Avertir le modérateur

anthony lake

  • ONU: Famine au Sahel, alerter avant la catastrophe !

    ONU: Famine au Sahel, alerter avant la catastrophe !

    A Genève, l’ONU mobilise ses têtes d’affiche pour lancer un appel d’urgence. Trois directeurs d’agences onusiennes, rien de moins, se sont mobilisés mardi à Genève pour tenter de vaincre l’indifférence qui entoure la crise alimentaire dans les pays du Sahel, où 15 millions de personnes souffrent de malnutrition et des effets de la sécheresse. Eloquents, les chiffres traduisent le manque d’engagement international: alors que l’ONU avait lancé en décembre dernier un appel pour récolter plus de 700 millions de dollars destinés à aider 8,8 millions de personnes, moins de la moitié de la somme a été récoltée à ce jour. Il y a urgence, ont plaidé Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Anthony Lake, directeur exécutif de l’Unicef, et Antonio Guterres, haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés: la période la plus critique s’étendra de juin à septembre, ont-ils fait valoir, enjoignant les contributeurs potentiels à répondre à leur appel dans les quatre prochaines semaines.

    Anthony Lake, directeur exécutif de l’Unicef. Photo Réveil FM

    Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

    Antonio Guterres, haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés. Photo Réveil FM

    «Situation dramatique»

    C’est la troisième fois en dix ans que le Sahel est confronté à une crise alimentaire, a souligné Anthony Lake: «Les gens se disent «encore une famine, encore une fois des enfants meurent en Afrique», ils sont fatigués d’entendre cela.» Une lassitude à laquelle s’ajoutent les contraintes financières d’Etats contributeurs confrontés à une conjoncture difficile, a-t-il ajouté pour expliquer la faible mobilisation. Il est cependant crucial d’intervenir au plus vite, pour éviter que la situation actuelle ne se mue en immense catastrophe, a plaidé le haut responsable de l’Unicef.

    Déplorant la propension des médias à ne se focaliser que sur une seule crise – la Syrie en l’occurrence – en oubliant les autres, Antonio Guterres a évoqué les troubles au Mali, qui ont généré «une situation humanitaire dramatique» avec «plus de 200 000 personnes déplacées», une insécurité accrue qui complique le travail des humanitaires, et une réponse de la communauté internationale pour l’heure «très insuffisante» par rapport aux besoins.

    «Il y a 1 à 1,5 million d’enfants qui souffrent de malnutrition sévère au Sahel. Si nous agissons maintenant, 95% d’entre eux pourront être sauvés», a déclaré Margaret Chan, qui a souligné la nécessité de mettre sur pied des centres de soins pour faire face aux cas de pneumonie, de méningite ou de malaria.

     

    C'est la chronique d'une famine annoncée… que les ONG essaient d'enrayer avant qu'elle tourne à la catastrophe humanitaire. Les mauvaises récoltes de l'automne menacent 16 millions de personnes d'une crise alimentaire grave dans les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad). "Les gens ont déjà modifié leurs stratégies alimentaires. En Mauritanie, on voit des femmes qui cherchent des graines dans les termitières", avertit Imma de Miguel, responsable Oxfam de la campagne justice économique pour l'Afrique de l'Ouest.

    Facteurs aggravants

    "La crise alimentaire revient régulièrement au Sahel. On a eu des catastrophes en 2004, 2005 et 2009, explique Hassane Beka, représentant des éleveurs nigériens, en tournée en Europe pour alerter l'opinion. Mais cette année, il y a des facteurs aggravants, comme la crise au Nord Mali et le retour des Nigériens de Libye, qui rapportaient des devises." Plus de 220 000 réfugiés aux frontières de Mauritanie, du Niger ou du Burkina Faso ajoutent une pression supplémentaire sur des zones déjà victimes de sécheresse et de surpâturage. A cela s'ajoute l'insécurité physique (vols, violence) pour les populations et l'action internationale. Certains programmes de développement ont ainsi été interrompus après le coup d'Etat au Mali.

    Déstabilisation durable

    Au Niger, la crise alimentaire déstabilise durablement les éleveurs, qui constituent 80% de la population. Pour nourrir leur famille, ils sont contraints de vendre leurs bêtes à bas prix et perdent ainsi leur outil de travail pour les années à venir. Les transhumances de plus en plus lointaines éloignent aussi les enfants de l'école, et compromettent l'alphabétisation de populations entières.

    "Les tragédies coûtent cher"

    Afin d'éviter que les pasteurs dilapident leur cheptel, des programmes d'Oxfam distribuent de la nourriture pour le bétail et les hommes, ainsi que de l'argent liquide contre des travaux d'intérêt général. Des actions efficaces si elles sont mises en place dès maintenant. "Il ne faudrait pas qu'on arrive à la catastrophe, où on compte les morts, s'inquiète Hassane Beka. La communauté internationale est activée par les tragédies, mais en arriver là coûte très cher.

    En situation d'urgence, 100 dollars peuvent sauver une ou deux personnes. Aujourd'hui, ils en sauvent cinquante."

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu