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"l’affaire cahuzac offre un gilet pare-balles à montebourg"

  • "L’affaire Cahuzac offre un gilet pare-balles à Montebourg"

    "L’affaire Cahuzac offre un gilet pare-balles à Montebourg"

    Après les critiques d'Arnaud Montebourg sur la politique d’austérité du gouvernement, Jean-Marc Ayrault aurait demandé sa tête à François Hollande. Montebourg viré du gouvernement, un scénario plausible?

    Arnaud Montebourg, ministre du Redressement

    "Je n’ai pas aimé". Jean-Marc Ayrault s’est fait cinglant, vendredi matin sur RTL, alors qu’on l’interrogeait sur l'entretien accordé mardi dernier par Arnaud Montebourg au Monde. Le ministre du Redressement productif avait alors vertement critiqué la politique d'austérité européenne, réclamant un nouveau cap. Cet énième sortie conte la politique économique de gouvernement a agacé Jean-Marc Ayrault, au point qu'il aurait demandé sa tête à François Hollande, selon Le Parisien. Mais l'exécutif peut-il vraiment se passer d'Arnaud Montebourg? De simples recadrages suffiront-ils? Eléments de réponse.

    Montebourg, l'anti-Cahuzac

    Limoger Arnaud Montebourg du gouvernement, en ce moment, en pleine affaire Cahuzac, "semble tout bonnement impossible", assure d’emblée le politologue et docteur en droit public Laurent Dubois. "L’exécutif essaie aujourd’hui d’allumer un contre-feu au scandale Cahuzac avec la loi sur la moralisation de la vie politique. Un tel départ donnerait donc l’impression que le bateau tangue. Et inévitablement cela déboucherait sur une crise politique plus grave encore", explique-t-il à BFMTV.com.

    Puis, reste une question d’image. Après un scandale sur la finance, les exilés fiscaux et les banques, "Arnaud Montebourg, chantre de l’antimondialisation, fait figure d’anti-Cahuzac. Un symbole difficile à remercier en ce moment", ajoute Laurent Dubois. "L’affaire Cahuzac a donc offert à Arnaud Montebourg un gilet pare-balles", résume ainsi Laurent Dubois.

    Le virer - option déjà difficilement envisageable en temps normal - est devenu impossible avec l’affaire Cahuzac. Mercredi dernier, lors de sa conférence de presse, François Hollande a d’ailleurs tenté de minimiser les critiques du ministre du Redressement productif. Le chef de l’Etat s’est contenté d’assurer qu’il n’y avait pas de débat sur l’austérité. Un recadrage somme toute très limité.

    L'immunité du troisième homme de la primaire

    Mais après? Une fois l’affaire dissipée, le ministre pourra-t-il prendre autant de libertés? "Certes, Arnaud Montebourg ne s’est pas rendu indispensable - à ce jour son bilan reste faible - mais se séparer de lui serait politiquement très compliqué. Montebourg est, à lui seul, une caution", insiste le politologue.

    Durant la primaire socialiste, Arnaud Montebourg a gagné son brevet de chantre de la démondialisation, une politique également défendue par les (nombreux) électeurs du Front de gauche et d’Europe Ecologie-Les Verts. Puis il a obtenu un ministère, celui du Redressement productif, taillé sur mesure. Son combat pour la nationalisation de Florange lui a enfin apporté ses galons. "Le remercier reviendrait donc à envoyer le message suivant à l’opinion: le gouvernement renonce à toute alternative à la politique d’austérité", soutient encore Laurent Dubois. Arnaud Montbourg n’est donc pas un ministre que l’on peut remplacer par un autre. C’est là toute son immunité.

    Et Arnaud Montebourg sait en jouer. A l'époque de l'éventuelle nationalisation de l'usine Arcelor-Mittal à Florange, il était entré dans le bureau de François Hollande, en s’exclamant: "ce n’est pas le ministre de je-ne-sais-quoi qui te parle, mais le troisième homme de la primaire!"

    "De plus, viré du gouvernement, Montebourg ne manquerait pas de retrouver Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly, pour leur défilé du 5 mai pour une VIe République. Et là, ce serait extrêmement compliqué pour l’exécutif", analyse Laurent Dubois.

    Des libertés qui affaiblissent Hollande

    Arnaud Montebourg n’est pas pour autant un intouchable au gouvernement. Ces différentes sorties de route sur Florange, l’aéroport de Nantes ou encore la politique économique du gouvernement, "affaiblissent à chaque fois le président de la République", estime Laurent Dubois.

    D'autant que François Hollande apparaît comme un homme peu amène à faire respecter la discipline dans son gouvernement, un meneur qui manque d’autorité. Il est celui qui laisse dire.

    Dans ce sens, Arnaud Montebourg constitue un problème qu’il faudra régler à un moment ou un autre.
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