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1974

  • Souvenirs: James Brown à Kinshasa en 1974, le roi de la soul a marqué de son empreinte la musique africaine

    Souvenirs: James Brown à Kinshasa en 1974, le roi de la soul a marqué de son empreinte la musique africaine

    Zaïre 1974, à Kinshasa, se prépare l’un des plus grands matchs de boxe de l’histoire… Muhammad Ali est ici pour remporter le titre de Champion du Monde face à George Foreman. Quelques semaines auparavant aura lieu un autre événement. Un festival de musique réunissant des pointures de la scène Zaïroise et une flopée de stars afro-américaines... Le Rn’B, la Soul et le Blues vont se jouer trois soirs de suite dans le stade de Kinshasa dans lequel James Brown, The Spinners, Bill Withers, B.B King et bien d’autres vont se rencontrer.

    Kinshasa, en 1974, Don King, Bénoît Lukunku Sampu, James Brown et deux Miss congolaises. Photo Réveil FM International, archives

    En 1974, un événement sans précédent voit le jour au Zaïre, dans le gigantesque stade de Kinshasa... Il s’agit de Zaïre 74’, un festival de musique afro-soul, précédant le match Muhammad Ali-George Foreman, qu’une équipe de tournage s’est chargée de couvrir durant plusieurs jours. Entre préparatifs, performances scéniques, entretiens officiels avec les artistes, images volées et reportage sur le terrain, le film a aujourd’hui été monté à partir des images tournées par le réalisateur de When We Were Kings, Leon Gast et ses nombreux cadreurs qui suivaient à cette époque le boxeur Muhammad Ali dans ses moindres déplacements. Le chef monteur Jeffrey Levy-Hinte s’est donc emparé de toutes les images d’archives rangées au placard lors du montage final de When We Were Kings pour nous offrir enfin ce petit joyau inattendu et sorti de nulle part... Soul Power est un pur concentré de musique africaine et afro-américaine qui nous fait vivre l’effet inverse d’un exorcisme : faire entrer le démon de la Soul en nous !

    Kinshasa, James Brown se mesurant à Mohamed Ali en 1974. Photo Réveil FM International, archives

     

    Les férus de soul et de musique en générale vont jubiler... Zaïre ‘74 a enfin son film ! 35 ans après l’un des événements musicaux les plus bouleversants d’Afrique, Jeffrey Levy-Hinte, chef monteur sur le film de Leon Gast, When We Were Kings, s’est enfin décidé à vider les caves du studio où les kilomètres de pellicule s’accumulaient et prenaient la poussière. Car, des heures de rushs, le réalisateur et monteur a dû en visionner avant de pouvoir nous offrir ce doc d’1h30 dont la construction, somme toute assez classique, nous permet d’appréhender les préparatifs du festival, les difficultés rencontrées et ainsi apprécier pleinement le spectacle quand les lumières s’éteignent... Démarrant son film en se tournant principalement vers la figure symbolique et puissante de Muhammad Ali, le cinéaste introduit ainsi toute la dimension politique du festival qui appelle à un retour aux sources afin de légitimer le pouvoir des noirs face aux blancs. Le boxeur, fortement influencé par ce mouvement politique, le Black Power, nous offre durant tout le film diverses interventions, prenant parfois les allures d’une fine diatribe et ponctue de sa présence le métrage qui, doucement mais sûrement, se dirige alors vers le simple spectacle musical, à mi-chemin entre le documentaire sur ce fameux "retour aux sources" et le concert filmé.

    Car au final, les intentions politiques s’effacent et cette volonté (répétée par tous) de se rendre sur les terres "natales" ne possède pas l’ampleur que l’on cherche à nous démontrer... Les échanges entre les chanteurs afro-américains et les les locaux étant très limitées ! Et pour ce qui est de la prise de conscience de Muhammad Ali lors de son séjour en Afrique, il faudra se tourner vers le doc sus-nommé ou le film Ali de Michael Mann dans lequel nous retrouvons cet événement parfaitement remis en scène... Au bout de quarante minutes de préparations, de conversations filmées entre les organisateurs et régisseurs et autres déjeuners impromptus où Bill Withers déjeune torse nu aux cotés de Cassius Clay, le concert démarre sur les chapeaux de roue.

    James Brown au Stade Tata Raphaël (ex-20 mai). Photo Réveil FM, archives

    Ce sont tout d’abord les Spinners qui entrent en scène, le groupe de Detroit formé sous le label Tri-Phi et ayant explosé sous la bannière Motown avant de finalement rejoindre l’écurie Atlantic, et mettent le feu... A cinq, habillés de leurs ensembles bleus et blancs à paillettes, ils annoncent la couleur, le son soul de l’Amérique des années 1970 où les percussions et les cuivres épousent parfaitement les voix noires des gros labels. Puis B.B King nous offre un morceau de blues d’anthologie, Bill Withers nous fait chialer sur l’une de ses ballades dont il a le secret, puis les artistes Zaïrois viennent également mettre leur grain de sel... On retiendra, entre autres, la prestation spectaculaire de Miriam Makeba chantant dans sa langue natale. Puis les percussions... chair de poule assurée... Celia Cruz... délirante envie de danser... et enfin James Brown en clou du spectacle, The God of Soul, qui vient nous faire son grand écart et nous offrir, là, comme ça, sans réfléchir, un petit instant de bonheur sur pellicule.

    Soul Power est un documentaire qui force le respect et dont les images, d’une rare puissance, nous transportent en plein cœur des rues de Kinshasa dans une ambiance festive et enflammée.Trois jours durant, la capitale a vécu au rythme de la musique noire, celle du continent et celle d’Outre-Atlantique, qui n’aurait jamais pu voir le jour sans ces racines auxquelles les artistes ici présents tentent de rendre hommage. On rit, on pleure, on s’extasie, on sue, on tape des pied... bref on nourrit notre âme au son d’une musique qui en est le reflet...

    Quelques anecdotes !

    A Kinshasa James Brown et les jb's arrivent confiants persuadés d impressionner les africains par leur morceaux déjà très novateurs sur le plan musical et rythmique. c 'est alors que l' orchestre entend des musiciens congolais jouer uniquement sur des djembé et des balafong une rythmique qui leur parait à l'époque incompréhensible James Brown décide de payer ces musiciens pour leur apprendre les rythmiques africaines et il en ressort le funky drummer morceau mythique.

    Sur le plan technique le funky drummer a une base africaine mais a été stylisé et conçu pour être joué sur une batterie pour être plus précis un funky drummer est une espèce de "biguine inversée" ( c' est simpliste mais a peu près dans cet esprit) en effet si on inverse les caisses claires (qui sont des sons aigus sur une batterie) et les grosses caisse ( sons graves) dans la mélodie rythmique du funky drummer, on obtient une biguine . James Brown a révolutionné la musique et la manière de la faire.

     

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  • Super star au Zaïre de Mobutu, Kinshasa sèche les obsèques de Mohamed Ali ! Par ignorance de l'histoire de la RDC ?

    Super star au Zaïre de Mobutu, Kinshasa sèche les obsèques de Mohamed Ali ! Par ignorance de l'histoire de la RDC ?

    Aucune autorité congolaise ne représentait hier la République démocratique du Congo aux obsèques de Mohamed Ali dans sa ville natale de Louisville dans le Kentucky (Etats-Unis). Personne pour honorer au nom de la République démocratique du Congo, le grand champion de boxe, dernière grande figure de la lutte pour les droits civiques et contre les discriminations. On n'efface pas l'histoire d'un pays ! Même au pays de Lumumba où on change de nom, au gré des libérateurs autoproclamés qui n'en sont pas, le Zaïre, c'est la République démocratique du Congo. Ignorer cette évidence, c'est être ignare et nullard, les deux à la fois. Il est invraisemblable que les imposteurs qui sévissent en toute impunité en République démocratique du Congo, vocifèrent contre le conclave de l'opposition derrière Etienne Tshisekedi à Bruxelles et ne prennent même pas la peine d'envoyer quelqu'un aux obsèques de Mohamed Ali. Quelle bourde ! C'est très facile de vouloir s'incruster sans légitimité dans un fauteuil présidentiel même sans avoir des capacités et étaler au monde, ses insuffisances. Avec son décès, les médias du monde entier ont rappelé le combat Ali-Foreman à Kinshasa en 1974. Kinshasa avec ses imposteurs-ignares a séché les obsèques de Mohamed Ali.

    Pour vous rafraîchir la mémoire, nous vous proposons l'article de notre confrère français Nicolas Bamba dans Slate Afrique:"Le jour où Mohamed Ali est entré dans la légende à Kinshasa" !

    Et au huitième, Ali se lâche et envoie Foreman au tapis.

    Le 30 octobre 1974, s’est tenu au Congo-Kinshasa, le plus grand combat de boxe anglaise de l'histoire: George Foreman contre Mohamed Ali. Les Kinois s'en souviennent comme si c'était hier. s combats d’anthologie, le grand livre de la boxe anglaise en regorge: Louis-Schmeling, Hagler-Hearns, Berbick-Tyson... Quelques affiches majeures dans l’histoire du noble art. Mais tous les superlatifs du monde paraissent insuffisants pour qualifier l’affrontement du 30 octobre 1974 à Kinshasa, capitale du Zaïre (aujourd’hui RDC).

    A une époque dorée de l’histoire des poids lourds, deux immenses boxeurs venus d’Amérique se sont livrés une bataille mémorable en Afrique centrale. D’un côté, George Foreman, l’incontestable champion du monde, véritable machine à KO. De l’autre, le challenger Mohamed Ali, ancien maître de la catégorie. Un duel nommé The Rumble in the jungle (Le combat dans la jungle) et qui est considéré comme le plus illustre des combats de l’histoire de la boxe. Et si, malgré les années, ce Foreman-Ali n’a rien perdu de sa superbe, c’est parce qu’il ne s’agissait pas que de sport.

    Deux boxeurs remarquables, un décor exceptionnel et une énorme dimension politique et surtout symbolique: de ses prémices à son épilogue, ce combat est hors du commun. Septembre 1971: un Afro-Américain de 40 ans sort de prison après plus de trois années derrière les barreaux pour homicide. Il s’appelle Donald «Don» King, ancien bookmaker proche des milieux mafieux. Personnage excentrique à la coiffure insolite et au passé sulfureux, King veut faire fortune et devenir quelqu’un d’influent. Pour y parvenir, il se tourne vers un nouveau business: la boxe, hors ring. Grâce à ses relations, King s’introduit dans l’univers des promoteurs du noble art et parvient rapidement à nouer contact avec le plus célèbre des boxeurs de la dernière décennie: Mohamed Ali, figure idéale pour assouvir ses ambitions.

    Prônant l’unité afro-américaine, il parvient à organiser un match d’exhibition avec Ali au profit d’un hôpital de Cleveland, sa ville natale.

    Début 1974, King veut frapper un grand coup en organisant le plus grand des championnats du monde entre le nouveau champion des lourds, George Foreman, et Mohamed Ali, son prédécesseur désireux de retrouver le trône.

    Le promoteur obtient l’accord des deux hommes contre la promesse d'un cachet de cinq millions de dollars chacun. Reste alors un défi de taille: trouver les finances, car King n’a pas un sou.

    Ayant des difficultés à trouver les fonds nécessaires, Don King élabore un stratagème audacieux: associer un pays à cette rencontre. L’Angleterre semble intéressée un temps, mais c’est finalement un autre Etat qui rafle la mise: le Zaïre, ancienne colonie belge.

    Son président, Mobutu Sese Seko (chef de l'Etat de 1965 à 1997), accepte de prendre en charge l’intégralité des dépenses. Il voit en ce combat l’occasion de promouvoir sa patrie, d’accentuer le culte de sa propre personnalité et de présenter le continent africain sous un jour flatteur aux yeux du monde.

    L’affaire est conclue: ce combat aura lieu dans la capitale Kinshasa, le 25 septembre 1974.

    Octobre 1974, dans une rue de Kinshasa

    Dans les rues de Kinshasa, Ali redécouvre brutalement sa notoriété et réalise qu’il a participé, d’une certaine manière, à… changer le monde en refusant d’aller se battre au Vietnam. « Ali boumayé » (« Ali, tue-le »), hurle-t-on lorsque l’on croise sa grande silhouette.

    Pour King, la réussite est totale. Il nomme ce Foreman-Ali The Rumble in the jungle et parvient à organiser, en marge du combat, le Zaïre 74: un festival de musique sur trois jours, réunissant des artistes comme James Brown, BB King, Manu Dibango ou The Spinners. L’évènement à venir ne manque pas de singularité: il compte comme principal protagoniste Mohamed Ali, représentant emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. La signature de l’affiche du combat est, elle, sans équivoque:

    «Un cadeau du président Mobutu au peuple zaïrois et un honneur pour l’homme noir.»

    Foreman, monstre de puissance. Dix ans après être devenu champion du monde face à Sonny Liston, Mohamed Ali n’a rien perdu de son aura ni de son exubérance. Ses titres, en revanche, se sont envolés. En 1967, The Greatest s’est vu déchu de ses ceintures et de sa licence de boxeur par un tribunal de Houston, à la suite de son opposition au conflit entre les Etats-Unis et le Vietnam. Depuis son retour en 1970, le natif de Louisville n’aspire qu’à une chose: redevenir champion du monde. Mais sa suprématie n’est plus. En 1971, il connaît la première défaite de sa carrière face à son futur grand rival: le champion du monde Joe Frazier. En 1973, il s’incline à nouveau face à Ken Norton, ce dernier lui brisant la mâchoire.

    Même s’il prend sa revanche contre ces deux hommes —non sans difficultés—, Ali (32 ans) semble sur le déclin, et un retour au sommet paraît improbable. A fortiori parce qu’un phénomène s’est emparé du titre de Frazier: George Foreman (25 ans). Avec son punch ravageur, il a écrasé en quelques instants Frazier, puis Norton, avec de violents KO. Invaincu en 40 combats (dont 37 KO), Foreman, sous l’insistance de Don King, consent à affronter Ali pour asseoir définitivement sa domination sur la catégorie reine. Sûr de sa force, il débarque à Kinshasa avec confiance. Comme son challenger, fidèle à sa goguenardise. Ali superstar au Zaïre, Mohamed Ali remporte le match de la popularité. Sa réputation a traversé l’Atlantique et ses convictions personnelles (notamment son opposition à la guerre au Vietnam) en ont fait le favori des Zaïrois.

    Mandungu Bula Nyati, le président Mobutu entouré par ses gardes du corps.

    A chacune de ses apparitions, les habitants de Kinshasa l’encouragent en scandant:

    «Ali, boma ye!» (Ali, tue-le!, en lingala, la langue la plus parlée à Kinshasa.)

    Pour sa première visite sur le continent africain, le protégé du coach Angelo Dundee est comblé. Profondément attaché à ses racines africaines, il se sent chez lui, soutenu par une ferveur qu’il n’a jamais connu au pays de l’Oncle Sam. George Foreman, au contraire, est mal perçu par un peuple qui ne le connaît pas… et le croit même blanc jusqu’à son arrivée! De plus, le Texan commet une bourde en sortant de l’avion avec Daggo, son berger allemand. Pour les Zaïrois, ce compagnon à quatre pattes rappelle l’époque où les policiers belges usaient de chiens de la même race pour maintenir l’ordre.

    Ali va adopter une étonnante stratégie pour vaincre en encaissant pendant sept rounds les coups rageurs de son adversaire jusqu’à ce que la « momie » s’épuise.

    L’agacement gagne «Big George» qui ne comprend pas son impopularité, d’autant plus qu’il est «plus noir qu’Ali», comme il le souligne. Malgré lui, Foreman symbolise l’Amérique lointaine et quelque peu hautaine, à l’inverse d’Ali. Déjà, lors de son sacre olympique aux Jeux de Mexico en 1968, son drapeau américain exhibé avait déplu à la communauté noire, plus sensible aux poings gantés et levés des sprinters Tommie Smith et John Carlos. Peu avant le 25 septembre, Foreman se blesse à l’arcade au cours d’un entraînement. Mal à l’aise, il songe à rentrer aux Etats-Unis, mais face à l’insistance de Mobutu et aux provocations de son adversaire, il accepte de rester; le combat est reporté au 30 octobre 1974, le temps pour son arcade de se refermer. «C’est tout? Plus fort, George! Tu cognes comme une fillette!», Malgré toute la confiance affichée par Mohamed Ali, personne n’imagine le challenger vainqueur. George Foreman est plus jeune, et l’impression de puissance qu’il dégage fait même craindre pour la santé de son adversaire.

    L’entourage d’Ali est circonspect: son style habituel, à savoir virevolter sur le ring (d’où l’expression «Vole comme le papillon, pique comme l’abeille»), est voué à l’échec. Foreman peut-il vraiment vaciller?

    La nuit du combat arrive et le stade du 20 mai est comble. Il est pourtant 4 heures du matin à Kinshasa, un horaire permettant à la télévision américaine de diffuser la rencontre à 22h00. Plus de 80.000 personnes garnissent les tribunes. Mais pas Mobutu, qui craint pour sa sécurité. Ça y est, George Foreman et Mohamed Ali vont en découdre. En bon showman, Ali invective son adversaire dès qu’il entre dans l’arène. Et quand le gong de départ sonne, il parvient à décrocher quelques coups secs qui énervent Foreman. Le match prend alors une tournure étonnante: loin de danser sur le ring, Ali s’enferme dans les cordes, serre sa garde, et laisse le champion du monde déchaîner ses poings. Pendant de longues minutes, Foreman martèle Ali, secoué de toutes parts. Mais ce dernier s’accroche et résiste. Les rounds défilent; une surprise, car Foreman a remporté ses huit derniers combats en moins de 2 reprises. Son punch ne parvient pas à briser Ali. Au contraire, le challenger multiplie les provocations en glissant à l’oreille du champion:

    «Alors, c’est tout? On m’avait dit que t’étais un cogneur? Plus fort, George! T’as rien dans les bras! Tu cognes comme une fillette, George!»

    A force de frapper, Foreman s’épuise. Couvert de sueur, à bout de souffle, il fatigue dans le 5e round. Sa force dévastatrice a nettement diminué. Le plan qu’Ali avait élaboré en secret a fonctionné. Il n’a plus qu’à piquer, comme il sait si bien le faire. Il y parvient à la fin de la 8e reprise: sur une série de coups portés au visage du champion, Mohamed Ali envoie George Foreman au tapis. Pour la première fois, le champion du monde est à terre. L’arbitre Zach Clayton le compte, alors qu’il essaye de se relever. Il y parvient, mais une seconde trop tard: KO debout, George Foreman perd ses titres WBA et WBC au profit de Mohamed Ali.

    Pendant un entraînement, avant le match.

    Le tonnerre gronde dans le ciel et la pluie s’abat sur le stade du 20 mai, comme pour accueillir le retour du roi Ali au sommet du monde. The Greatest a livré un match tactiquement parfait, déjouant tous les pronostics. Bras levés face à une foule qui scande son nom, Mohamed Ali devient le deuxième poids lourd à reconquérir son titre depuis Floyd Patterson.

     

     

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  • Souvenir, souvenir: James Brown à Kinshasa en 1974, le roi de la soul a marqué de son empreinte la musique africaine

    Souvenir, souvenir: James Brown à Kinshasa en 1974, le roi de la soul a marqué de son empreinte la musique africaine

    Zaïre 1974, à Kinshasa, se prepare l’un des plus grands matchs de boxe de l’histoire… Muhammad Ali est ici pour remporter le titre de Champion du Monde face à George Foreman. Quelques semaines auparavant aura lieu un autre événement. Un festival de musique réunissant des pointures de la scène Zaïroise et une floppée de stars afro-américaines... Le Rn’B, la Soul et le Blues vont se jouer trois soirs de suite dans le stade de Kinshasa dans lequel James Brown, The Spinners, Bill Withers, B.B King et bien d’autres vont se rencontrer.

    Kinshasa, en 1974, Don King, Bénoît Lukunku Sampu, James Brown et deux Miss congolaises. Photo Réveil FM, archives

    En 1974, un évènement sans précédent voit le jour au Zaïre, dans le gigantesque stade de Kinshasa... Il s’agit de Zaïre 74’, un festival de musique afro-soul, précédant le match Muhammad Ali-George Foreman, qu’une équipe de tournage s’est chargée de couvrir durant plusieurs jours. Entre préparatifs, performances scéniques, entretiens officiels avec les artistes, images volées et reportage sur le terrain, le film a aujourd’hui été monté à partir des images tournées par le réalisateur de When We Were Kings, Leon Gast et ses nombreux cadreurs qui suivaient à cette époque le boxeur Muhammad Ali dans ses moindres déplacements. Le chef monteur Jeffrey Levy-Hinte s’est donc emparé de toutes les images d’archives rangées au placard lors du montage final de When We Were Kings pour nous offrir enfin ce petit joyau inattendu et sorti de nulle part... Soul Power est un pur concentré de musique africaine et afro-américaine qui nous fait vivre l’effet inverse d’un exorcisme : faire entrer le démon de la Soul en nous !

    Kinshasa, James Brown se mésurant à Mohamed Ali en 1974. Photo Réveil FM, archives

    Les férus de soul et de musique en générale vont jubiler... Zaïre ‘74 a enfin son film ! 35 ans après l’un des événements musicaux les plus bouleversants d’Afrique, Jeffrey Levy-Hinte, chef monteur sur le film de Leon Gast, When We Were Kings, s’est enfin décidé à vider les caves du studio où les kilomètres de pellicule s’accumulaient et prenaient la poussière. Car, des heures de rushs, le réalisateur et monteur a dû en visionner avant de pouvoir nous offrir ce doc d’1h30 dont la construction, somme toute assez classique, nous permet d’appréhender les préparatifs du festival, les difficultés rencontrées et ainsi apprécier pleinement le spectacle quand les lumières s’éteignent... Démarrant son film en se tournant principalement vers la figure symbolique et puissante de Muhammad Ali, le cinéaste introduit ainsi toute la dimension politique du festival qui appelle à un retour aux sources afin de légitimer le pouvoir des noirs face aux blancs. Le boxeur, fortement influencé par ce mouvement politique, le Black Power, nous offre durant tout le film diverses interventions, prenant parfois les allures d’une fine diatribe et ponctue de sa présence le métrage qui, doucement mais sûrement, se dirige alors vers le simple spectacle musical, à mi-chemin entre le documentaire sur ce fameux "retour aux sources" et le concert filmé.

    Car au final, les intentions politiques s’effacent et cette volonté (répétée par tous) de se rendre sur les terres "natales" ne possède pas l’ampleur que l’on cherche à nous démontrer... Les échanges entre les chanteurs afro-américains et les les locaux étant très limitées ! Et pour ce qui est de la prise de conscience de Muhammad Ali lors de son séjour en Afrique, il faudra se tourner vers le doc sus-nommé ou le film Ali de Michael Mann dans lequel nous retrouvons cet événement parfaitement remis en scène... Au bout de quarante minutes de préparations, de conversations filmées entre les organisateurs et régisseurs et autres déjeuners impromptus où Bill Withers déjeune torse nu aux cotés de Cassius Clay, le concert démarre sur les chapeaux de roue.

    James Brown au Stade Tata Raphaël (ex-20 mai). Photo Réveil FM, archives

    Ce sont tout d’abord les Spinners qui entrent en scène, le groupe de Detroit formé sous le label Tri-Phi et ayant explosé sous la bannière Motown avant de finalement rejoindre l’écurie Atlantic, et mettent le feu... A cinq, habillés de leurs ensembles bleus et blancs à paillettes, ils annoncent la couleur, le son soul de l’Amérique des années 1970 où les percussions et les cuivres épousent parfaitement les voix noires des gros labels. Puis B.B King nous offre un morceau de blues d’anthologie, Bill Withers nous fait chialer sur l’une de ses ballades dont il a le secret, puis les artistes Zaïrois viennent également mettre leur grain de sel... On retiendra, entre autres, la prestation spectaculaire de Miriam Makeba chantant dans sa langue natale. Puis les percussions... chair de poule assurée... Celia Cruz... délirante envie de danser... et enfin James Brown en clou du spectacle, The God of Soul, qui vient nous faire son grand écart et nous offrir, là, comme ça, sans réfléchir, un petit instant de bonheur sur pellicule.

    Soul Power est un documentaire qui force le respect et dont les images, d’une rare puissance, nous transportent en plein coeur des rues de Kinshasa dans une ambiance festive et enflammée.Trois jours durant, la capitale a vécu au rythme de la musique noire, celle du continent et celle d’Outre-Atlantique, qui n’aurait jamais pu voir le jour sans ces racines auxquelles les artistes ici présents tentent de rendre hommage. On rit, on pleure, on s’extasie, on sue, on tape des pied... bref on nourrit notre âme au son d’une musique qui en est le reflet...

    Quelques anedoctes !

    A kinshasa James Brown et les jb's arrivent confiants persuadés d impressionner les africains par leur morceaux déjà tres novateurs sur le plan musical et rythmique. c 'est alors que l' orchestre entend des musiciens congolais jouer uniquement sur des djembé et des balafong une rythmique qui leur parait à l epoque incomprehensible James Brown décide de payer ces musiciens pour leur apprendre les rythmiques africaines et il en ressort le funky drummer morceau mythique.

    Sur le plan technique le funky drummer a une base africaine mais a été stylisé et conçu pour être joué sur une batterie pour etre plus précis un funky drummer est une espèce de "biguine inversée" ( c' est simpliste mais a peu pres dans cet esprit) en effet si on iinverse les caisses claires (qui sont des sons aigus sur une batterie) et les grosses caisse ( sons graves) dans la melodie rythmique du funky drummer, on obtient une biguine . James Brown a revolutionné la musique et la maniere de la faire.

    James Brown n a pas seulement influencé les musiciens africains mais toute la planète entière ! Au niveau de la rythmique, c' est le seul avec Bob Marley qui ont amené une nouvelle façon de voir la musique en effet la musique aujourd hui est basée, pour tout ce qui est pop hip hop rnb et même le rock pour beaucoup de morceaux, sur une rythmique appelée "funky drummer" créé par James Brown et les jb's. Par contre l' inspiration de James Brown est africaine et il a d abord été largement inspiré par les musiciens africains.

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