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  • Avignon, son célèbre Pont Bénézet connu à travers la chanson "le Pont d'Avignon" !

    Avignon, son célèbre Pont Bénézet connu à travers la chanson "le Pont d'Avignon" !

    Avignon est une commune du sud de la France, située dans le Vaucluse en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et installée sur la rive gauche du Rhône qui marque la limite avec le Gard et la région Languedoc-Roussillon. Au sud d'Avignon, c'est la Durance qui sépare la ville des Bouches-du-Rhône. Sur les 89 592 habitants de la commune au 1er janvier 2009, environ 15 000 demeuraient intra-muros. L'unité urbaine (c'est-à-dire l'agglomération au sens morphologique telle que la définit l'Insee) comptait 440 770 habitants en 2008. Avignon est aussi au cœur d'une vaste aire urbaine de 507 626 habitants en 2008, la seizième de France par sa population.

    Mairie d'Avignon. Photo Réveil FM

    La gare SNCF d'Avignon. Photo Réveil FM

    Avignon, ville fortifiée. Photo Réveil FM

    Surnommée la « cité des papes » en raison de la présence des papes de 1309 à 1423, elle est actuellement la plus grande ville et le chef-lieu du département de Vaucluse. C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts, son centre historique, composé du palais des papes, de l'ensemble épiscopal, du Rocher des Doms et du pont d’Avignon. Elle a été classée patrimoine mondial de l'UNESCO sous les critères I, II et IV. Vitrine artistique et culturelle, la renommée de son principal festival, connu sous le nom de festival d'Avignon, a largement dépassé les frontières françaises. La ville a été capitale européenne de la culture en 2000. Ses habitants sont appelés les Avignonnais5.

    Le pont Saint-Bénézet, couramment appelé pont d'Avignon en dehors d'Avignon, est un pont construit de 1177 à 1185 sur le Rhône, partant de la ville d'Avignon sur la rive gauche. Sur la deuxième de ses quatre arches est édifiée la chapelle Saint-Bénézet, et au-dessus d'elle la chapelle Saint-Nicolas.

    La légende raconte que Petit Benoît, connu sous le nom de Bénézet, berger à Burzet, dans le Vivarais, né en 1165, alors âgé de 12 ans, reçut l'ordre divin d'aller construire un pont à Avignon.

    Bénézet commença en 1177 la construction du pont sur des restes de culées romaines. Il fut achevé en 1185 et enjambait alors le Rhône sur 915 mètres avec un angle droit pour offrir moins de prise aux forts courants. Il comportait à l'origine 22 arches, il n'en reste que quatre. À l'origine seules les piles étaient en pierre et le tablier était alors en bois. L'ouvrage fut reconstruit en maçonnerie entre 1234 et 1237.

    Un automate dit: Merci ! Photo Réveil FM

    Un autre avec sa main droite dit: "Au revoir ! Photo Réveil FM

    Ce pont, poste frontière entre l'État pontifical et le territoire de France, était l'un des seuls pour traverser le Rhône sur des kilomètres en amont et en aval, un bon moyen de collecter des taxes sous la forme d'un péage ou d'une aumône à saint Bénézet. Il a même été durant toute une période l'unique pont entre la ville de Lyon et la mer, ce qui en faisait alors un point de passage obligatoire pour de nombreux marchands, voyageurs, etc. Avant ce pont, on traversait ici le Rhône en barque.

    La plus grande partie du pont était la propriété du roi qui l'a peu entretenu et suite à de fortes crues du Rhône, une première arche s'effondre en 1603, puis trois autres en 1605... toutes quatre rebâties vers 1628. En 1633, juste après la réouverture du pont, deux nouvelles arches s'effondrent. En 1669, une nouvelle crue du Rhône emporta plusieurs autres arches pour ne laisser pratiquement que celles qu'on lui connaît de nos jours.

    Large d'à peine 2,5 mètres, il prenait appui sur l'île de la Barthelasse où se trouvaient de nombreuses guinguettes au XIXe siècle : on dansait donc sous et non Sur le pont d'Avignon comme le raconte la chanson, à moins que celle-ci ne fasse référence non pas au pont de Saint-Bénezet en partie détruit depuis le XVIIe siècle mais son remplaçant en bois édifié un peu plus loin, en 1811, à l'emplacement de l'actuel pont Édouard Daladier.

    Il y a à peu près 2000 ans, la populations des Cavares se regroupent pour fonder une citée sur une colline rocheuse surplombant le Rhône. Guerriers et pêcheurs ont nommé leur ville Aouenion ; titre qui réunit deux noms celtes associés "aouen" qui signifie gouffre, tourbillon d'eau et "ion" qui veut dire seigneur. pour nommer en un seul mot "seigneur des flots".

    Le célèbre Palais des Papes d'une superficie de 15 000 m² fut construit en une trentaine d'années et ressemble à une véritable forteresse.

    Le premier pape à s'installer en Avignon fut Clément V, suivi de Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI de 1309 à 1376.

     

    Vous souvenez-vous des paroles : Chanson Pont d'Avignon.

    Sur le pont d'Avignon, on y danse, on y danse

    Sur le pont d'Avignon on y danse tous en rond

    Désormais sans bac ni bateau

    Désormais sans bac ni bateau

    A son aise on peu passer l'eau

    Messieurs les abbés font comme ça

    Et puis encore comme ça

    Comme faisant prêchi, prêcha

    Puis s'arrêtant à l'unisson

    Puis s'arrêtant à l'unisson

    Chacun salve à sa façon

    Les militaires font comme ça

    Et puis encore comme ça

    Leur main et leur front se haussa

    Les beaux messieurs font comme ça

    Et puis encore comme ça

    Leur chapeau passa, repassa

    Les bons paysans font comme ça

    Et puis encore comme ça

    En arrière leur pied glissa

    Les belles dames font comme ça

    Et puis encore comme ça

    Leur robe en tourte s'affaissa

    Le pont étant bien étrenné

    Le pont étant bien étrenné

    Chez soi chacun est retourné

  • Avignon, la cité des papes !

    Avignon, la cité des papes !

    Le palais des papes, à Avignon, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge. À la fois forteresse et palais, la résidence pontificale fut pendant le XIVe siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Le palais des papes est classé monument historique sur la première liste des Monuments historique en 1840. Par ailleurs, depuis 1995, le palais des papes est classé avec le centre historique d'Avignon, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, avec les critères culturels. Six conclaves se sont tenus dans le palais d'Avignon qui aboutirent à l'élection de Benoît XII, en 1335 ; de Clément VI, en 1342 ; d'Innocent VI, en 1352 ; d'Urbain V, en 1362 ; de Grégoire XI, en 1370, et de Benoît XIII, en 1394.

    Le centre historique autour du palais des papes. Photos Réveil FM

    Le palais, qui est l'imbrication de deux bâtiments, le palais vieux de Benoît XII, véritable forteresse assise sur l'inexpugnable rocher des Doms, et le palais neuf de Clément VI, le plus fastueux des pontifes avignonnais, est non seulement le plus grand édifice gothique mais aussi celui où s'est exprimé dans toute sa plénitude le style du gothique international. Il est le fruit, pour sa construction et son ornementation, du travail conjoint des meilleurs architectes français, Pierre Peysson et Jean du Louvres, dit de Loubières, et des plus grands fresquistes de l'École de Sienne, Simone Martini et Matteo Giovanetti.

    De plus la bibliothèque pontificale d'Avignon, la plus grande d'Europe à l'époque avec 2 000 volumes, cristallisa autour d'elle un groupe de clercs passionnés de belles-lettres dont allait être issu Pétrarque, le fondateur de l'humanisme. Tandis que la chapelle clémentine, dite Grande Chapelle, attira à elle compositeurs, chantres et musiciens. Ce fut là que Clément VI apprécia la Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machault, que Philippe de Vitry, à son invite, put donner la pleine mesure de son Ars Nova et que vint étudier Johannes Ciconia.

    Le palais fut aussi le lieu qui, par son ampleur, permit « une transformation générale du mode de vie et d'organisation de l'Église ». Il facilita la centralisation des services et l'adaptation de leur fonctionnement aux besoins pontificaux en permettant de créer une véritable administration. Les effectifs de la Curie, de 200, à la fin du XIIIe siècle, étaient passés à 300 au début du XIVe siècle, pour atteindre 500 personnes en 1316. À cela s'ajoutèrent plus d'un millier de fonctionnaires laïcs qui purent œuvrer à l'intérieur du palais.

    Pourtant celui-ci qui, par sa structure et son fonctionnement, avait permis à l'Église de s'adapter « pour qu'elle puisse continuer à remplir efficacement sa mission » devint caduc quand les pontifes avignonnais jugèrent nécessaire de revenir à Rome. L'espoir d'une réconciliation entre les christianismes latin et orthodoxe, joint à l'achèvement de la pacification des États pontificaux en Italie, avaient donné des bases réelles à ce retour.

    À cela se joignit la conviction, pour Urbain V et Grégoire XI, que le siège de la papauté ne pouvait être que là où se trouvait le tombeau de Pierre, le premier pontife. Malgré les difficultés matérielles, l'opposition de la Cour de France et les fortes réticences du Collège des cardinaux, tous deux se donnèrent les moyens de rejoindre Rome. Le premier quitta Avignon le 30 avril 1362, le second le 13 septembre 1376 et cette fois l'installation fut définitive.

    En dépit du retour de deux antipapes, lors du Grand Schisme d'Occident, de la présence constante du XVe siècle au XVIIIe siècle de cardinaux-légats puis de vice-légats, le palais perdit toute sa splendeur d'antan mais conserva, en dehors de « l'œuvre de destruction » cet aspect que rapporte Montalembert.

    « On ne saurait concevoir un ensemble plus beau dans sa simplicité, plus grandiose dans sa conception. C'est bien la papauté tout entière, debout, sublime, immortelle, étendant son ombre majestueuse sur le fleuve des nations et des siècles qui roule à ses pieds. »

    La papauté d’Avignon désigne la résidence du pape à Avignon dans le sud-est de la France. Cette résidence qui déroge à la résidence historique de Rome en Italie depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives :

    La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique romaine, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand Schisme d’Occident où deux papes rivaux et bientôt trois prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome, et l’autre à Avignon.

     

    Au IXe siècle, l'empire carolingien se délite. L'autorité du roi s'effondre d'autant plus vite que l'armée carolingienne est taillée pour une stratégie offensive avec l'organisation de campagnes annuelles qui forcent les voisins au respect (ils finissent d'ailleurs par payer un tribut). Cette logistique lourde ne peut répondre aux raids rapides et incessants des sarrasins, des vikings ou des Magyars dont le principal atout est la mobilité. Dès lors la défense doit être prise en charge localement.

    Au Xe siècle, les châteaux forts prolifèrent, parfois au mépris de toute légalité, leurs propriétaires exerçant protection et domination sur les territoires alentours. Dans ces temps incertains d'invasions et de guerres privées continuelles, les habitants viennent se regrouper à proximité du château ce qui légitime le châtelain et l'exercice du ban seigneurial. Celui-ci peut imposer taxes, péages, corvées, banalité (usage imposé d'équipements seigneuriaux à titre onéreux : fours, moulins…) levés par ses sergents. En échange, les vivres stockés au château pourvoient à la survie des manants (vient du latin « résider ») réfugiés entre ses murs en cas de pillage.

    Enfin, les amendes prélevées en rendant justice selon le principe du Wergeld de la loi salique sont une autre source appréciable de revenus seigneuriaux. Avec l'affaiblissement de l'autorité royale et comtale, les ambitions personnelles se dévoilent, engendrant convoitises et contestations. Les tentatives d'imposer le droit de ban aux marges du territoire contrôlé et les conflits de succession dus à l'instauration récente du droit d'aînesse, dégénèrent régulièrement en guerres privées.

    Le meilleur moyen pour s'assurer une clientèle sans disperser ses possessions est d'avoir des religieux pour vassaux (leurs charges n'étant pas transmissibles héréditairement sont récupérées à leur mort). Les charges ecclésiastiques, abbatiales ou paroissiales sont donc souvent données à des proches des princes souvent laïcs. La moralité de l'Église s'effondre et les cas de nicolaïsme ou de simonie deviennent monnaie courante.

    Otton Ier du Saint-Empire vainqueur des Magyars à la bataille du Lechfeld, nomme des évêques comme vassaux et fort de sa puissante clientèle peut mettre au pas les autres princes germaniques. Il peut ainsi reconstituer l'empire, sa puissance est sans équivalent en Occident et il peut imposer sa prééminence au pape Jean XII.

    Le 2 février 962, il est couronné empereur des Romains à Rome par le pape Jean XII. Otton Ier souhaite contrôler l’élection pontificale, pour cela il promulgue le Privilegium Ottonianum le 13 février 962 qui, reprenant un diplôme de Lothaire Ier, oblige tout nouveau pape à prêter serment auprès de l’empereur ou de son envoyé avant de recevoir la consécration4. La collaboration étroite entre des deux pouvoirs se fait dès lors à l’avantage de l’empereur : tout en donnant des privilèges au Saint-Siège, le Privilegium Ottonianum place donc la papauté sous tutelle impériale.

    Otton Ier n’hésite pas à faire déposer par un concile le pape Jean XII qui intriguait contre lui dès 963.

    Il exige ensuite des Romains un serment où ceux-ci s’engagent à : « n’élire ni ordonner aucun pape en dehors du consentement du seigneur Otton ou de son fils ». L’empereur contrôle alors totalement l’élection du pape. Les avantages en sont considérables. Pouvoir compter sur la collaboration du pontife garantit l’autorité impériale sur les Églises locales du Saint-Empire. L’empereur utilise en effet les évêques pour diriger l’empire.

    Otton III s’occupe lui aussi des affaires de la papauté. Dans un premier temps, il fait élire son cousin Bruno au siège pontifical. Il dénoue les conflits qui opposent le pape et les nobles romains. Dans un texte de janvier 1001, les rapports entre le pape Sylvestre II et l’empereur sont redéfinis. Il est précisé que la donation de Constantin est un faux. Otton III refuse de confirmer le Privilegium Ottonianum. L’empereur accorde au souverain pontife huit comtés de la Pentapole, mais il s’agit d’une donation, non pas d’une restitution. L’empereur se voit comme « esclave des apôtres », le représentant direct de Pierre et le responsable de son patrimoine. Il se met donc sur le même plan que le pape et souhaite gouverner la chrétienté, présidant à ses côtés les synodes.

    La réforme et l'essor de la chrétienté

    Le mouvement de la paix de Dieu assoit par des décisions conciliaires le rôle de chacun des trois ordres dans la société médiévale.

    L'église n'est pas épargnée par les désordres des IXe et Xe siècle. Des charges d'abbés, paroissiales ou ecclésiastiques sont données à des laïcs pour se former des clientèles et la discipline monastique se relâche, le niveau culturel des prêtres chute.

    En contrepoint, les rares monastères qui ont conservé une conduite irréprochable acquièrent une grande autorité morale.

    À l'approche de l'an mil, un renouveau de ferveur religieuse apparaît.

    Un soin particulier est mis à se laver de ses péchés. En particulier les monastères intègres reçoivent de nombreuses donations pour obtenir des prières d'absolution postmortem. Le choix des abbés s'oriente de plus en plus vers des hommes d'une grande intégrité et certains tels Guillaume d'Aquitaine vont jusqu'à donner l'autonomie et l'immunité à des monastères qui élisent leur abbé. Ce fut le cas de Gorze, Brogne ou Cluny. D'autres monastères utilisent des faux certificats d'immunité pour acquérir l'autonomie.

    De tous ceux-ci, Cluny connaît le développement et l'influence les plus remarquables. Sous la férule d'abbés dynamiques tels qu'Odon, Maïeul ou Odilon, l'abbaye entraîne d'autres monastères qui lui sont rattachés et constitue bientôt un ordre très puissant (en 994, l'ordre de Cluny compte déjà 34 couvents). L'une des grandes forces de Cluny est de recruter une bonne partie de ses membres et particulièrement ses abbés dans la haute aristocratie.

    L'ordre soutien activement le mouvement de La Paix de Dieu, qui utilisant la mobilisation populaire et le soutien des puissants, moralise la conduite des chevaliers souvent responsable d'exactions dans leur imposition du droit de ban.Ce faisant, l'Église impose l'image d'une société divisée en trois ordres.

    L'autorité de l'empereur est faible sur ses vassaux et pendant le règne d'Henri III, comte de Tusculum, une puissante famille romaine est maîtresse de la ville. Habituée à faire élire le pape, elle tente de reprendre ses prérogatives. Critiquant la faible moralité des papes désignés par l'empereur, elle fait élire un pape concurrent, obligeant l'empereur à intervenir militairement et à réunir un grand concile le 20 décembre 1046 pour démettre les papes concurrents. Mais cela ne suffit pas : coup sur coup, deux papes désignés par l'empereur sont assassinés (Clément II et Damase II).

    Le nouveau candidat envoyé par l'empereur a la finesse de demander aux romains de l'élire, ce qui leur convient: il est sacré sous le nom de Léon IX en 104913. Élevé dans l'esprit de la réforme monastique, il conclut que c'est l'indignité des papes précédents qui leur à valu leur désaveu par les romains et leur déchéance. Il nomme un clunisien, Hildebrand (le futur Grégoire VII), sous-diacre et le charge de l'administration des revenus du Saint-Siège, proche de la faillite.

    Hildebrand, agissant en véritable éminence grise, est à l'origine des actes les plus importants de son pontificat et de ceux de ses successeurs (Victor II (1055-1057), Étienne IV (1057-1058), Nicolas II (1058-1061), Alexandre II (1061-1073).

    De fait, Hildebrand lance la réforme grégorienne vingt-cinq ans avant de devenir pape lui-même. Il émancipe progressivement l'Église de la tutelle de l'empereur.

    Laissant le pouvoir temporel et militaire à la noblesse, l'Église devient le garant moral de l'équilibre social. Concentrant toutes les connaissances depuis la fin de l'antiquité et étant le principal promoteur de l'enseignement et des progrès scientifiques et techniques (principalement au sein des abbayes), le clergé se positionne comme l'élément central et indispensable de la société médiévale.

    Les clercs, sachant lire et compter, gèrent les institutions ; les religieux font fonctionner les œuvres caritatives et les écoles.

    Par le biais des fêtes religieuses, le nombre des jours chômés atteint 140 par an. Maîtrisant les échanges culturels et bénéficiant des meilleures connaissances techniques, les abbayes se taillent vite la part du lion dans le tissu économique encore majoritairement agricole. L'Église connaît l'apogée de sa puissance économique, culturelle, politique et même militaire (grâce aux ordres militaires qui permettent de pouvoir compter sur des forces armées permanentes sans avoir à les solder) pendant les croisades.

    Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, la répartition des rôles

    La querelle des Investitures est l’occasion d’une lutte sans merci entre le pape et l’empereur allemand. Dans les Dictatus papae, Grégoire VII affirme que la plénitude de pouvoir, en latin plenitudo potestatis, appartient au souverain pontife. Le concordat de Worms de 1122 sonne définitivement le glas du césaropapisme en Occident.

    Bien plus, dans la deuxième moitié du xiiie siècle, la plénitude de pouvoir spirituel est devenue une "notion totalitaire". L’Église ne peut tolérer un autre pouvoir que celui du pape. Selon la théorie des deux glaives, le pape détient aussi bien le glaive spirituel que le glaive temporel. Il donne le second au prince pour qu’il en fasse l’usage que le pape lui indique.

    L’Église catholique romaine tente ainsi d’instaurer une théocratie pontificale en faisant du pape le représentant de Dieu sur terre.

     

    Le palais des papes est situé sur la partie nord d'Avignon intramuros. Il a été construit sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, le rocher des Doms, surplombant la rive gauche du Rhône. Sa taille imposante et son adossement contre le rocher lui permettent à la fois de dominer la ville et d'être vu de très loin. L'un des meilleurs points de vue, et ce n'est pas un hasard, se trouve sur l'autre rive du Rhône, du mont Andaon, promontoire sur lequel est construit le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Il est aussi visible depuis le sommet des Alpilles, soit un peu moins d'une vingtaine de kilomètres au sud.

    Au XIIIe siècle, avant l'arrivée des papes à Avignon, le rocher sur lequel allait être construit le palais, tel que nous le connaissons aujourd'hui, était en partie réservé aux moulins à vent, en partie construit d'habitations dominées par le palais du Podestat, non loin duquel se trouvait celui de l'évêque ainsi que l'église Notre-Dame-des-Doms, seuls rescapés des constructions antérieures à l'arrivée des pontifes.

    Le palais des papes est l'une des constructions médiévales sur laquelle les chercheurs disposent d'une des plus riches documentations, mais les premières études historiques, à partir des archives pontificales italiennes, ne datent que de 1890, année au cours de laquelle furent accessibles les Archives secrètes du Vatican10. Alors qu'en France, depuis 1693, Étienne Baluze, avait publié sa gigantesque Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, sur la base des archives avignonnaises.

    Le savant corrézien y regroupa un grand nombre de textes, actes et autres brefs et bulles, ayant trait à la construction et à la vie du palais pontifical d'Avignon. Mais il fallut attendre plus d'un siècle et demi pour qu'un érudit s'attache à étudier le palais lui-même. Ce fut J.M.A. Chaix qui, en 1849, entreprit une première études des fresques. Quant à l'étude historique et archéologique, elle fut faite, en 1855, par Jules Courtet. Il revint ensuite à Eugène Viollet-le-Duc de publier, au début des années 1870, la première étude architecturale sur le palais et les remparts d'Avignon.

    La décennie suivante, en 1882, se tint, à Avignon, le Congrès archéologique de France. Ce fut l'occasion pour l'archiviste départemental, Louis Duhamel, de faire part aux congressistes de deux communications au sujet du palais pontifical. Une nouvelle approche de l'étude du plus grand monument d'Avignon se dessinait et allait permettre d'appréhender différemment son histoire.

    Noël Coulet, professeur émérite à l'université de Provence, a constaté que « l’historiographie provençale des XVIIe et XVIIIe siècles est également tributaire d’une tradition déjà formée. Il s’agit principalement d’une tradition italienne (pour ne pas dire ultramontaine dans cette fin du XIVe siècle où l’Église va se diviser entre le pape de Rome et le pape d’Avignon). Ce n’est que depuis un siècle, qu’à l’exemple de Noël Valois, les historiens ont compris que cette période ne pouvait s’étudier qu’en confrontant les archives avignonnaises à celles du Vatican ».

    Après la publication par Fr. Ehrle, en 1890, de son Historia Bibliotheca romanorum Pontificum tum Bonifatianæ tum Avinionensis18, c'est cette méthode que suivirent K. H. Shäfer et Robert André-Michel. Le premier édita, entre 1911 et 1937, les comptes de la Révérende Chambre Apostolique d'Avignon19 - le ministère des finances pontificales - dans lesquels la construction du palais tient une place importante, tandis que le second publia, en 1917 et 1918, toute une série de documents inédits sur le palais des papes.

    Ce fut dans cette même voie que se dirigea le docteur Gabriel Colombe qui, de 1909 à 1945, publia essentiellement dans les Mémoires de l'Académie de Vaucluse, sous le titre général de Recherches et critiques archéologiques, plus de soixante études sur le palais21. À la même époque, un autre avignonnais, Joseph Girard, fit de même entre 1909 et 1958. Durant ce demi-siècle, il fit éditer onze études et ouvrages sur ce thème. Leur successeur fut Sylvain Gagnière, conservateur du palais, qui étaya son érudition par d'importantes fouilles archéologiques in situ et publia le résultat de ses recherches en vingt-sept ouvrages de 1962 à 1991.

    Origine et implantation : le choix d'Avignon

    Après son élection à Pérouse, le 24 juillet 1305 et son couronnement à Lyon, le 15 novembre, le pape Clément V, qui refusait de rejoindre Rome où se déchaînait la lutte entre Guelfes et Gibelins, entreprit une longue errance dans le royaume de France et la Guyenne anglaise. L'ancien archevêque de Bordeaux avait été élu grâce au soutien du roi de France, dont il était le sujet mais non le vassal, en échange duquel soutien il lui devenait redevable.

    Le concile de Vienne, qu'il avait convoqué pour juger l'Ordre du Temple, nécessitait qu'il se rapprochât de cette ville. Il rejoignit donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porta aussi sur la ville d'Avignon, possession du comte de Provence, c'était que sa situation sur la rive gauche du fleuve la mettait en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rhône/Saône et dans cette vallée du Rhône, frontière commune entre la France et le Saint-Empire romain germanique, seules des villes desservies par un pont pouvaient postuler à un rôle de capitales internationales.

    C'était le cas d'Avignon avec le pont Saint-Bénézet, le lieu de passage obligé entre l'Espagne et le Languedoc, la Provence et l'Italie. De plus, l'importance des foires de Champagne jusqu'à la fin du xiiie siècle et la pérennité de la foire de Beaucaire avaient fait d'Avignon et de son rocher une étape commerciale obligée. La présence pontificale allait lui redonner un lustre qu'elle était en passe de perdre et le conflit entre l'Angleterre et la France une importance politique que n'aurait pu avoir Rome trop excentrée vis-à-vis de ces deux royaumes.

    Si Rome, dès l'Antiquité, avait dû sa puissance et sa grandeur à sa position centrale dans la bassin méditerranéen, elle avait perdu de l'importance et, dans cette fin du Moyen Âge, le centre de gravité du monde chrétien s'était déplacé et la situation d'Avignon était bien plus favorable géographiquement et politiquement.

    Clément V n'arriva à Avignon que le 9 mars 1309 et logea au couvent dominicain des frères prêcheurs. Sous ce pontificat, Avignon devint, sous la haute surveillance du roi de France Philippe le Bel, la résidence officielle d'une partie du Sacré Collège des cardinaux, tandis que le pape préféra résider à Carpentras, Malaucène ou Monteux, cités comtadines.

    À la mort de Clément V, et suite à une élection difficile, Jacques Duèze fut élu à Lyon le 7 août 1316. À 72 ans, son âge avancé le fit considérer par les cardinaux comme un pape de transition. N'étant ni italien ni gascon, il n'avait eu qu'un rôle politique effacé jusqu'alors.

    Or, dès le 9 août, il fit part de son intention de rouvrir l'Audience de la Contredite à Avignon, le 1er octobre suivant.

    Il signifiait ainsi sa volonté de fixer la papauté dans la ville dont il avait été l'évêque depuis le 18 mars 1310. La logique aurait voulu que Carpentras fut le séjour transalpin de la papauté. Mais la plus grande ville du Comtat Venaissin restait entachée par le coup de force des Gascons lors du conclave qui avait suivi la mort de Clément V. De plus, l'ancien évêque d'Avignon, préférait, à l'évidence, sa cité épiscopale qui lui était familière et qui avait l'avantage de se situer au carrefour des grandes routes du monde occidental grâce à son fleuve et à son pont.

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