Avertir le modérateur

berlin: ayrault off sans tweets

  • Berlin: Ayrault off sans tweets !

    Berlin: Ayrault off sans tweets !

    A Berlin, l'équipe de presse de Matignon a facilité pour les journalistes l' accès aux informations auprès du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le vendredi matin, avant de prendre son avion pour Paris, c'est sereinement que Jean-Marc Ayrault est venu à la rencontre des journalistes dans la salle de presse à l'ambassade de France. C'est en off que le Premier ministre s'est exprimé aux journalistes et a répondu aux questions dont la mienne sur la politique étrangère de la France avec l'Afrique. Qui dit "Off" dit pas de caméra, micros, photos et pas non plus des tweets! Jean-Marc Ayrault a rappelé qu'il y a dix ans, président du groupe socialiste, il était assis à l'Assemblée nationale française à côté d'Angela Merkel qui n'était pas encore chancelière d'Allemagne et qu'il comptait envoyé des photos de l'époque à Angela Merkel. Pour des manifestations qui l'attendaient en France, le Premier ministre a rassuré que le droit de manifester sans violence est constitutionnelle.

    Jeudi 15 novembre, Jean-Marc Ayrault répond aux journalistes devant l'ambassade de France. Photo Réveil FM

    Pour sa première visite officielle outre-Rhin, Jean-Marc Ayrault n'a pas hésité à jouer pleinement la carte de son intime connaissance de l'Allemagne pour vanter le sérieux de son gouvernement et tenter de dissiper les inquiétudes de Berlin concernant la trajectoire économique de la France. S'exprimant en partie dans la langue de Goethe devant les décideurs économiques allemands, le premier ministre a ensuite eu un tête-à-tête avec Angela Merkel. Ce geste symbolique a été apprécié à Berlin… en dépit d'un lapsus du premier ministre, qui a qualifié le dialogue d'«effroyable» au lieu de «fructueux» par le déplacement d'un «r» dans un mot allemand. «Cela facilite l'entente de pouvoir s'entretenir directement en allemand», s'est réjouie la chancelière…

    Angela Merkel s'est refusé à porter un jugement sur les mesures prises par le gouvernement français pour relancer la compétitivité. Cependant, elle a souhaité «beaucoup de succès à la France pour le parcours engagé». Et elle n'a pas cherché à dissimuler sa préoccupation: «Naturellement, j'observe les négociations politiques en France visant à améliorer la compétitivité. Nous avons besoin de renforcer la compétitivité de l'Europe. Nous voulons une France forte, comme la France souhaite une Allemagne forte, afin de construire une Europe forte.»

    L'Allemagne s'inquiète depuis des semaines de l'absence de réformes structurelles, portant notamment sur le marché du travail et la réduction des dépenses de l'État. «Je suis venu vous parler du redressement économique de la France», a lancé un Jean-Marc Ayrault décidé «à lever toute ambiguïté», devant des entrepreneurs allemands réunis pour un colloque sur les défis de l'Europe face à l'économie mondialisée.

    Retour du Premier ministre à Paris

    «Nous respecterons l'objectif de 3 %» de déficit public par rapport au PIB en 2013, a assuré le premier ministre pour souligner le sérieux budgétaire de la France. Et d'ajouter que son gouvernement s'efforce de faire aboutir la négociation avec les partenaires sociaux en vue d'amorcer «un tournant historique dans l'organisation de notre marché du travail». Il a dit s'inspirer de la méthode allemande de dialogue social, qui avait ouvert la voie aux réformes entreprises par Gerhard Schröder au milieu des années 2000. Avant de déjeuner avec les dirigeants syndicaux allemands, «pour (s)'entretenir avec eux de la façon de négocier un bon accord».

    Dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung, Ayrault a répondu aux critiques de Gerhard Schröder: «La France n'a pas besoin de leçon.» L'ex-chancelier social-démocrate avait taclé ses camarades du gouvernement français en affirmant qu'ils avaient pris un mauvais départ et que «les promesses de campagne du président français vont se briser sur la réalité économique». Ayrault a rappelé que Schröder avait attendu son second mandat pour s'atteler aux réformes structurelles, alors que le gouvernement français, en fonction depuis 6 mois, «a déjà pris des décisions courageuses». Il a aussi vanté les mesures «sans précédent» décidées il y a quelques jours pour relancer la compétitivité de l'économie française. Et plaidé pour «plus de compréhension».Ayrault aura au moins rassuré Berlin sur un point, en affirmant partager le «diagnostic sévère» dressé par Louis Gallois et en soulignant «le décrochage réel» de l'économie française depuis dix ans.

    Pour le reste, l'Allemagne espère des mesures concrètes rapidement. «Nous attendons avec impatience les décisions des prochaines semaines en France, décrypte un proche conseiller de la chancelière pour Le Figaro. Nous avons un grand intérêt à avoir une France forte, pour que la relation avec l'Allemagne reste équilibrée. C'est pourquoi nous suivons de près le processus de réformes visant à améliorer la compétitivité. Le rapport Gallois montre que les Français eux-mêmes sont conscients des difficultés. Une récession aurait aussi des répercussions sur l'économie allemande.»

    Berlin détaille aussi depuis plusieurs mois ses pistes de réflexion pour réformer les institutions européennes sur un modèle plus fédéral. La chancellerie a conscience de l'allergie française aux abandons de souveraineté. Elle souhaite cependant engager avec Paris un dialogue constructif sur l'avenir de l'Europe, en vue du Conseil européen de la fin décembre. En dépit des efforts de Jean-Marc Ayrault, Paris et Berlin ne parlent pas encore tout à fait la même langue… Mais ils sont prêts à mettre un peu de bonne volonté pour se comprendre.

    Berlin détaille aussi depuis plusieurs mois ses pistes de réflexion pour réformer les institutions européennes sur un modèle plus fédéral. La chancellerie a conscience de l'allergie française aux abandons de souveraineté. Elle souhaite cependant engager avec Paris un dialogue constructif sur l'avenir de l'Europe, en vue du Conseil européen de la fin décembre. En dépit des efforts de Jean-Marc Ayrault, Paris et Berlin ne parlent pas encore tout à fait la même langue… Mais ils sont prêts à mettre un peu de bonne volonté pour se comprendre.
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu