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  • Paris: Ngimbi Bakambana, jeune artiste et talentieux Kongo !

    Paris: Ngimbi Bakambana, jeune artiste et talentieux Kongo !

    L'artiste Ngimbi Bakambana. Photo Réveil FM, Henri Martin

    Ngimbi Bakambana agaçait ses enseignants dès petit, à l’école, parce qu’il utilisait ses crayons pour dessiner plutôt que pour noter les cours. Plutôt que d’aller à l’encontre de son talent, ils lui ont conseillé de s’inscrire à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Il a suivi le cursus des Arts Plastiques, passionné et assoiffé de progresser, il s’est approché de ses ainés. Il est parmi les premiers de sa génération à avoir exposé avec les “maitres” de l’art congolais tels que Mavinga, Chéri Samba, Nginamau, Lema Kusa, Liyolo, Botembe, Tamba Ndembe… à Kinshasa comme en Allemagne. Ce dernier, Tamba Ndembe, l’un des plus grands sculpteurs congolais, avant-gardiste et artiste le plus troublant dans les formes et sa maitrise de la composition, est devenu son parrain en art. A son image, Ngimbi est d’une grande exigence vis-à-vis de lui-même et est porté dans son travail par une révolte à l’égard des conventions dans le monde des arts. Dans son travail, Ngimbi porte une attention particulière à la ligne et l’anamorphose des formes (distorsion). Il défend l’art kongo, un art spirituel, dont la particularité est de lier la gestuelle et l’intention dans l’œuvre. Il ne conçoit pas de frontière ni de cloisonnement entre les diverses disciplines de l’art - peinture, sculpture, performance ou danse -, le corps est au centre de l’expression ; le support dépend du tempérament, d’après Ngimbi l’art est « la manière de donner corps à une idée peu importe le support, dans l’art kongo ce qui compte c’est l’éthique dans l’esthétique. La gestuelle fait partie du quotidien de l’artiste, elle est un rituel, et le nsoneki dialogue avec son corps. » Ngimbi place l’homme au centre de ses œuvres : dans sa spiritualité, face à son histoire, dans ses relations à l’autre.

    Le nsoneki ne crée pas pour lui-même, il crée parce qu’il appartient à l’autre : il lui adresse un message. Son autre est à la fois ici, là-bas et ailleurs. Il est un miroir qui reflète l’image de ce qui l’inspire, qu’il voit, qu’il entend, qu’il reçoit, qu’il espère : son monde est constamment en devenir. L’art est une succession d’inachevés. C’est le récepteur qui achève l’œuvre, lorsqu’il la découvre, s’en imprègne et surtout lorsqu’il l’utilise. L’inachevé de l’artiste est toujours la quête du Beau et du Vrai, ce qui signifie l’Agréable à sentir et à vivre, l’œuvre qui nous ressemble et nous rassemble.

    L’art dans la conscience culturelle kongo se traduit par soneka = graver. La vie et la mort, le corps et l’esprit, sont inséparables. C’est ma vision de la superposition et de la vie qui est éternel recommencement et de la peinture qui est éternelle superposition.

    Freddy Mulongo et Ngimbi Bakambana, artiste plsticien Kongo devant sa peinture illustrant le combat de boxe Ali-Foreman de Kinshasa 1974. Photo Réveil FM, Henri Martin.

    Echange de cartes de visite entre Ngimbi Bakambana et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM, Henri Martin.

    Ngimbi Bakambana est un artiste très entouré. Photo Réveil FM, Henri Martin.

    Nos ancêtres, dans leur démarche, considèrent l’artiste qu’ils appellent nsoneki comme un graveur, celui qui laisse des traces : il n’y a pas de différence entre un poète et un sculpteur, un peintre ou un musicien : ils sont tous nsoneki. C’est ce qui justifie que, dans l’art antique, il n’y avait pas de signature dans une œuvre, car signer, écrire, graver, se traduisaient par le même verbe soneka - graver -, et sono - l’être -, en tant que celui qui laisse des traces ou grave. Le nsoneki est un acteur communautaire qui ne grave pas pour lui-même, mais pour sa communauté, sa société ou son époque. C’est ainsi qu’il est difficile de dissocier l’acte de signer de celui de réaliser une œuvre. Il ne s’agit pas de deux entités à part. Le nsoneki incarne aussi une conscience sociale, un prolongement et une continuité de la société. Cette approche est mise en lumière par le poète - écrivain congolais Armand Mavinga Tsafunenga dans son poème (recueil Narcotiques et Illusion, Pyramide Papyrus Presse, Paris, 2010).

    Freddy Mulongo en allant aux Invalides après la sortie de la galérie sous le pont Alexandre III. Photo Henri Martin


    CongoLipanda50 par NzoMaKongo

    De Ngimbi à Ngimbi: L’artiste kongo Ngimbi qui vécut vers 1700, fut déporté et vendu au marché de Liverpool en Angleterre. Il a transmis son esprit à celui qui naquit dans le même pays que lui, le 7 juillet 1977. L'artiste demeure à la quête d’une sainte inspiration et de la perfection qu'il porte en lui comme tout « nsoneki ». C'est ainsi que l'on appelle l’artiste en kikongo, ma langue maternelle.

    Ngimbi Bakambana défend l'art Kongo, un art spirituel, dont la particularité est de lier la gestuelle et l'intention dans l'oeuvre.
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