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  • A Kinshasa, RSF et JED dénoncent la « grave détérioration » de la liberté de l'information

    A Kinshasa, RSF et JED dénoncent la « grave détérioration » de la liberté de l'information

    Présentation du rapport : "Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité" A la veille de l'ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, Reporters sans frontières et son organisation partenaire, Journaliste en danger, ont présenté, lors d'une conférence de presse dans la capitale congolaise, le 11 octobre 2012, un rapport sur l'état de la liberté de l'information en République Démocratique du Congo et en Afrique centrale.

    Le régime de Kinshasa use et abuse du pouvoir judiciaire pour muséler les journalistes !

    Présentation du rapport : "Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité" Rapport RSF-JED Kinshasa

    Dans ce rapport intitulé : « Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité », les deux organisations rappellent la promesse faite par le président Kabila, à Montreux (Suisse), en octobre 2010 en clôture du XIIIe Sommet de la Francophonie, de lutter contre tous les crimes et attaques contre les journalistes.

    Le régime dictatorial et sanguinaire de Kinshasa a un allié de taille: Des journalistes et médias "coupagistes", thuriféraires du pouvoir illégitime et illégal de Joseph Kabila

    Deux ans plus tard, RSF et JED constatent qu'aucune enquête sur un assassinat de journaliste en RDC n'a abouti au moindre résultat concluant, alors que le pays en a enregistré huit au cours de ces dernières années. Certains de ces assassinats ont été traités par des procès controversés tandis que d'autres n'ont jamais vu ne serait-ce qu'un début d'enquête. Dans ce rapport, RSF et JED affirment que la situation de la liberté de l'information s'est détériorée depuis l'année électorale 2011, et pointent du doigt l'Agence nationale des renseignements (ANR), des autorités locales et provinciales, ainsi que l'organe de régulation des médias, le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), comme les principaux responsables des entraves à l'activité des médias.

    "La grand-messe francophone se tient alors qu'un journaliste d'une chaîne privée (Patrick Palata), condamné à vingt ans de prison, est incarcéré à Kinshasa, et que deux de ses confrères (Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi) sont retenus depuis plus d'un mois par l'ANR. De même, le titre Le Journal est suspendu jusqu'à nouvel ordre et le signal d'une des principales chaînes d'opposition, la Radio Lisanga Télévision (RLTV), est coupé", écrivent Reporters sans frontières et JED.

    Patrick Palata, journaliste de Canal Congo Télévision (CCTV), une chaîne privée émettant à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo (Sud-Ouest), est incarcéré depuis deux ans à la prison militaire de Ndolo, et condamné à vingt ans de servitude pénale pour « organisation d'un mouvement insurrectionnel ». Le journaliste a toujours clamé son innocence et la demande de grâce introduite par RSF et JED auprès de Joseph Kabila est restée sans suite.

    En août dernier, deux journalistes ont été arrêtés dans le Kasaï, à cause d'une affaire concernant la défection d'un officier et la création, dans cette province, d'un mouvement armé. Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi ont été transférés à Kinshasa où ils sont détenus, tous les deux depuis près de deux mois, dans un cachot de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) sans aucune possibilité de visite ni de leurs proches ni de leurs avocats.

    Enfin, en septembre, le signal de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), une chaîne privée appartenant à Roger Lumbala, député et membre influent de l'opposition, a été coupé de façon inexpliquée au moment où ce média diffusait une émission intitulée « Tokomi wapi ? » (« où en sommes-nous arrivés ? ») avec comme invité le député de l'opposition José Makila, qui accusait le président Joseph Kabila de « haute trahison » pour avoir signé un « accord secret » avec son homologue rwandais Paul Kagame.

    Pendant plusieurs jours, ni le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de la Communication (CSAC), ni le ministère chargé des Médias, interrogés, n'avaient revendiqué cet acte. Il a fallu attendre dix jours pour voir enfin le porte-parole du gouvernement et ministre en charge des Médias sortir de son mutisme pour justifier la coupure de la RLTV. Dans un arrêté ministériel qui a tout l'air d'avoir été antidaté (08/09/2012), le ministre accuse ce média de diffuser « en temps de guerre des émissions relayant la campagne médiatique des forces négatives du M23, de nature à démoraliser l'armée et la population ». Nulle part pourtant, le ministre ne donne ni la date, ni l'heure, ni le nom de l'émission incriminée. Ce qui confirme bien la thèse d'un coup de force politique destiné à faire taire un média qui dérange.

    Dans le même état d'esprit de musèlement de la presse, RSF et JED rappellent l'expulsion en juillet 2012 à son arrivée à l'aéroport, du réalisateur belge Thierry Michel, auteur d'un film documentaire sur l'assassinat du célèbre défenseur des droits de l'homme Floribert Chebeya et l'interdiction de la diffusion de son film en RDC. Malgré les promesses faites dans ce sens par les autorités congolaises, Thierry Michel n'a toujours pas reçu son visa de retour en RDC et ne peut donc diffuser ce film censuré.

    Au delà de la RDC, RSF et JED s'inquiètent plus généralement de la situation en Afrique centrale où la prison, les pressions et l'autocensure freinent le libre exercice du métier d'informer. C'est le cas, entre autres, du procès d'Hassan Ruvakuki au Burundi condamné à la prison à perpétuité, de l'incarcération de trois journalistes au Rwanda, des pressions sur Jean-Claude Nekim au Tchad, de l'immobilisme et du poids de la censure en Guinée équatoriale.

    L’indépendance de la presse est un peu le « thermomètre de la démocratie ». Souvent décrite comme le marqueur par excellence des sociétés libres et modernes, elle permettrait de « prendre la température » des libertés individuelles et publiques au sein d’une nation, de jauger et d’apprécier leurs évolutions. Tel est le point de vue communément admis en France. Cette consubstantialité entre la notion de liberté de la presse et la notion de démocratie est présentée comme allant de soi. En fait, elle plonge ses racines dans une certaine sacralisation historique de la Révolution française de 1789, dont les hérauts ont formellement posé le substrat philosophique dans l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen. Cet article 11 stipule que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, s’exprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

    Or en en République démocratique du Congo, "La loi", c'est Joseph Kabila, la Justice, c'est Joseph Kabila, le CNDP-M23, c'est Joseph Kabila.

    Il n'y a pas de démocratie en République démocratique du Congo, croire le contraire c'est dormir debout sans rêve !
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