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61 ans déjà !

  • Journée mondiale des réfugiés -20 juin: L'OFPRA, 61 ans déjà !

    Journée mondiale des réfugiés -20 juin: L'OFPRA, 61 ans déjà !

    À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, la France réaffirme son engagement aux côtés du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, dont elle soutient activement l’action. Soixante-et-un ans après sa création, cette institution est plus que jamais indispensable. Son rapport publié le 19 juin souligne que les besoins restent immenses avec, fin 2012, plus de 45 millions de personnes déracinées dont 15 millions de réfugiés - chiffres en constante augmentation. Ces souffrances humaines ne doivent pas rester sans réponse. La France contribue chaque année à hauteur de 15 millions d’euros aux actions menées par le haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Traditionnellement terre d’accueil et d’asile, elle est le deuxième pays européen en termes de demandes de protection internationale, avec 55 255 demandes en 2012 (52 147 en 2011). Au 31 décembre 2012, 176 984 personnes - dont 162 882 réfugiés - étaient ainsi placées sous la protection de l’office français de protection des réfugiés et apatrides.

    L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides.

    L'OFPRA est un établissement public doté de l'autonomie administrative et financière, chargé de l'application des textes français et des conventions européennes et internationales relatifs à la reconnaissance de la qualité de réfugié, d'apatride et à l'admission à la protection subsidiaire.

    L'asile est une protection qu'accorde un état à un étranger qui est ou qui risque d'être persécuté dans son pays que ce soit par les autorités de son pays ou par des agents non étatiques. Deux formes de protection sont possibles: le statut de réfugié et la protection subsidiaire qui n'ouvrent pas aux mêmes droits.

    L'OFPRA exerce la protection juridique et administrative des réfugiés et apatrides ainsi que celle de certains des bénéficiaires de la protection subsidiaire. Cela se traduit notamment par l'établissement d'actes ou de documents que les personnes protégées par l'OFPRA ne peuvent obtenir auprès des autorités de leur pays d'origine.

    Selon la Convention de NewYork de 1954, le terme "apatride" s'applique à toute personne qu'aucun état ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. La reconnaissance de la qualité d'apatride entraîne une protection spécifique assurée par l'OFPRA.

    Déjà 61 ans de l’Ofpra

    Méconnu du grand public en dépit des précieux services rendus, l’Ofpra a célèbré l' année dernière ses soixante ans d’existence en publiant pour la première fois les parcours et témoignages de celles et ceux qui, un jour, ont trouvé en France une terre d’asile, après avoir échappé aux persécutions dont ils faisaient l’objet dans leurs propres pays.

    Plutôt que de nous livrer des statistiques de son exercice depuis sa création en 1952, l’Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides, Ofpra, avait publié trente parcours individuels remarquables dans un joli livre blanc.

    Miguel Angel Estrela, ambassadeur d’Argentine à l’Unesco et Nina Mitz, Pdg de FTI consulting, anciens réfugiés, témoignant de leurs extraordinaires parcours.

    Sobrement intitulé « Réfugié en France, de l’exil à la reconnaissance », cet ouvrage permettra pour la première fois au grand public de mettre des paroles et des visages sur des chiffres, ainsi que sur la noble mission de protection qu’exerce cette institution. « Je souhaite rendre sensible et intelligible, l’histoire de ces migrants particuliers que sont les réfugiés aux XXè et XXIè sièce », écrit Jean-François Cordet , directeur général de l’Ofpra en préface. L’exercice est d’autant plus délicat que le statut de réfugié ou apatride nécessite un minimum de discrétion pour des raisons évidentes de sécurité. Ce qui sans doute confère à l’ofpra l’image d’une institution froide, assez éloignée du public.

    Pourtant, à lire les trente parcours relatés dans ce livre, on mesure le service combien humain que cette institution a rendu à plus de 800.000 personnes venues de tous les continents, menacés dans leurs pays ou privés de leur nationalité. De son côté, Agnes Fontana, sécrétaire générale de l’Ofra, reconnaît que cet office « n’a jamais su parler de lui. Notre mission est encore mal connue du grand public ». D’où l’idée de publier un livre sous forme de galerie de portraist de réfugiés venus du monde entier. Comme celui de Nina Mitz, réfugiée polonaise de 1951 à 1965, actuellement Pdg de FTI consulting, l’un des plus importants cabinets internationaux de conseil en communication stratégique financière et média, en tête du classement mondial sur les opérations financières et la communication avec les média.

    Nul ne sait si son brillant parcours eut été possible sans la protection accordée par l’Ofpra à ses parents, entrés clandestinement en France en 1947, après avoir fui les persécutions dont les Juifs avaient fait l’objet en Pologne entre 1939 et 1945. Nina ne peut oublier que pendant 15 ans, le passeport Nansen délivré par l’OIR, organisation internationale de réfugiés, a été le seul document qui leur donnait « une existence légale ». Elle est convaincue que « l’image de la France dans le monde dépend aussi du droit asile ». Aussi, a- t elle déploré qu’aucun ministre ne soit venu pour commémorer les 60 ans de l’Ofpra au Centre d’accueil de la presse étrangère ce mardi 25 septembre à Paris.

    "Au sommet des institutions des droits de l’homme"

    Des témoignages, les uns aussi poignants que les autres se sont succédés au Cape, dévoilant à la fois la noblesse et la complexité de la mission de l’Ofpra. Pour Miguel Angel Estrella, ancien réfugié argentin, actuellement ambassadeur de son pays à l’Unesco, l’Ofpra devrait « être classé au sommet des institutions de droits de l’homme ». Grâce à l’Ofpra, dit-il « je suis encore en vie ». Et de raconter comment il est arrivé en France en 1980, avec plein de séquelles de torture, après avoir échappé à ses bourreaux. Allusion ainsi faite à l’implacable dictature instaurée en Argentine à partir des années1976, avec son cortège d’enlèvements et de disparitions. Passionné de musique, c’est dans ce domaine qu’il poursuit sa lutte pour la promotion des droits humains. Reconnu comme un des plus prestigieux pianistes argentins, Estrella a crée la fondation Musique Espérance dont l’Orchestre pour la paix réunit jeunes arabes et israéliens. Ils ont donné des concerts en France et au Luxembourg afin de promouvoir les idéaux de l’Unesco. En 2000, Estrella a reçu le prix Nansen et le prix de Nations–unies pour les trois Amériques.

    Les parcours exceptionnels révélés dans ce livre, sans être exhaustifs, ne devrait cependant pas occulter les problèmes et la stigmatisation dont sont parfois victimes les réfugiés. Surtout en ce temps de crise économique et financière où les migrants passent pour de bouc émissaires que certains politiques tentent de sacrifier sur l’autel de l’austérité en Europe.

    A ce propos, Jean Gaermink, président du Conseil d’administration de l’Ofpra affirme que depuis des années, l’Ofpra se bat pour emmener l’administration publique à faire la différence entre réfugiés et immigrés. « La logique de protection ne devrait pas être celle appliquée à tous les étrangers » pense t’il.

    La confusion vient souvent du fait que les demandeurs d’asile, même s’ils n’obtiennent pas systématiquement le droit d’asile, bénéficient d’une protection de l’Ofpra le temps de l’examen de leur demande.

     

    Qu’à cela ne tienne, M. Gaermink compare le travail de l’Ofpra à celui d’un sismographe qui mesure toutes le tensions de la planète, lesquelles se traduisent par les demandes d’asile et leur flux de provenance. En 2012, la République démocratique du Congo est le premier pays de provenance des demandeurs d’asile. Situation qui s’explique autant par la crise post électorale de fin 2011 et la résurgence des mouvements insurrectionnels à l’Est . Les taux d’admission les plus élevés concernent les Maliens avec la situation de chaos et d’occupation du nord de ce pays sahélien par des groupes islamistes.
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