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ayrault reçu en grande pompe par la chancelière angela merkel

  • Berlin: Joker de Hollande, Ayrault reçu en grande pompe par la chancelière Angela Merkel

    Berlin: Joker de Hollande, Ayrault reçu en grande pompe par la chancelière Angela Merkel

    Il y a de l’eau dans le gaz entre la France de François Hollande et l’Allemagne d’Angela Merkel, et pour convaincre outre-Rhin que la France ne sera pas le nouvel « homme malade » de l’Europe, Paris a décidé de jouer… la carte Ayrault. Qui dit mieux ? Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre Français est un homme de gauche, qui est droit et qui manie la langue de Goethe. Le premier ministre français était en visite officielle jeudi 15 novembre à Berlin. La chancelière Angela Merkel a déroulé le tapis rouge à Jean-Marc Ayrault y compris les hymes nationaux, les troupes en revue...Ce qu'elle ne fait que pour les Chefs d'Etat.

    Jeudi 15 novembre, la chancelière Angela Merkel a déroulé le tapis rouge pour Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre Français. Photo Réveil FM

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la chancelière Angela Merkel lors de l'exécution de deux hymes nationaux. Photo Réveil FM

    Jean-Marc Ayrault et Angela Merkel reçoivent les honneurs militaires. Photo Réveil FM

    Jean-Marc Ayrault a fait bonne impression lors de sa visite à Berlin. Mission accomplie ? Jean-Marc Ayrault a rempli sa mission. Sa bonne connaissance de l’Allemagne a réchauffé les relations entre les deux voisins. Souvent résumée à la maîtrise de la langue de Goethe, qu’il a enseignée au collège en France dans les années 1970, ou à son habitude quotidienne de lire la presse d’outre-Rhin, l’inclination de Jean-Marc Ayrault pour l’Allemagne ne s’arrête pas là. Celui-ci connaît bien le personnel politique allemand, du Parti social-démocrate (SPD) surtout. Il entretient une relation proche avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, et l’a rapproché de François Hollande, qui en a fait un invité d’honneur le 14 juillet. En connaisseur de la culture politique de l’Allemagne, Jean-Marc Ayrault sait aussi que la politique à l’échelon régional y compte plus qu’en France. Il y a une dizaine de jours, il a reçu à Matignon Hannelore Kraft, ministre-présidente SPD du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, considérée comme successeur possible d’Angela Merkel à long terme.

    « une réunion avec Jean-Marc Ayrault, c’est très organisé et très structuré ». Ce sont davantage les méthodes de travail de Jean-Marc Ayrault, plus proches des habitudes allemandes que françaises, qui ont pu faire la différence. « Dans les réunions, François Hollande pratique souvent l’improvisation brillante, raconte une source proche du gouvernement. Au contraire, une réunion avec Jean-Marc Ayrault, c’est très organisé et très structuré. Comme nous sommes soupçonnés par les Allemands d’être peu rigoureux, cela a joué. »

    Les Européens attendent anxieusement que le moteur franco-allemand se remette en marche pour venir à la rescousse du vieux continent et le sortir de la crise. Malheureusement, Paris et Berlin donnent l’impression de freiner plutôt que de se lancer. À la surface, le problème semble être un désaccord sur des mesures de rigueur, exigées par la chancelière allemande, Angela Merkel, et celles de solidarité, préconisées par François Hollande.

    Mais la faille est plus profonde. L’Allemagne, qui réussit de façon époustouflante à se présenter comme le grand trésorier de la crise payant pour les autres, essaie de profiter de sa posture pour continuer l’intégration de l’Europe.

    Plus d’intégration politique et un contrôle commun renforcé des budgets

    Elle serait prête à assumer plus de responsabilités financières et à avancer dans la mutualisation des dettes si, en contrepartie, elle obtient plus d’intégration politique et un contrôle commun renforcé des budgets des pays membres. Oui, oui !, répond le président français, mais pas tout de suite.

    Les Allemands, explique-t-on à Paris, ont tendance à confondre le court terme et le long terme : le court terme, c’est la solidarité, l’union bancaire et l’union sociale ; le long terme, ce sera après les élections européennes de 2014, a résumé François Hollande lors de sa conférence de presse mardi 12 novembre.

    Ce petit jeu sur qui doit céder d’abord traduit une grande méfiance mutuelle. Les Français soupçonnent les Allemands d’exiger un volet politique pour mieux traîner les pieds sur le social – l’enjeu institutionnel est souvent évoqué pour ne pas faire de choix, dénoncent-ils. Et les Allemands craignent que l’échéance de 2014 signifie « jamais » et qu’on les fasse payer sans que le contrôle démocratique suive. C’est, pour eux, un principe fondamental : pas d’imposition sans représentation.

    Normalement, il suffirait de discuter, négocier, se rapprocher. Mais la crise change tout. D’abord parce qu’elle met les gouvernements sous pression d’agir. Ni Hollande ni Merkel n’aiment être bousculés – la chancelière vient de le prouver avec son « Non » à la fusion de l’avionneur EADS avec le fabricant d’armes britannique BAE Systems. Ensuite, l’Allemagne, sous l’influence des médias populaires et de l’arrogance de certaines de ses élites, s’est construit toute une légende de grande victime de la crise, niant complètement le bénéfice qu’elle a su en tirer – en économisant 80 milliards d’euros d’intérêts sur ses nouvelles dettes, par exemple.

    Pour Angela Merkel, qui profite bien de son image de défenseur du contribuable allemand, il serait peu commode de donner l’impression de céder à Paris avant les élections législatives de l’an prochain qui s’annoncent difficiles. En face, François Hollande refuse tout net plus de transfert de souveraineté. Il fait croire aux Français qu’ils pourront s’en sortir tout seuls, sans le soutien d’une Europe politiquement plus intégrée. Les Allemands lui reprochent de s’obstiner à nier la situation où se trouvent la France et l’Europe.

    Tout espoir n’est pourtant pas perdu. Le fait que les Allemands reparlent d’une Union politique montre qu’ils veulent arrêter de subir la crise et aller de l’avant sur le chemin de l’Europe. Si Berlin se montrait un peu moins arrogant, cela pourrait aider les Français à sortir de leur bulle – et l’Europe, de la crise politique et économique.

    La chancelière allemande Angela Merkel a dit jeudi "vouloir une France forte" et souhaiter de "tout coeur" la réussite des réformes sur la compétitivité présentées par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

    "Nous voulons une France forte comme la France veut une Allemagne forte afin d'avoir une Europe forte", a déclaré Mme Merkel, au cours d'une conférence de presse commune avec M. Ayrault qu'elle recevait pour la première fois à Berlin. "Nous souhaitons de tout coeur un grand succès aux mesures qui ont été mises en oeuvre en France", a-t-elle ajouté. Elle a cependant refusé de juger l'action du gouvernement français comme le lui demandait un journaliste. "Vous ne vous attendiez pas à ce que je commente" la politique du gouvernement français, a-t-elle déclaré, en soulignant que chacun "regarde bien sûr ce qui se passe dans chaque pays".

    "Nous travaillons ensemble à améliorer la compétitivité de l'Europe", a-t-elle poursuivi devant les journalistes, après un entretien de près d'une heure avec le chef du gouvernement français, venu rassurer sur sa volonté d'améliorer la compétitivité du pays.

    Conférence de presse Jean-Marc Ayrault-Angela Merkel, des photos qui parlent !

    Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre Français était à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel afin de rassurer les Allemands. Photos Réveil FM

    "La chancelière allemande est convaincue (...) que le gouvernement français est engagé dans un chantier de redressement de notre économie pour faire de la France une France forte", a affirmé un peu plus tard M. Ayrault, interrogé par la chaîne française i-Télé.

    Il a par ailleurs assuré que le "pacte de compétitivité" français ne s'inspirait pas de "l'Agenda 2010", les réformes mises en oeuvre par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005 pour assouplir le marché du travail allemand.

    "Il n'y a pas de modèle, il y a les bonnes pratiques, ce qui marche ici, ce qui marche là", a déclaré M. Ayrault, qui s'est toutefois dit "inspiré" par la "qualité du dialogue social en Allemagne". Peu avant, il avait rencontré des représentants des syndicats allemands.

    Selon lui, "ce qui est très important c'est que chacun d'entre nous ait le souci de comprendre l'autre". "La France a son histoire, sa spécificité et tout le défi qui est le mien est de réformer ce qui ne marche pas, de corriger ce qui est faible tout en gardant les valeurs profondes", a expliqué le Premier ministre.

    Ces derniers jours, le gouvernement allemand avait laissé filtrer son inquiétude sur la politique économique menée en France.

    A un peu plus de deux mois de la célébration du cinquantième anniversaire du Traité de l'Elysée -le 22 janvier- qui réunira à Berlin les gouvernements et Parlements des deux pays, les deux dirigeants se sont employés à vanter l'importance du couple franco-allemand.

    "Nous nous reconnaissons dans cette relation", a dit la chancelière. "La relation franco-allemande est indispensable, c'est notre responsabilité de la cultiver", a renchéri M. Ayrault.

    Les deux dirigeants de sensibilités politiques différentes ont de concert relativisé la rencontre prévue vendredi matin entre M. Ayrault et les dirigeants du Parti social-démocrate allemand (SPD).

    Cette entrevue avec les dirigeants de l'opposition est "normale", a jugé Mme Merkel, le Premier ministre socialiste la trouvant "assez banale".

    Sur les échéances à venir de la zone euro, Mme Merkel a dit espérer une décision sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce au cours de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro le 20 novembre.

    Interrogée sur la prise à partie du consul allemand de Salonique (nord de la Grèce), par des manifestants, Mme Merkel a déclaré que "la violence n'était pas un moyen légitime de discussion". Cet incident intervenait au lendemain de propos d'un ministre allemand, Hans-Joachim Fuchtel, qui avait déclaré mercredi à Salonique que trois employés municipaux grecs faisaient le même travail qu'un seul Allemand.

    En attendant le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à la chancellerie !

    Il fait plus froid à Berlin qu'à Paris. Les mains peuvent gêler facilement ! C'est aussi cela la relation Franco-Allemande

    La Chancellerie fédérale (Bundeskanzleramt, BK) est l’administration rassemblant les services du chancelier fédéral allemand. C’est une administration fédérale suprême à Berlin. Photo Réveil FM

    A la chancellerie, chaque journaliste essaye de se placer de manière à mieux travailler. Photo Réveil FM

    Freddy Mulongo à la chancellerie allemande à Berlin. Photo Réveil FM

    Les journalistes toujours à l'affût de l'information. Réveil FM

    Freddy Mulongo, contre le froid le chapeau ! Réveil FM

    Berlin n'a plus caché ses inquiétudes sur un possible déclin de la France et les conséquences que cela pourrait avoir outre-Rhin. Ces dernières semaines, la presse allemande n'a d'ailleurs pas épargné la France. « Hollande sans boussole », titrait lundi le quotidien conservateur Die Welt. « La France va-t-elle devenir la nouvelle Grèce ? » s'interrogeait, le 31 octobre, le quotidien populaire Bild Zeitung. Un proche d'Angela Merkel, Volker Kauder (président du groupe parlementaire des conservateurs), avait exprimé sans détour les craintes de Berlin d'un décrochage de l'économie française après la publication d'un rapport sur la France rédigé par les cinq économistes qu'on surnomme outre-Rhin les "cinq sages" et qui conseillent le gouvernement allemand.

    « Des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires » « Il y a eu une forte baisse en France, et un grand manque de visibilité. Si la France va mal, ça touche les Allemands », craint Géraldine, consultante dans un cabinet allemand. Et Wolfram, lui-même patron d’une PME, craint « des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires tous les mois » si la France décroche. Pour la directrice adjointe de la Chambre des métiers, l’inquiétude est aussi liée au changement politique.

    « L’Allemagne et la France sont les deux pays qui vont tenir l’Europe. Si tout d’un coup on a un président qui se met contre l’Allemagne – comme l’a un peu fait Hollande – ça nous fait peur ».

    « Si la France s’écroule, l’Allemagne s’écroule » Ulrike Guérot, la directrice du Conseil européen des relations étrangères à Berlin, estime qu’on « peut parler d’inquiétude sur le plan politique. On voit très bien que François Hollande est un peu coincé entre Mélenchon d’un côté, Le Pen de l’autre, les discours anti-austérité... Il y a donc cette inquiétude sur le management politique, sa capacité à engager des réformes, mais aussi cette inquiétude parce que la France est le partenaire primordial pour l‘Allemagne. Si la France s’écroule, si l’économie ne repart pas, l’Allemagne s’écroule aussi, on est trop interconnectés ».

    Jean-Marc Ayrault, à Berlin a réussi le double défi : prouver que la France va en se redressant, et qu’elle est toujours solidaire de l’Allemagne.

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