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  • Royal snobée par Hollande à New York : 1 homme, 2 femmes, 3 questions gênantes

    Royal snobée par Hollande à New York : 1 homme, 2 femmes, 3 questions gênantes

    Ceux qui pensaient s'ennuyer avec la présidence "normale" de François Hollande ne doivent pas être déçus. Dernier épisode : le président a évité, pas très discrètement, Ségolène Royal, qui était elle aussi, comme par hasard, à New York. Un épisode néfaste à tous points de vue. Décryptage avec Philippe Moreau-Chevrolet, consultant en communication.

    Ségolène Royal se retrouve comme par hasard à l'ONU à New York, en même temps que François Hollande


    Hollande esquive Royal à l'ONU par BFMTV Doit-elle se retirer de la vie politique ? Cette question revient en boomerang vers Ségolène Royal, qui confiait vendredi matin au Figaro son "exaspération". Une exaspération qui vise directement le président de la République. L'affaire est simple. Ségolène Royal n'a pas accepté que, la veille, François Hollande l'ait ignorée dans les couloirs de l'ONU.

    Ségolène Royal était à New York. Officiellement, elle assistait à une réunion de l'Internationale socialiste, dont elle est vice-présidente. Elle s'est positionnée stratégiquement sur le parcours du chef de l'Etat. Les caméras de télévision étaient présentes. François Hollande est arrivé, a senti le piège et a rebroussé chemin.

    Hollande esquive Royal à lONU par BFMTV

    Un épisode banal. Ségolène Royal aurait pu en rester là. Mais, comme à son habitude, elle a décidé de contre-attaquer sur le terrain médiatique. Elle a choisi "Le Figaro". L'article du Figaro est très court. Presque un tweet.

    "A présidence normale, relations normales", déclare Ségolène Royal, avant d'ajouter : "Ça suffit, si ça avait été Martine Aubry ou Harlem Désir, il serait venu les saluer".

    "Pour la candidate à la présidence de 2007, précise le quotidien, cette gêne perceptible [entre François Hollande et elle] "brouille leur message respectif, à l'un comme à l'autre". "A l'un, comme à l'autre" : on constate que Ségolène Royal se place sur le même plan que le chef de l'Etat.

    Cet épisode, en apparence dérisoire, pose plusieurs questions importantes.

    1. L'autorité et l'image de François Hollande en question

    C'est la deuxième fois que le chef de l'Etat est attaqué par l'une de ses proches. Une attaque violente - "ça suffit". Une attaque publique, qui met en cause son autorité et ses choix.

    Ce nouveau dérapage montre à quel point l'affaire du tweet de Valérie Trierweiler a été mal gérée. Il aurait fallu taper du poing sur la table, tout de suite. Lorsque François Hollande est intervenu à la télévision pour recadrer les choses, il était déjà trop tard. Un précédent était créé.

    Au-delà de la question de l'autorité, il y a un problème de tempo dans la communication présidentielle. En 2012, dès qu'une crise survient, il faut réagir. Après, il est trop tard. C'est valable pour le chef de l'Etat, comme pour n'importe quel homme politique ou chef d'entreprise aujourd'hui.

    2. Mettre fin à l'affrontement Royal-Trierweiler

    La socialiste se pose dans "Le Figaro" comme l'égale du chef de l'Etat. Elle se compare à Harlem Désir ou à Martine Aubry. Mais quelle est sa légitimité pour le faire ? En réalité, elle n'en a aucune. Thomas Hollande avait bien conscience du problème quand il souhaitait, à haute voix, que sa mère devienne ministre.

    Dans ces conditions, pourquoi Ségolène Royal se sent-elle aussi libre de s'exprimer ? Là aussi, l'Elysée paye une absence de choix. Il faut trancher la question du statut de Valérie Trierweiler. Affirmer qu'il existe une Première dame - et une seule. Il faut lui conférer un statut officiel. Avec des droits et des devoirs. En résumé, il est urgent de clarifier les choses.

    A l'heure où les émissions politiques tournent au déballage intime - comme on l'a vu sur le plateau de "Des Paroles et Des Actes" sur France 2 jeudi soir, où le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a été pris à partie sur sa "timidité" -, il n'est plus possible de conserver cette ambiguïté. C'est un trop grand risque

    Dans l'affrontement entre Ségolène Royal et Valérie Trierweiler, nous ne sommes plus dans la sphère privée. L'image du chef de l'Etat est mise en cause. C'est donc une affaire publique, qui appelle des décisions publiques.

    Pourquoi ne pas voter une loi sur le statut de la Première dame ? Valérie Trierweiler bénéficie d'un bureau et d'un staff à l'Elysée. Dont acte. Officialisons cette situation. Rappelons-lui les devoirs attachés à sa charge. Et aussi les droits, dont celui au respect de sa position, qui vaudra pour tout le monde.

    3. Accepter la pipolisation

    Enfin, nous devons tous intégrer dans notre logiciel que depuis 2007, les personnalités politiques s'émancipent des appareils.

    En clair, on assiste à la montée en puissance de personnalités politiques, comme François Bayrou, Ségolène Royal, Rama Yade, Olivier Besancenot et pour l'instant Valérie Trierweiler, dont la principale légitimité est médiatique. Ce sont des "people" de la politique. Des électrons libres. Ils misent tout sur les médias. Sur les "coups". Ils gèrent leur carrière dans la presse ou sur les plateaux de télévision. Ils sont incontrôlables. Et ils caressent, pour certains, l'espoir démesuré de conquérir le pouvoir... en solitaire.

     

    La République 2.0 est arrivée. Pour le meilleur et pour le pire.
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