les eaux de la source de Fontanille (route de St Etienne d'Escattes) sont amenées, par un canal, jusqu'à la Planette et au Griffon du Milieu.

    1586: La peste fait une nouvelle apparition. Les rues infestées sont barrées, les portes de la ville sont fermées à tous les gens du « dehors ».

    1588: Le premier plan cadastral de Calvisson est dressé par Jean Sartigues.

    1598: Par l’Edit de Nantes, Henri IV assure la paix religieuse dans son royaume. C’est à cette époque qu’est décidée la construction d’un lieu de culte protestant près d’un moulin à huile (rue Baratier). C'est sans doute la maison du pont (voir plaque en page "flânant dans le village").

    1610: L’assassinat de Henri IV met fin à une courte période de réconciliation et de joie.

    1621: La situation devient confuse le curé Concorde de Calvisson est chassé du village à coups de pierres…

    1623: L’église Saint-Saturnin est en ruines. Quel dommage ! C’était un édifice imposant, avec six chapelles et un beau clocher.

    1629: Le 12 mai, le Duc de Rohan, généralissime des troupes protestantes s’empare du château et fait barricader la ville, mais le maréchal d’Estrées, qui commande les troupes royales, le fait poursuivre et l’oblige à se réfugier à Nîmes. Rohan envoie le Marquis d’Aubais avec 200 hommes secourir Calvisson. Le combat est meurtrier, il dure avec acharnement de deux heures de l’après-midi jusqu’à la nuit. Les protestants capitulent. Ils obtiennent la liberté de se retirer dans les Cévennes. En Juillet Louis XIII et Richelieu signent l’Edit de Grâce. Le baron de Calvisson est chargé par le roi de proclamer la paix à Nîmes et en Vaunage.

    1630: A nouveau la peste infeste la région. Les convalescents sortant de l’hôpital sont relégués, pour 40 jours, quartier Palanquine qui, par son exposition au nord en dehors des murs, joue le rôle de sanatorium. Calvisson est épuisé par toutes ces luttes, par le perpétuel séjour des hommes en guerre et par le épidémies…

    1641: Recrudescence de la peste. Les gens vont vivre dans des huttes, dressées dans les champs, pour permettre la désinfection du village.

    1644: Le Baron Jean-Louis Louet, quatrième du nom, est à l’apogée de sa puissance, la terre de Calvisson est érigée en marquisat par Louis XIV .

    1648: Les fidèles se plaignant de l’exiguïté du temple et du bruit fait dans le moulin à huile, les consuls font l’acquisition d’une maison qui se situait sur l’emplacement du temple actuel et font construire un temple ouvert aux fidèles en 1656.

    1659: Le marquis manque d’argent mais non de prétentions ! Ce n’est peut-être pas une légende qu’il ait déclaré, à Versailles, que de son château de Calvisson, il apercevait « Cinsens, ville ou village », le roi soleil comprenant « cinq cents villes ou villages », et effrayé par tant de puissance aurait interdit la reconstruction du château…Le vieux castel était en ruines et le marquis n’avait pas les moyens de le rénover ! Les pierres servaient depuis longtemps de carrière où les gens venaient puiser. Le Marquis meurt en 1667.

    1685: Le 18 octobre, révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV. Cette révocation rouvre l’ère des persécutions, des incendies, des pillages et des meurtres en Vaunage…Plusieurs familles huguenotes partent. Le nouveau temple est rasé ! Au fur et à mesure que la répression se fait plus rigoureuse, la résistance devient plus violente. Nous en sommes aux dragonnades, emprisonnements, galères, massacres d’assemblées surprises pendant l’exercice du culte…C’est la guerre des Camisards.

    1691: Une lettre du premier consul fait état du départ de 104 personnes vers l’étranger, représentant 64 familles. En ce tout début du XVIIIème siècle c’est partout le deuil, la misère et des ruines. Les huguenots sont déportés, aux galères, en prison. C’est la famine et la désolation…

    1696: La cloche du Grand Temple de Nîmes est vendu à la municipalité de Calvisson .

    1703: Des troupes de camisards descendent des Cévennes avec à leur tête Jean Cavalier. Le 12 septembre, première bataille de Nages. Le colonel de Firmacon, commandant la garnison royale de Calvisson forte de 350 hommes attaque Cavalier à Nages. Il dispose de 150 fantassins et 30 dragons. Cavalier avec 800 hommes et 200 chevaux, supérieur en nombre, les repousse en une demi-heure. Le 13 novembre, deuxième bataille de Nages. Les camisards investissent Nages et s’attaquent à l’infanterie royale qui est soutenue par les dragons de la garnison de Calvisson à qui ils infligent une défaite.

    1704: Le 17 avril, troisième bataille de Nages. Cavalier campe au moulin de Langlade. Il vient attaquer les troupes du Maréchal de Montrevel et les met en déroute. Montrevel reçoit du renfort dans la plaine. Un engagement meurtrier eut lieu entre Boissière et Bizac, au lieu dit " Champ de Bataille ". Cavalier battu doit se retirer. Cette bataille a été un véritable désastre, Cavalier a perdu un tiers de ses effectifs (400 hommes) et réussi finalement à passer le Rhony (voir la passerelle en page "Balades en Vaunage"). Cavalier accepte la suspension des armes. Le Maréchal de Villars arrivé à Nîmes propose la paix. Pendant les tractations Cavalier et ses hommes habitent Calvisson (du 19 au 27 mai). La décision du Roi arrive, elle est négative : pas de liberté de culte. Cavalier annonce sa soumission. Cela a pour résultat d’amoindrir les forces des Camisards, mais la pacification ne se fait pas. Les luttes deviennent moins vives, mais restent longtemps encore sanglantes.

    1714: Un nommé Valz de Calvisson, construit un moulin à blé, sur l'emplacement du château de Guillaume de Nogaret.

    1743: Agrandissement de la Maison Consulaire (actuelle Mairie).

    1774: Mort de Louis XV (date mentionnée sur un des moulins du Roc de Gachone...!!!).

    1787: Le 17 novembre, Louis XVI signe l’Edit de Tolérance accordant aux protestants de nombreux droits qui leur étaient refusés jusque-là et tolérant leur culte. Cette date mémorable met fin à 3 siècles de luttes fratricides souvent sanglantes, dans notre village et notre région. Cette même année, le Roc de Gachone est utilisé par Cassini de Thury pour effectuer des mesures géodésiques. Le moulin pointu, encore debout aujourd’hui, est appelé " Signal de Cassini ".

    1789: Nous voici parvenus à la grande tourmente révolutionnaire qui emporte clergé, monarchie absolue et noblesse. Le dernier marquis de Calvisson fut Joseph de Louet de Murat de Nogaret. L’enthousiasme est grand à la nouvelle de la convocation des états généraux. Et lorsque la nouvelle de la prise de la Bataille parvient à Calvisson, c’est une grande fête ; on allume des feux de joie dans tous les quartiers du village. Notre village, qui compte 2431 habitants (641 feux), est prospère avec ses clairettes et muscats réputés. On récolte blé, avoine, fourrage. L’olivier donne une huile supérieure. Le mûrier permet l’élevage rémunérateur du ver à soie. Il y a des fabriques de cristal (vert de gris), des distilleries d’eau-de-vie avec de hautes cheminées. Chaque maison possède son métier à bas.

    1790: Le 17 février, Calvisson devient chef-lieu de canton. Ce canton comprend les paroisses de Calvisson, Cinsens, Saint-Etienne-d’Escattes, Maruéjols, Saint-Cômes, Clarensac, Langlade, Saint-Dionisy, Nages, Boissières et Congénies. Ce canton fut supprimé en 1802 et fit place au canton de Saint-Mamert. Depuis cette date le conseil municipal réclama en vain, à maintes reprises, son rétablissement.

    1792: La fièvre révolutionnaire s’empare des populations de notre région. Les château d’Aubais, Junas, Clarensac…sont incendiés par des troupes de paysans, brûlant les parchemins féodaux, détruisant des armoiries seigneuriales, se livrant à toutes les dépradations…Les châteaux d’Aujargues et Boissières échappent, par miracle, à la destruction !

    1810: Un décret de Napoléon 1er met à la disposition des protestants l’église vacante à condition « de faire construire à leurs frais un édifice convenable, pour servir au culte du petit nombre de catholiques ».

    1816: L’église Saint-Saturnin est restaurée.

    1821: Le nouveau temple est inauguré. Il a été construit à l’emplacement de l’ancien.

    1848: On édifie le nouvel Hôtel de Ville à l'emplacement de la Maison Consulaire. La cloche est déplacée depuis l'immeuble du Grand Four.

    1859: Le cimetière, qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle place Méjean est transféré à La Clausade (son emplacement actuel).Un mur sépare la grande parcelle protestante et la petite parcelle réservée aux catholiques. Au début du XXème siècle ce mur sera démoli. En fin de XIX ème siècle, le phylloxera ravage le vignoble. Bon nombre d’agriculteurs quittent notre région. Certains reviendront quelques années plus tard lorsqu’on trouvera le remède : greffage sur plants américains. Ce remède a été trouvé par Gustave Foëx (1844-1906), qui se consacra à l'enseignement de l'agriculture, devint Directeur de l'École nationale d'agriculture de Montpellier en 1884, puis, en 1901, inspecteur général de la viticulture et de la sériciculture à Montélimar. Il s'est attaché à la reconstitution du vignoble français dans le midi, après sa destruction par le phylloxéra. Un monument commémoratif, de Gustave Foëx se trouve à Montpellier. (son arrière petite fille France vit aujourd'hui à Calvisson).

    1907: La mévente des vins amène la révolte des viticulteurs : meetings, bagarres, barrages. A l’automne de cette année, une des plus pluvieuses de l’histoire de notre région, Calvisson connaît de terribles inondations.

    1911: Au Roc de Gachone, grâce au docteur Farel, on inaugure l’abri " Mire-Mer " et une superbe table d’orientation posée sur un socle en pierres et ciment. De très nombreux visiteurs viennent admirer le point de vue et respirer le bon air ! Un livre d’or recueille les signatures.

    1913: Calvisson compte 2004 habitants (1807 dans l’agglomération, 127 à Cinsens, 40 à Bizac et 33 dans les divers mas). Le village est prospère : truffes 1200 kg, lavande 800 quintaux distillés à Bizac, vin 80.000 hectos, troupeaux à laine 1400 têtes. Il y a une douzaine de maisons d’expédition de vin en tonneaux, plusieurs fabricants de futailles, deux distilleries ambulantes d’alcool, une fabrique de caramels. Calvisson produit des raisins de tables (chasselas, clairette, œillade), du blé (350 hl), de l’avoine (550 hl), du fourrage 150 tonnes (consommées sur place par un bétail aratoire composé de 300 chevaux, mulets…). On récolte annuellement 300 tonnes d’olives (les presses des trois moulins sortant tous les ans 150 hl d’huile). En outre une quinzaine d’éleveurs de vers à soie vendent 500 kg de cocons.

    1914: Une nouvelle fois c’est la guerre avec son cortège de misère et de deuils. Elle dure 4 longues années ! 92 noms sont inscrits sur le monument aux morts . Quelle hécatombe !

    1928: Le 11 novembre, le moulin Est du Roc de Gachone, est réparé. Il reçoit la table d’orientation et une plaque à la mémoire du Docteur Farel décédé trois ans plus tôt.

    1939: Nouvelle guerre avec l’Allemagne. Les noms de 9 jeunes calvissonnais s’inscriront sur le monument aux morts, 45 sont prisonniers. Le rationnement alimentaire est terrible (250 g de pain par jour, 75 g de viande par semaine, 15 kg de pommes de terre par an ! Les gens maigrissent, 43 chevaux (sur 160) meurent de faim, d’autres, incapables de tenir sur leurs pattes sont « suspendus ». De nombreux propriétaires arrachent des vignes pour y mettre du fourrage ou des céréales. Une section d’assaut hitlérienne SS cantonne à Calvisson. La Kommandatur occupe la maison Rabinel (à côté du café des sports).

    1944: Le 2 mars à Nîmes, les nazis pendent 15 personnes dont un jeune calvissonnais réfractaire. Le 27 juin, Nîmes est bombardée par les Alliés (400 morts dont une calvissonnaise). Le 20 août, la gare de Calvisson, où stationnent 50 wagons vides est bombardée par des avions. Deux bombes tombent, personne n’est blessé…le lendemain ça recommence. La brigade de gendarmerie de Calvisson est envoyée en renfort à Nîmes avec son chef Chiffe. On lui donne ordre de fusiller un jeune maquisard. Les gendarmes refusent. Ils sont mis en prison et envoyés à Marseille pour être jugés. Heureusement libérés, ils rejoignent Calvisson fêtés par la population. C’est enfin la libération qui, à Calvisson, se passe calmement.

     

    1960: Lors des événements d’Algérie, auxquels participent nombre de jeunes soldats Calvissonnais, l’un d’entre eux trouve la mort.

    1995: Un nom de plus vient s’ajouter à la liste déjà très longue du monument aux morts. Un jeune soldat est mort en Bosnie.

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