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  • Brigitte Ayrault, francophile et militante de la francophonie

    Brigitte Ayrault, francophile et militante de la francophonie

    Présente mais très discrète, Madame Brigitte Ayrault a assisté au premier forum mondial des femmes francophones, le 20 mars 2013 au musée du Quai Branly à Paris. Difficile dès le premier abord de savoir qu'elle est l'épouse de Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre de la République française. Trois femmes la sépare de Yamina Benguigui, la ministre de la francophonie au premier rang. Pas non plus une sécurité envahissante et ultra-visible. Madame Brigitte Ayrault écoute les femmes francophones qui se relaient à la tribune. Elles sont militantes, spécialités de terrain, percutantes dans leurs propos sur les droits des femmes dans l'aire francophone. Elle prend tranquillement ses notes. Personne ne peut s'imaginer que la veille, cette femme qui affiche la simplicité, était à Rome reçue en compagnie de son mari par le pape François après la messe de son intronisation de ce dernier. Et qu'il y a quelques jours elle était au Canada, toujours accompagnant son mari qui est le Premier ministre de la République.

    Paris, mercredi 20 mars 2013, Madame Brigitte Ayrault, l'épouse du Premier ministre Jean-Marc Ayraut a assisté au forum Mondial des femmes francophones au Musée du Quai Branly. Photo Réveil FM

    Je me souviens encore comme si c'était hier, après l'inauguration du tram de Casablanca par le Roi Mohamed VI et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la conférence avec les hommes d'affaires franco-marocaines, nous prenons la route direction Rabat. L'équipe de presse de Matignon a reçu à arracher un off pour les journalistes avec le Premier ministre. Il est 23h passé lorsque Jean-Marc Ayraut accompagné de son épouse, ils entrent dans le salon réservé aux journalistes. Comme à l'accoutumée, le Premier ministre ne s'emporte pas, il garde toujours son calme mais les questions fusent: Quand parlerez-vous des droits de l'homme au Maroc ? C'est quoi la colocalisation ? etc...Je tourne mon regard vers la gauche, Madame Ayrault est là présente mais garde un silence olympien. Je ressens qu'elle soutient par et dans le silence.

    Madame Maïga Hadizatou Hamzatou, enseignante à Gao au Mali qui a fait un témoignage émouvant. Photo Réveil FM

    Des femmes francophones lors du forum mondial. Photo Réveil FM

    Madame Ndioro Ndiaye, Madame Aïche Bah Diallo, Madame Zohra Ben Lakhdar et Madame Michel-Ange Dagrain interviennent sur sur la deuxième table ronde: Comment mieux assurer l'éducation des filles et des femmes, de l'alphabétisation à l'enseignement supérieur ? Photo Réveil FM

    Je crois que c'est le même type de soutien que Madame Brigitte Ayrault a tenu à apporter aux 400 femmes de l'espace francophone présentes au musée du Quai d'Orsay: celles qui se battent l'excision, celles qui sont veuves et n'ont aucun droit, celles qui ont étudié mais ne gagnent pas pareil que leurs collègues hommes, celles qui n'ont pas été à l'école, celles qui sont victimes de viol comme arme de guerre, celles qui sont battues, celles qui en politique mais sont marginalisées, celles qui ont été victimes de toutes formes d'atrocités...

    Madame Brigitte Ayrault et Freddy Mulongo à l'Elysée. Photo réveil FM

    Dr. Aurore kinduelo, Madame Brigitte Ayrault, Freddy Mulongo et Hervé Kashama à l'Elysée. Photo Réveil FM

    Elles sont militantes, étudiantes, professeures, politiques issues des 77 pays de l’espace francophone. Toutes militent dans leurs pays respectifs pour la défense des droits des femmes et se sont réunies, mercredi 20 mars, à l’occasion du premier forum de la femme francophone.Le 20 mars s’est déroulé le premier Forum mondial des femmes francophones à Paris. 400 invitées originaires de 77 pays y ont porté la parole des 120 millions de femmes francophones.

    Le mercredi dernier s’est tenu le premier Forum mondial des femmes francophones au musée du Quai Branly. Parlementaires, personnalités politiques, ambassadeurs et militantes de la société civile se sont réunis pour échanger et proposer des axes de travail afin de promouvoir et protéger les droits des femmes dans le monde. Le rendez-vous, organisé par la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, a été ponctué par les interventions de Michelle Bachelet, directrice de l’ONU femmes, Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, et Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. Intervenants et participants ont échangé leurs idées et expériences à l’occasion de débats portant sur les questions d’emploi, de santé, d’accès à l’éducation et à la culture.

    « Sans la protection des femmes, il n’y a pas de développement possible »

    Yamina Benguigui a ouvert la journée en pointant du doigt les atrocités commises envers les filles et les femmes dans certaines régions du monde, comme dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où le viol est devenu une arme de destruction massive et les femmes des butins de guerre. « J’ai décidé de mettre au cœur de mon ministère la lutte pour les droits des femmes francophones et de militer pour que la société civile s’investisse dans la défense de vos droits. » a-t-elle déclaré. Elle a également souligné les menaces constantes qui pèsent sur les acquis, et le risque permanent de retour en arrière : exactions, violences de toutes sortes, absence de protection juridique ou sanitaire et exclusion du système scolaire sont autant de fléaux contre lesquels il faut lutter. « C’est bien dans l’espace francophone, c’est bien en langue française, la langue des droits de l’Homme, que cette tragédie se déroule », a rappelé la ministre, rajoutant que « sans la protection des femmes, il n’y a pas de développement possible ».

    Le regard tourné vers l’Afrique

    Les préoccupations s’orientent aujourd’hui vers les pays et les peuples qui se sont soulevés lors des « printemps arabes », en particulier la Libye, où les femmes sont encore meurtries par le souvenir vivace du colonel Kadhafi, et la Tunisie qui, dès le lendemain de la révolution, a retiré des droits acquis aux femmes lors de l’élaboration de la nouvelle Constitution. Yamina Benguigui a dénoncé le « sournois glissement sémantique » qu’a constitué la substitution du mot « complémentarité » au mot « égalité » femmes-hommes.

    Le président de la République François Hollande a clôturé la journée par un discours prononcé à l'Élysée. Il a également fait référence à l’enjeu de la protection des droits des femmes en Tunisie, en Égypte, en Syrie, mais aussi au Mali : « Je pense aux femmes qui sont l’objet des conflits eux-mêmes, a-t-il déclaré. Si nous sommes au Mali, c’est parce que la cause des femmes vaut aussi que nous déployions nos armées pour les défendre. » Le président a affirmé sa volonté de faire des droits des femmes une grande cause de la francophonie, en annonçant notamment un plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes.

    Il n’a pas manqué de rappeler sur le ton de l’humour que le gouvernement français était désormais majoritairement féminin (19 femmes et 18 hommes), suite à la démission de Jérôme Cahuzac de son poste de ministre délégué Budget, qui n’a pas été remplacé numériquement. La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem avait déjà réagi sur ce sujet le matin même lors du compte-rendu du Conseil des ministres. En réponse à une question un tantinet ironique d’un journaliste sur cette nouvelle composition du gouvernement, elle a rappelé avec fermeté qu’il ne fallait pas « caricaturer l’enjeu de la parité ». Une manière de couper l’herbe sous le pied de tous ceux qui tendent à penser que la parité est désormais réelle, et qu’il est temps de passer à un autre sujet. La majorité de femmes au gouvernement est un signal positif, mais ne rend certainement pas caduque le combat pour l’égalité, bien au contraire.

    « 650 000 femmes dans le monde font l’objet d’un trafic »

    Lors de son intervention, Najat Vallaud-Belkacem a détaillé quelques chiffres sur la question des violences, rappelant notamment que chez les femmes âgées de 15 à 44 ans, elles causent plus de décès et de handicaps que le cancer, le paludisme, les accidents de la circulation et les guerres réunis : « On estime à 650 000 le nombre de femmes à travers le monde qui font l’objet d’un trafic chaque année, a-t-elle expliqué. Dans 80% des cas, il s’agit d’une traite pour exploitation sexuelle. » On dénombre aujourd’hui 100 à 140 millions de filles et de femmes dans le monde ayant subi des mutilations génitales. En réaction à ces chiffres alarmants, la ministre des Droits des femmes a formulé le vœu que « nous ne cessions plus de conjuguer ensemble les droits de l’homme au féminin. »

    Faire de la dignité et des droits des femmes une priorité à l’échelle internationale par la mise en commun des volontés et la formation d’un réseau solidaire, voilà l’objectif affiché lors de ce premier Forum mondial des femmes francophones. Les coups de menton ne suffisant pas, il faut donner aux femmes dont les droits les plus élémentaires sont bafoués une voix dans le concert des nations. Cette journée a été l’occasion de rappeler qu’il est nécessaire de lutter contre tous les relativismes tolérés au nom du respect de la diversité culturelle. Il faut continuer d’être vigilant, exigeant, intransigeant. Car comme l’a affirmé Yamina Benguigui, « nous devons rester des sentinelles ; quelle que soit la nation, devenons toutes des sentinelles ! »
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