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  • Felix Ibara Ndeli, l'écrivain congolais-Brazzavillois répond aux questions de Réveil FM international

    Felix Ibara Ndeli, l'écrivain congolais-Brazzavillois répond aux questions de Réveil FM international

    Les occidentaux ont des montres et les africains ont le temps, dit-on. Écrire en Afrique, ce n'est pas une sinécure ! Pas facile non plus d'être écrivain en Afrique. La majorité des chefs d’État africains meurent sans avoir eu le temps d'écrire leurs mémoires. Lorsqu'un africain publie son ouvrage en France alors que lui même réside sur le continent chapeau-bas. Écrivain, député, universitaire, enseignant, Félix Ibara Ndeli, est président du groupe d'amitié Congo-Brésil à l'Assemblée Nationale de la République du Congo. Depuis Brazzaville, il a répondu aux questions de Réveil FM International concernant ses deux ouvrages: "Météore et Brésil: terre d'avenir".

    Felix Ibara Ndeli, un écrivain atypique !

     

    1.Réveil FM International: Avant d'aborder le fond de Brésil: terre d'avenir, votre ouvrage publié aux éditions Flammarion BPC, notre attention s'est focalisée sur Météore, cet autre livre publié par le même éditeur, qui révèle vos talents d'immense poète! En effet, en parcourant Météore, on est saisi par la profondeur du chant, on se sent emporter du monde physique vers le spirituel, du visible vers l'invisible. On plonge dans un cocktail d'émotions, de douleur, d'espérance, de colère, de désespoir, du paradoxe, de l'incompréhensible, de l'absurde, du bonheur fauché, que seul, l'auteur, vous Félix Ibara est en mesure de dégager la quintessence de cette élégie captivante, bouleversante, déstabilisante même, pour tout lecteur! Est-ce la grande douleur contenue consécutive à la disparition d'un proche, d'un être cher à savoir madame Edith Bongo Odimba, fille du président Denis Sassou-Nguesso, épouse du défunt président Omar Bongo, qui a constitué le facteur déclencheur de cette explosion poétique?

    Felix Ibara Ndeli :Je tiens d'abord à vous remercier, Madame, Monsieur les journalistes pour la pertinence de votre question d'essence très critique, qui relève plusieurs thématiques. Comme à travers celle-ci, je me sens très honoré, car elle me paraît synthétique et analytique.

    Laissez-moi vous dire qu'elle est d'une valeur académique indéniable. Je puis donc me sentir ravi, car elle fait preuve de votre degré d' érudition, en tant que lecteur averti. Je ne voudrais, pr conséquent, ne pas affirmer le contraire de votre observation, à savoir que la mort de Madame Edith-Lucie Bongo Ondimba a bel et bien été le facteur déclencheur de mon texte poétique, « Météore». Edith-Lucie ne symbolise-t-elle pas une icône, baptisée à bon escient « Météore» par son père, le président Denis Sassou Nguesso, ce jour-là le cœur meurtri?

    En effet, Madame, Monsieur, vous avez trouvé avec bonheur, je dirais savamment que mon œuvre est un cumul d'émotions, de douleur, serti de sentiments de colère, de désespoir, de paradoxe, mais aussi d'espérance. Car, l’espérance est la base d'un futur existentiel, que nul ne maîtrise, incapable de le définir. Encore une fois, la mort de Madame Edith-Lucie Bongo symbolise pour moi la naissance de ma poésie d'aspect humaniste.

    Et à travers votre question, se profilent différentes réponses. Je ne parlerai même pas de question, mais surtout d'une contribution de votre part, qui suggère un éclairage conséquent qui vient décoder mon œuvre. Je puis vous affirmer qu'à travers la quintessence de celle-ci, vous rejoignez l'écrivain-poète et critique littéraire Raphaël Misere-Kouka, qui a été fortement inspiré par mon œuvre « Météore », en confectionnant une étude, à mon avis, magistrale, car analytique et synthétique, à paraître dans un très proche avenir aux éditions L'Harmattan, intitulée: « Météore », la Genèse d'une parole poétique polysémique ». C'est cette polysémie qui resurgit de votre question.

    Madame Edith-Lucie Bongo: « Météore », la Genèse d'une parole poétique polysémique »

    2. Réveil FM International: Météore est, sans aucun doute, une œuvre qui n'appelle pas à l'indifférence! Comme titre de cette œuvre littéraire majeure, il est le résumé absolu du contenu de toutes ses pages d'expression écrite saisissante et originale! Au regard de ce triste événement survenu dans la famille du président Denis Sassou-Nguesso qui est à la base de votre inspiration, partagez- vous avec nous cet avis selon lequel la forte douleur intérieure ressentie par le président Sassou-Nguesso avait brisé la carapace du soldat à qui, selon les idées reçues, il est interdit de pleurer ni d'extérioriser les émotions, pour révéler un homme simple, un père désespéré par la perte de sa progéniture, impuissant face à l'inacceptable, lorsque, devant tout le monde, nous 'avions vu se fondre en larmes?

    Felix Ibara Ndeli : Une fois de plus, Madame, Monsieur, vous me surprenez à plus d'un titre. Car, votre question suggère déjà des éléments de réponse aisément décelables. Assurément, ce titre « Météore » résume parfaitement la somme de douleur intérieure d'un père bouleversé dans tout son être pluriel, tant charnel, spirituel que psychologique, qui est Denis Sassou-Nguessou. Mais aussi, par voie de conséquence directe ou indirecte, cette œuvre traduit la douleur du poète que je suis, et celle des deux peuples du Congo et du Gabon, bref, celle de tous les hommes au sens générique du terme, qui côtoient le président Sassou et ceux-là qui ont connu plus ou moins cette adorable étoile qu'est Edith-Lucie Bongo-Ondimba. Ainsi, d'une douleur microscopique, en d'autres termes, individuelle, celle-ci est devenue macroscopique, c'est-à-dire endémique et collective.

    Et puis, le président Denis Sassou-Nguesso n'est pas né soldat, ni général d''armée, ni président de la république. Il est avant tout un homme fait de chair, qui loge en lui toutes les émotions humaines. Pensez au maréchal Mobutu lors du décès de sa première épouse et celui de ses fils, avant la chute de son régime! Pensez au général Charles de Gaulle déboussolé à l'extrême, se tenant main dans la main dans l'amertume la plus totale avec son anonyme Yvonne, lors de l'extinction de leur mignotée fille Yvonne en 1948. Pensez encore au maréchal et empereur Jean Bedel Bokassa, lorsque celui-ci fondit en larmes , bouleversant l'auguste assemblée en plein recueillement autour de la bière toute sobre du général de GAULLE à Colombey-les-deux-Eglises!

    Bref, la mort a toujours fait fléchir les grands hommes de ce monde, les réduisant à la simple expression humaine, dépourvus de titres et de grades! Pour reprendre vos termes « impuissant devant l'inacceptable », j'ajouterais devant l'irréparable. En outre, pour une petite révélation, s'il en est une: le président Denis Sassou-Nguesso, bien que soldat et général est un homme très discret, comme l'exige la judicature ancestrale mbôsi « otwerè, mais très très sensible devant la perte d'un proche. Il ne peut en aucun cas être blâmé pour cause. C'est foncièrement humain!

    3. Réveil FM International: « Lettre ouverte à Jésus Christ » Est-ce, de votre part, l'expression d'une colère contenue consécutive à la forte douleur qui a atteint le paroxysme? Felix Ibara Ndeli, qui êtes-vous vraiment? Avec le recul, actuellement, où en sont vos relations avec Jésus Christ? Est-ce que les chrétiens vous en veulent-ils pour cette lettre ouverte à Jésus Christ, la poutre centrale qui soutient la case et à laquelle on s'essuie les mains sales après avoir mangé, dit-on? Vous ont-ils compris et pardonné?

    Felix Ibara Ndeli : Question paradoxale! Question complexe, dirais-je! Car, à travers celle-ci vous soulignez plusieurs aspects: «Lettre ouverte à Jésus Christ», expression d'une colère? Oui. C'est le cri de désespoir.

    C'est le pathétisme dans toute sa cruauté qui frappe l'homme de chair que je suis. C'est aussi le poète au cœur déchiré qui « maudit », son Dieu! Je mets ce verbe entre guillemets, pour m'éviter un quelconque blasphème. Pensez à la réaction d'un Victor HUGO, suite à la noyade de sa fille Léopoldine, qui compare la mer à une faucheuse, évoquant un « châtiment » de sa personne par la nature mais aussi par Dieu, pour faire allusion au panthéisme.

    Pensez à mon aîné de plume et d'âge, mon compatriote et immortel poète Félix Tchicaya U Tamsi versant ses névroses sur Dieu et Jésus-Christ devant la mort de Lumumba, Okito et Mpolo, compagnons de ce dernier; devant celle qui émaille l'histoire politique du Congo-Brazzaville etc.

    Quant à savoir, qui suis-je? Et quelles relations j'entretiens avec Jésus-Christ? Je vous dirais simplement que je suis un homme fait de corps et d'esprit, comme tous mes frères et sœurs de la terre. J'entretiens des relations intimes, sans faille, avec Jésus-Christ, en tant que chrétien convaincu. C'est parce que je l'aime et sais qu'il existe et que je peux lui adresser une lettre ouverte,en me sentant proche de lui , pour lui confier mon désespoir, ma déchéance. Lui qui est Roi des rois , Seigneur des seigneurs. C'est parce que je reconnais comme vous, lecteurs, et les autres fidèles, et les autres autres fidèles, qu'il est la poutre centrale de la chrétienneté. Peu importe la virulence de mon discours poétique. Mon « coup de gueule », si j'ose user d'un terme vulgaire (qu'on me le pardonne), véhicule mes lamentations et vociférations à l'endroit d'un père, en tant qu' enfant qui se sent dans la déréliction absolue, suite à un choc dramatique ou un traumatisme psychologique, en quête d'une consolation. L'imaginaire collectif n'affirme-t-il pas: « Qui aime bien châtie bien »?

    Et puis, Madame, Monsieur, je ne quête point le pardon d'un pécheur comme moi. Le pardon ou la miséricorde est d'ordre divin. C'est parce que j'ai foi en Jésus que je me suis exprimé en ces termes!

    C'est une forme de credo qui ne traduit aucunement des relations conflictuelles entre le fils que je suis et le fils de Dieu qu'il est. En règle générale, jamais les colères d'un fils à l'égard de son père géniteur ne signifient une quelconque trahison ou un quelconque blasphème. Non , chère Madame, cher Monsieur, au lecteur d'entrevoir à travers cette « lettre ouverte », nonobstant ses accents pamphlétaires une véritable prière, une forme d'antidote à la douleur qui venait de nous bouleverser, bref une catharsis au vrai sens du terme.

    4. Réveil FM International: Base historique, indispensable pour la construction des scenarii en vue d'un futur maîtrisé et désiré, qui a nécessité, pour son élaboration, une analyse structurelle approfondie, « Brésil: terre d'avenir» nous révèle non seulement votre fascination sinon votre passion pour ce grand pays forestier émergent, mais votre érudition sur les enjeux géostratégiques du moment dans le monde! N'est-ce pas un appel à l'attention de l'Afrique, en général, et la république du Congo, en particulier vers l'adoption voire l'appropriation du modèle de développement brésilien, ou tout simplement un vibrant appel pour une coopération Sud-Sud, quantitativement comme qualitativement, pour espérer la construction de l'avenir autrement? Est-ce, par hasard, le football (Selecao) et son rôle dans la cohésion sociale au Brésil, qui est à la base de votre première fascination pour ce grand pays qui fascine dans bien d'autres domaines notamment économique, technique, scientifique, de la recherche...?

    Felix Ibara Ndeli : Laissez-moi vous dire que toutes vos questions me semblent embarrassantes et très complexes; car elles soulèvent avec simultanéité multiples sujets ou problèmes. Comme celles-ci charrient ou proposent déjà des éléments de réponses! « Brésil, Terre d'Avenir » est une expression qui émane du nouvelliste et essayiste autrichien, ayant émigré au Brésil et mort en 1942 à Petropolis. Expression qui « illustre parfaitement un pays qui a toujours cru en son potentiel ».

    Potentiel dû à la diversité linguistique, celle des peuples immigrés, comme elle est tout aussi d'ordre économique, en tant que vaste continent aux multiples essences forestières, qui font du Brésil « un géant vert » et qui révèlent le gigantisme de ses richesses amazoniennes; sans omettre le dynamisme d'une économie nationale basée sur l'explosion industrielle dans le domaine de l'agro-alimentaire et pétrolier.

    Vous parlez de « mon érudition sur les enjeux géostratégiques du moment dans le monde ». Je vous remercie de cette allusion, qui laisse profiler une marque de compliment. Ce n'est que normal pour le docteur en scientifique po que je suis, mais aussi pour le parlementaire présidant le groupe d'amitié Congo-Brésil. Vous me faites là un grand honneur! Cela me fait chaud au cœur! Une fois de plus, je vous en rends grâces!

    Vous me demandez en écrivant « Brésil, Terre d'avenir », si ce n'est pas un acte qui représente un appel à l'attention de l'Afrique, en général, et la république du Congo, certes; qui honore cette coopération multilatérale Sud-Sud, mais surtout un modèle de « construction de l'avenir autrement tant quantitativement que qualitativement » Vous le signalez si bien que le « Brésil constitue de nos jours un pays émergent ».

    Telle doit être la finalité de nos institutions sociales administratives, culturelles, économiques et politiques Le Brésil représente une chance inouïe pour l'Afrique et le Congo, dans la mesure où en tant que colonisés, nous partageons plus ou moins la même la même histoire.

    N'omettons pas que les populations noires du Brésil, estimées à 11% et les mulâtres d'origine noire composant 22% sur les 191.043.691 de la population globale, proviennent du golfe de Guinée. Donc de l'Afrique noire!

    C'est dire que les succès de cette nation tant politiques qu'économiques doivent interpeller notre conscience collective voire continentale. Et c'est à juste titre que le professeur brésilien Paulo Ventisini en relations internationales à Porto Allègre, pour justifier l'intensification des alliances diplomatiques du Brésil avec l'Afrique, faisant qu'en sept ans le président Luiz Inacio Lula da Silva ait visité huit(8) fois l'Afrique, déclare:

    « … On ne peut pas changer le monde sur la base unique de la solidarité. Nous devons soutenir l'Afrique. Une Afrique faible n'est pas un bon partenaire ».

    Enfin, il est bien entendu que la seleçao, pour évoquer la question du football brésilien, m'a été d'une fascination extraordinaire, et ce , depuis ma jeunesse. Cependant, aujourd'hui, sans se faire supplanter par le domaine économique, technique, scientifique, etc.le football ne demeure plus l'unique référence de réussite du peuple brésilien. Naturellement, il en constitue une parmi tant d'autres. Ce qui nous enchante en tant qu'Africains, afin de booster nos économies encore chancelantes ou à l'état embryonnaire, si je n'ose point vous frustrer.

    5. Réveil FM International: Écrivain, député, universitaire, enseignant, Félix Ibara Ndeli, vous êtes président du groupe d'amitié Congo-Brésil à l'Assemblée Nationale de la République du Congo. Visiblement et objectivement, lorsqu'on visite la république du Congo, aujourd'hui, on ressent des réels frémissements positifs de la mise en place des bases structurelles dans tous les secteurs de la vie active de la Nation. Êtes- vous d'avis que le modèle brésilien est source d'inspiration aux pouvoirs publics congolais dans l'action politique qualitative actuelle grâce à cette amitié? Quel regard avez-vous sur l'expérience de la démocratie participative au Brésil ? Trouvez-vous que cette forme de démocratie est le modèle adéquat pour l'Afrique, en général, et au Congo, en particulier?

    Felix Ibara Ndeli : Votre question me paraît très pertinente. Comme cette dernière n'est en fait que le prolongement de la précédente. Aussi ai-je déjà esquissé quelque élément de réponse à celle-ci, en référence au modèle de développement multisectoriel brésilien, qui interpelle nos compétences. « Brésil, Terre d'Avenir », sans risque de me fourvoyer, a bel et bien inspiré notre projet de société « Le Chemin d'Avenir » initié par un homme aux actions concrètes, le président Denis Sassou-Nguesso du Congo.

    Le Brésil symbolise, sans ambages, une « source d'inspiration aux pouvoirs public congolais dans l'action politique qualitative actuelle », en tant que 10ème économie mondial, selon la classification des puissances en 2007. La modernisation et industrialisation du Congo demeure le socle du projet de société intitulé « Le chemin d'Avenir ». Et les relations congo-brésiliennes basées sur une coopération bilatérale qui convient à un partenariat socioéconomique gagnant-gagnant sont concrètes, car visibles et palpables, par le biais des grands travaux initiés par la présidence de la république. Travaux complétés par ceux ayant trait au processus interprovincial de la « municipalisation accélérée », qui ont travesti le Congo en un vaste chantier. Et les sociétés brésilienne de construction, telles que Andrade Guitierrez pour la réalisation de la route Boundji-Ewo, le route Makoua-Itoumbi sont un exemple concret. Je pourrais faire un bond en arrière en mentionnant que depuis le plan quinquennal 1982-1986 nos partenaires Brésiliens sont présent en territoire congolais avec la réalisation de la route Impfondo-Dongou-Epéna, en pleine vasière dans la Likouala.

    Aujourd'hui, l'entreprise nationale Brésilienne d'exploitation pétrolière Petrobras souhaite coopérer avec le Congo dans le domaine des hydrocarbures, etc.

    Quant aux deux ultimes aspect de votre question, à savoir: « Quel regardai-je sur l'expérience de la démocratie participative au Brésil? Et si cette forme de démocratie est le modèle adéquat pour l'Afrique, en général, et le Congo, en particulier »; je dirais c qui suit. Loin de tenter de réecrire une seconde version de l'ouvrage « Brésil,Terre d'Avenir », pour redéfinir ici l'expression « démocratie participative » basée sur une ouverture politique,qui respecte toutes les composantes du Brésil et la constitution national comme acte fondateur de l'Etat fédéral de ce pays, qui fait école pour ses voisins de l'Amérique du Sud, ce système de gouvernance est une réussite indéniable.

    En effet, avec la double mandature du président Luiz Inacio Lula da Silva du parti des travailleurs, allant de 2003 à 2010, succédé à la tête de l’État par élection d'une femme, la toute première dans l'histoire sociopolitique du Brésil, l'économiste Dilma Roussef, depuis janvier 2011 du même parti et comme 40ème président du pays, le Brésil confirme une certaine santé démocratique.

    Toutefois, on évitera de procéder par des clichés standards d'une idéologie donnée, surtout dans le domaine politique, qui est celui du choc des idées souvent complexes et controversées.

    Évidemment modèle brésilien peut faire école en Afrique comme au Congo, sans pour autant procéder par une logique rigide qui serai de l'ordre du « copier-coller », et sans pour autant tenir compte des réalités sociologiques ou environnementales.

    Chaque pays incarne ses réalités spécifiques, ses habitudes culturelles, sa psychologie nationale ou son moi collectif, qui ne sont point identiques. Cependant, apprendre auprès des autres ayant réussi, au regard de leur expérience, partant du stade de « pays pauvre » ou « économiquement faible » à celui de « pays émergent », requiert une formation et étude du milieu adéquates, pour une adaptation des principes basiques ou théoriques d'un modèle. A ce effet, il serait souhaitable d'éviter de déstabiliser 'équilibre socio- environnemental préétabli pouvant entraîner à une incohérence de gestion, à une crise sociopolitique insurmontable. Ne dit-on pas souvent que « même les changements les plus souhaités ont leur mélancolie » ?

    Néanmoins, embarqués dans le train de la mondialisation des échanges tant socioculturels, sociopolitiques que socioéconomiques, nos gouvernants se doivent être animés du goût de parfaire et de réussir comme le Brésil, qui se trouve en posture de locomotive économique des pays du sud.
  • Débat télévisé-radiodiffusé entre François Hollande -Nicolas Sarkozy à Paris !

    Débat télévisé-radiodiffusé entre François Hollande -Nicolas Sarkozy à Paris !

     

     

    La vraie régulation des médias en République démocratique du Congo a été plombée depuis 2006 par un requin mangeur à tous les râteliers. Contre espèces sonnantes et trébuchantes, Modeste Mutinga Mutuishayi et sa fameuse Haute Autorité des Médias (HAM) ont privé 65 millions des Congolais d'un débat démocratique inscrit dans la Constitution de Transition entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Et en novembre 2011, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et Communication (CSAC), la petite sœur siamoise de la HAM n'a pu rien faire, à cause du tripatouillage de la Constitution de Liège qui a ramené les scrutins de deux tours à un tour pour faire élire Joseph Kabila. Ce dernier avec son hold-up électoral, a pris la résolution de diriger la République démocratique du Congo par défi. Illégitime et illégal, Joseph Kabila n'est pas le Président de la RDC. A Paris, ce soir à 21h, les Français seront branchés pour suivre Nicolas Sarkozy et François Hollande dans un débat démocratique.

    François Hollande et Nicolas Sarkozy

    Le plateau prévu pour le débat télévisé d'entre deux tours entre François Hollande et Nicolas Sarkozy

    Lutte d'arguments, mais aussi et avant tout lutte d'images : le seul et unique débat télévisé d'entre-deux-tour qui oppose, ce soir, Nicolas Sarkozy et François Hollande a été préparé et pensé au millimètre à la fois par les chaînes de télévision et par les états-majors politiques des deux camps. Rien n'a été laissé au hasard, et tant la mise en scène que les sujets abordés tout au long de cette rencontre ont fait l'objet d'âpres négociations. Le débat sera animé par les journalistes Laurence Ferrari (TF1) et Davis Pujadas (France 2), dans un décor que les deux chaînes ont décrit comme "sobre et neutre". En image de fond : le palais de l'Elysée. Mis gracieusement à la disposition des médias souhaitant le retransmettre, le débat sera diffusé simultanément sur BFM-TV, iTélé et LCI et France24 ainsi que par RTL, RMC, Europe 1, France Inter, France Info et RFI.

    A qui donner l'avantage (ou la difficile responsabilité) de lancer le débat ? La question a été réglée par tirage au sort : c'est le candidat PS qui a été désigné pour ouvrir le bal des prises de parole à 21 heures, dans un studio de la Plaine Saint-Denis où chaque détail technique a été réglé en accord avec les deux délégations. Les responsables de la communication du président sortant et de son adversaire socialiste, Franck Louvrier et Manuel Valls, ont réglé les derniers détails mardi. Les équipes de campagne de Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont mises d'accord pour que le débat télévisé entre les deux candidats à l'élection présidentielle ne dépasse pas deux heures et demie. Outre la durée du débat, elles se sont accordées sur la température du studio (19 à 20° C) et ont décidé de changer les sièges afin qu'ils soient réglables en hauteur. Le réalisateur, Jérôme Revon, connu notamment pour avoir mis en images plusieurs Jeux olympiques, disposera de 20 caméras, dont une grue pour les plans larges et chaque candidat pourra consulter son temps de parole sur compteur. Cette année, la table sera longue de 2,50 mètres, contre 2,20 mètres en 2007.

    Sur le plan de la thématique, les deux co-organisateurs, TF1 et France 2, ont voulu partir des soucis prioritaires des Français (le pouvoir d'achat et l'emploi) pour aller jusqu'à la politique étrangère et l'Afghanistan, en passant par la dette, les questions de société (immigration) et le style de présidence que les deux hommes veulent incarner. Des risques d'orages menaceront en permanence ces prévisions, comme les affaires impliquant Dominique Strauss-Kahn, les soupçons de financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ou les accusations portées par le chef de l'Etat contre le site d'information Mediapart. Autre incertitude pesant sur la thématique qu'aborderont les deux candidats, leurs équipes de campagne sont tombées d'accord pour modifier le cahier des charges du Conseil supérieur de l'audiovisuel, afin de permettre aux animateurs du débat d'interroger les deux candidats sur un événement majeur qui interviendrait au cours de l'émission.

    En plus d'une avalanche de notes, François Hollande pourrait mettre à contribution son directeur de la communication, Manuel Valls, pour répéter le débat. "Petit, nerveux, très droitier, il est très bien dans le rôle" de Nicolas Sarkozy, s'amuse un fin connaisseur des couloirs de Solférino. De son côté, l'équipe Sarkozy espère que ce rendez-vous aidera son champion à refaire son retard, en séduisant les électeurs du Front national et de François Bayrou, les indécis et les abstentionnistes. Le chef de l'Etat sortant a donc prévu de consacrer toute la journée de mercredi à sa préparation. Mais Emmanuel Rivière, de TNS Sofres, tempère : "On n'a jamais vu un débat entre deux tours faire bouger le rapport de forces de plus d'un point".

    Et si le fameux débat télévisé de l’entre-deux tours avait plus d’impact qu’on ne le répète ? Il n’existe certes aucun précédent où ce duel des finalistes de l’élection présidentielle a inversé la tendance. Les politologues s’accordent même à lui attribuer une influence minime sur le vote, de l’ordre d’un point au maximum.

    Mais le présent n’est pas obligatoirement une répétition du passé. Tous les instituts de sondage notent une réduction de l’avance de François Hollande sur Nicolas Sarkozy depuis le 22 avril. Elle est passée de 55% à 53,5% des intentions de vote selon l’enquête en continu de l’Ifop. Le dernier coup de sonde de BVA révèle la même évolution : le candidat socialiste perd un point (53,5% contre 54,5%) en une semaine. Ipsos le créditait, en fin de semaine dernière, de 53% au lieu de 54% le jour du premier tour.

    L’écart entre les deux candidats dans les mesures les plus récentes reste cependant important. Un président nouvellement élu n’a jamais recueilli, dans le cadre d’un affrontement droite-gauche, plus de 53,1% des suffrages exprimés sous la Vème République. Ce record avait été atteint par... Sarkozy en 2007.

    L’enjeu de l’écart

     

    La tendance actuelle au rééquilibrage des intentions de vote donne au débat du 2 mai un relief particulier. Les chances du candidat de l’UMP de renverser suffisamment la vapeur pour décrocher une victoire à l’arraché semblent infimes. L’enjeu réside bien plus dans l’ampleur de sa défaite.

    Il n’est pas indifférent que le président sortant soit battu largement (46-47%) ou pas (48-49%). On peine à croire qu’il puisse abandonner définitivement la vie politique comme il l’a promis en cas d’échec. Sa stratégie de l’entre-deux tours, axée sur la récupération des voix du FN, est révélatrice d’un choix visant à limiter l’ampleur de l’insuccès, sans doute pour préserver l’avenir.

    Symétriquement, Hollande ne sera pas dans la même position s’il arrive à l’Elysée avec une belle victoire (53-54%) ou un succès plus court (51-52%).

    Beaucoup de sceptiques

    La portée du débat de 2012 tient d’abord au manque d’enthousiasme que suscitent les deux finalistes. Dans l’ultime sondage Ifop, seulement 39% des électeurs disent souhaiter « au fond d’eux-mêmes » la victoire de Hollande et 34% celle de Sarkozy. A moins d’une semaine du second tour, 21% répondent « ni l’un ni l’autre » à cette question tandis que 6% ne se prononcent pas. C’est beaucoup.

    L’affrontement télévisé influencera peut-être ces sceptiques qui ne sont pas tous certains de se rendre dans les bureaux de vote le 6 mai. Il devrait avoir un impact particulier sur l’électorat lepéniste et bayrouiste. Une enquête TNS-Sofres indique que 17% des spectateurs potentiels jugent que le débat pourrait changer leur vote, ce pourcentage grimpant à 38% chez les électeurs de Bayrou et à 30% chez ceux de Le Pen !

    Malgré la « drague éhontée » à laquelle s’est livré Sarkozy à l’endroit de l’électorat du FN, selon l’expression de Marine Le Pen, les reports de voix restent médiocres. Dans les dernières enquêtes, le Président sortant reste scotché à environ une moitié d’électeurs lepénistes qui ont l’intention de venir à son secours dimanche prochain.

    Le sondage en continu de l’Ifop indique certes une amélioration lente de ces reports. Mais le redressement de Sarkozy tient presque autant à sa progression dans l’électorat du MoDem, dont une majorité relative a basculé de la gauche à la droite depuis le 22 avril. Et, dans ces deux électorats, la proportion de ceux qui ne se prononcent pas reste élevée.

    La ligne des frontières

    Quoi qu’on en pense, la ligne des « frontières » martelée par le Président sortant peut être d’une certaine efficacité électorale. Elle prend appui sur deux inquiétudes répandues dans la société française : l’immigration mal maîtrisée et le libre-échange incontrôlé.

    Comme par hasard, ce sont deux sujets sur lesquels le candidat de la gauche n’est pas à l’aise. Sur l’immigration, Hollande est tiraillé entre sa prudence personnelle et la charge idéologique qui s’attache à cette question pour la gauche. Son orientation n’est pas non plus d’une clarté cristalline en matière de « juste échange ».

    Sarkozy ne manquera pas d’appuyer sur ces points lors de la confrontation du 2 mai. Hollande va devoir faire « ce qu’il déteste, être franc », se réjouissait, à l’avance, le candidat de la droite. « Demain, la pêche à l’anguille est ouverte », annonçait Jean-François Copé avec gourmandise. Ce sport n’est, paraît-il, pas très compliqué. A ce détail près que l’anguille mord surtout à la tombée de la nuit. Et que la pêche nocturne est interdite.

  • La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

    La colère du professeur français Michel Halbwachs à propos du lac Kivu

    Le professeur français Michel Halbwachs (photo) a clamé sa colère contre l’Etat français qui ne l’a pas soutenu dans son projet d’extraction de gaz méthane au lac Kivu. Pour protester, il renie sa décoration de la légion d’honneur. Michel Halbwachs a fondé une société, Data Environnement, qui serait la seule au monde à maîtriser une technologie d’extraction du gaz adaptée à la situation du lac Kivu.

    Michel Halbwachs

    Selon lui, les 60 milliards de m3 de méthane convenus dans le lac sont une effroyable menace pour les populations riveraines, capable de provoquer une catastrophe sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. Et dans le même temps, ce gaz constitue une formidable opportunité de production d’énergie représentant 150 fois la consommation annuelle du Rwanda d’aujourd’hui.

    Soulignant que ce projet était «à très bas coût» (800 000 euros) et qu’il «réunissait tout : l’économique, l’environnement et la lutte contre la pauvreté», le scientifique français explique les raisons de sa profonde déception dans une longue lettre ouverte à Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères.

    « Monsieur Juppé,

    J'ai reçu en 2011 la Légion d'honneur sur votre proposition pour mon travail au Rwanda. Professeur de l'Université de Savoie, j'ai lancé en 2001 - dans le cadre de la Société Data Environnement que j'ai créée en 1991 - un projet d'extraction du méthane au lac Kivu en Afrique centrale. Cet immense lac contient environ 60 milliards de mètres cubes de méthane qu'il est indispensable d'extraire pour prévenir le risque d'une éruption limnique (du grec "limnê", lac) de même nature que celle du lac Nyos, au nord-ouest du Cameroun.

    Le 21 août 1986, ce lac - contenant mille fois moins de gaz que le Kivu - avait explosé et libéré un nuage de dioxyde de carbone causant la mort de 1746 riverains. Pour moi, Nyos a été un véritable défi scientifique, mais aussi un laboratoire unique au monde, à la fois sur le plan fondamental et technique. Aujourd'hui, après 20 ans d'engagement scientifique, notre société, Data Environnement, a terminé, avec un succès total, la mise en route du dispositif de dégazage : les Orgues de Nyos.

    Or, ce ne sont pas deux mille, mais deux millions de Rwandais et de Congolais qui sont installés sur les rives du lac Kivu : une éruption limnique - même si elle ne semble pas imminente - aurait donc des conséquences humaines apocalyptiques, sans comparaison avec le tsunami de 2004 en Asie qui a fait plus de 200000 morts. J'ajoute que la récupération du méthane permettrait au Rwanda d'être autosuffisant en production électrique durant 150 ans (au niveau actuel de consommation). Et comme combustible, de réduire la déforestation et l'érosion des sols.

    Il va sans dire que pour les entreprises étrangères qui se multiplient, pour le moment sans succès, au bord du Kivu, le méthane représente de l'or !

    De 2009 à 2010, Data Environnement a construit et expérimenté sur le Kivu une station pilote d'extraction de méthane qui a produit une puissance électrique de 2,4 MW au lieu des 3,6 MW espérés. Puis, des problèmes mécaniques, causés par les tempêtes, nous ont contraints à interrompre la production. Néanmoins je considère cet essai comme une validation de l'efficacité de notre technologie mise au point durant les 20 ans d'expériences au lac Nyos.

    Pour toutes ces raisons - écologiques, économiques et humanitaires - notre projet représentait pour la France une opportunité formidable de reprendre pied au Rwanda et je croyais, peut-être naïvement, que la France, qui possède, grâce à notre savoir-faire, la meilleure expertise de prévention de telles catastrophes, soutiendrait notre entreprise.

    Au contraire, depuis le début du projet en 2002, j'ai reçu beaucoup de bonnes paroles et perdu beaucoup de temps, en rédaction de dossiers, demandes d'aides financières et en déplacements à l'Agence Française de Développement (AFD) pour des discussions vaseuses.

    On a fini par me faire savoir que Proparco, institution financière de développement de l'AFD, n'aidait QUE les grands groupes industriels. Résultat, les investisseurs rwandais qui nous financent n'ont plus d'argent pour terminer le projet (800000 euros environ) et notre société est actuellement en redressement judiciaire.

    N'en déplaise au Quai d'Orsay, il n'existe pas en France de «grand groupe industriel» capable d'extraire le méthane du lac Kivu. Quelle aubaine pour les entreprises anglo-saxonnes, fortement soutenues par leurs gouvernements, qui ne manqueront pas de prendre la place que nous occupons au Rwanda.

    Monsieur Juppé, j'estime donc que m'attribuer la Légion d'honneur pour ce gâchis est surtout une façon de dissimuler l'incapacité du Quai d'Orsay à garantir les intérêts et la réputation de la France. Et pour ce qui concerne ma modeste personne, un non-sens.

    Comme Français et comme expert scientifique, j'aurais souhaité que notre Ministre des Affaires Étrangères ne galvaude pas une décoration que j'aurais portée avec fierté si elle n'avait été le masque de l'inefficacité ou de l'indifférence.

    Monsieur Juppé, je refuse ma Légion d'honneur. »

    Michel Halbwachs

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