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buenos aires: "c'était ici que l'on torturait lors de la dictaur

  • Buenos Aires: "C'était ici que l'on torturait lors de la dictaure militaire" Monsieur Ayrault !

    Buenos Aires: "C'était ici que l'on torturait lors de la dictaure militaire" Monsieur Ayrault !

    Jean-Marc Ayrault a visité un centre de torture emblématique de la dictature, à Buenos Aires, le vendredi 25 janvier 2013. En Argentine, Jean-Marc Ayrault s'est fait décrire le vendredi dernier une page sombre de l'histoire argentine, en visitant, une première pour un Premier ministre français, un centre de torture emblématique de la dictature.«C'était ici que l'on torturait» ! Dans cette vaste salle en sous-sol de l'Ecole de mécanique de la Marine (Esma), centre de torture pendant la dictature militaire (1976-1983) devenu Musée de la Mémoire, le Premier ministre et son épouse Brigitte, sur le sol argentin pour quelques heures, écoutent les détails fournis par le guide des lieux.

    Buenos Aires, Argentine, le vendredi 25 janvier, Jean-Marc Ayrault a visité le centre de torture de la dictature militaire. Photo Réveil FM

    Modifié par la dictature en 1969 pour cacher la vérité, cet immense espace blanc glace le visiteur: il était à la fois salle de torture, salle de travaux forcés et aussi centre de maternité clandestine, les bébés des opposants étant récupérés pour l'adoption clandestine des couples stériles de militaires ou proches du régime.

    Près de 5.000 personnes y ont été torturées. Certaines étaient droguées puis jetées nues depuis des avions dans le Rio de la Plata, des vols surnommés les «vols de la mort».

    Se disant «ému par la visite de ces lieux», M. Ayrault a rendu «hommage à tous ceux qui sont morts ou ont été torturés ici avec une violence particulièrement inouïe qui rappelle (...) l'horreur des camps de concentration», a-t-il souligné.

    Il a également salué le fait que l'Argentine ait «fait la lumière sur son passé», en refusant «d'occulter cette histoire».

    La répression en Argentine pendant la dictature a fait 30.000 morts ou disparus, parmi lesquels 18 Français. Plusieurs procès se sont déjà tenus, permettant à certains responsables d'être condamnés. Le pays a aussi entamé fin 2012 le procès des «vols de la mort».

    «On n'oublie pas trente ans après», a aussi déclaré Jean-Marc Ayrault, le chef du gouvernement à son arrivée à l'ambassade de France, en déposant une rose blanche devant la photo des 18 disparus français. Il a cité le cas des deux religieuses françaises, Alice Domon et Léonie Duquet, disparues en décembre 1977, torturées à l'Esma.

    Le Premier ministre s'est aussi entretenu avec des familles de disparus, dont des représentantes des «mères de la place de Mai» (femmes qui défilaient sur cette place de Buenos Aires jouxtant la Casa Rosada, pour réclamer la vérité sur les disparus, ndlr).«C'est la première fois qu'un chef de gouvernement français vient visiter l'Esma, un symbole, cela renforce notre activité, celle des familles et des associations de droits de l'Homme pour maintenir la mémoire et réclamer la justice», a témoigné Eric Domergue, dont le frère Yves, enlevé à l'âge de 22 ans, est une victime française de la dictature.

    «Cette visite est très importante pour nous car c'est fondamental que l'Argentine puisse montrer qu'elle a fait du chemin», a témoigné Daniel Tarnopolsky, membre du directoire de l'Esma, qui a perdu frère, soeur et parents.

     

    Aucun président de la République ou Premier ministre français ne s'était auparavant rendu dans ce centre.
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