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  • François Hollande : le premier jour du reste de sa vie !

    François Hollande : le premier jour du reste de sa vie !

    Agir comme un chef d'État tout en ne l'étant pas encore : François Hollande a effectué lundi dernier ses premiers pas de président élu, mais pas désigné. Objectif du jour et de ceux qui vont suivre : préparer discrètement la transition en évitant toute fausse note qui entacherait le début du quinquennat.

    59, Avenue de Ségur (PARIS VIIe), Lundi 7 mai 2012. François Hollande a passé la journée dans son QG de campagne — devenu le « QG de transition » —, recevant la visite (de haut en bas et de gauche à droite) de ses proches, comme sa compagne et son fils, des ambassadeurs des États-Unis et de Chine et de ténors du PS.

    Les émissaires entrent en action. Après avoir passé sa première nuit « présidentielle » dans son appartement du XVe arrondissement, Hollande arrive vers 9 h 30 à son QG de campagne, qu’il a loué jusqu'à fin mai. Dehors, les CRS veillent. Au deuxième étage de l'immeuble, la transition se prépare dans son bureau. Deux hommes clés agissent en coulisse : Pierre Moscovici, son directeur de campagne, et Xavier Musca, le secrétaire général de l'Elysée.

    Les deux énarques se connaissent depuis trente ans. « Les contacts ont été courtois », explique Moscovici, qui s’entretient plusieurs fois avec son interlocuteur. Au menu des échanges téléphoniques, la passation de pouvoir. Ce sera le 15 mai. Et les cérémonies de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, auxquelles Sarkozy a invité Hollande. Les deux hommes déposeront-ils ensemble une gerbe aujourd'hui à 11 heures ?

    Francois Hollande salue par avance « une belle image » pour « la réconciliation ». Pour les détails protocolaires, Nacer Meddah, le secrétaire général de la campagne, est « en liaison étroite » avec Christian Frémont, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy.

    Travail et… steaks-frites. Le nouveau président s'enferme avec sa « cellule présidentielle » pour un déjeuner de travail. Le futur secrétaire général de l'Elysée n'étant pas officiellement désigné, les cadres de sa campagne assurent la préparation de la semaine : outre Moscovici, Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Aquilino Morelle et Faouzi Lamdaoui sont là. « Aujourd'hui, c'est le travail, même s'il n'y a pas eu de transmission du pouvoir, explique Hollande. J'ai dit que j'étais prêt. Maintenant, je dois l'être complètement. » Il confie à Morelle la préparation du discours pour son investiture.

    La petite équipe passe au peigne fin les prochains rendez-vous. Vendredi ou samedi, le nouveau président fera ses adieux à la Corrèze en réglant les problèmes de succession au conseil général, qu'il dirige depuis mars 2008, et dans la circonscription de Tulle, dont il est toujours le député. L’idée d’organiser un événement symbolique pour célébrer les 31 ans de l’élection de François Mitterrand, le 10 mai, est évoquée. Mais aucune décision n'est prise. La cellule se quitte après s'être fait livrer… des steaks-frites d'une brasserie voisine. Président « normal » ? Hier, l’image de François Hollande prenant un jet privé le 6 mai, au soir de sa victoire, entre Brive et Paris pour faire 450 kilomètres, suscitait un début de polémique.

    Ballet diplomatique et politique. L'essentiel de l'après-midi est consacré aux dossiers internationaux, avec ses conseillers diplomatiques Pascal Brice et Maurice Braud. Depuis son élection dimanche soir, « une longue liste de contacts et de rendez-vous » a été prise, selon Moscovici, qui égrène un par un les messages venus des présidents algérien, polonais… Une découverte pour François Hollande, peu habitué aux rouages de la politique internationale.

    Dans l'après-midi, il s'entretient en anglais avec Jacob Zuma, le président sud-africain, avec Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien et aussi avec Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne. Les ambassadeurs chinois et américains, Kong Quan et Charles Rivkin, sont reçus au deuxième étage. « La terre entière défile… » confie un proche.

    Officiellement, le temps des nominations au gouvernement n'est pas encore venu. Mais cela n'empêche pas quelques ministrables et d’autres responsables socialistes, comme Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, de passer une tête au QG.

    Conclusion d'un conseiller du président : « Le jeu de chaises musicales a commencé… » Quittant les lieux vers 20 heures, Hollande s'engage : « Le 15 mai, vous aurez le nom du Premier ministre. »
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