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Première rencontre du couple Merkel-Hollande à Berlin

Première rencontre du couple Merkel-Hollande à Berlin

Sous une pluie fine, le président français a été reçu avec les honneurs militaires comme le prévoit le protocole pour une première visite d'un chef d'Etat en Allemagne. La chancelière et François Hollande ont échangé poignées de main et sourires devant une foule de photographes, avec une heure de retard sur le programme. L'avion transportant François Hollande vers Berlin a été touché par la foudre et contraint de faire demi-tour. Le président français est reparti vers sa destination à bord d'un autre appareil. François Hollande et Angela Merkel devaient donner une conférence de presse commune vers 21h, après un entretien bilatéral d'environ une heure. Ils devaient ensuite dîner ensemble.

Angela Merkel, la chancelière allemande a affirmé que la France et l'Allemagne étaient "conscientes de la responsabilité qu'elles ont" pour l'Europe et que les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble

François Hollande, le président français a dit pour sa part vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques"

Mme Merkel a toutefois eu beau affirmer que la presse évoquait "des divergences plus importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle et M. Hollande, quelques points de désaccord sont apparus

M. Hollande, qui veut accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où Mme Merkel donne la priorité à la rigueur, s'est dit "prêt à tout mettre sur la table lors du conseil européen (du 23 mai, ndlr), y compris les euro-bonds", des obligations communes européennes, jusqu'ici un tabou pour Berlin

François Hollande a aussi maintenu qu'il voulait renégocier le pacte budgétaire, censé durcir la discipline budgétaire en Europe, pour y adjoindre un volet croissance. Ouvrant la porte à un compromis avec la chancelière sur ce sujet, il a aussitôt ajouté qu'il se prononcerait définitivement sur une renégociation après avoir discuté avec elle

Angela Merkel a assuré qu'il y avait "des points d'accord" avec M. Hollande sur la croissance, reconnaissant qu'il s'agissait d'un "concept général" qui pouvait recouvrir différents types de mesures et admettant "des signes de divergences"

Monnaie unique en chute libre

Les deux dirigeants sont sous pression, après l'échec de la tentative de la dernière chance de former un gouvernement de coalition en Grèce, au centre de la crise de la dette en Europe.

Athènes devra organiser de nouvelles élections législatives au mois de juin dans un contexte d'instabilité qui avive les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

L'actualité grecque a fait chuter la monnaie unique européenne, les Bourses européennes repassant dans le rouge après un timide rebond dans la matinée.

Pourfendeur de la politique d'austérité de Angela Merkel face à la crise dans la zone euro, François Hollande a déclaré, dans son allocution d'investiture mardi matin, vouloir «ouvrir une voie nouvelle en Europe» en proposant «un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie».

«Je vais rencontrer la chancelière d'Allemagne avec le souci de dire ce que je pense de la situation (en Europe, ndlr) - elle est grave - et de ce que nous pouvons faire ensemble, pour trouver ensemble les solutions pour que l'austérité ne soit pas une fatalité, pour que la croissance revienne, pour que la solidarité puisse être davantage marquée avec le souci que nous avons de la situation en Grèce», a-t-il déclaré avant de monter dans son avion.

Moteur de l'Union européenne

Avant d'être élu, François Hollande avait annoncé vouloir rouvrir les négociations sur le traité budgétaire - adopté en mars dernier par 25 des 27 pays de l'UE et déjà ratifié par plusieurs d'entre eux - pour y ajouter des mesures de croissance, ce à quoi Angela Merkel s'oppose fermement.

Selon Berlin, cette rencontre entre les deux dirigeants, résolus à continuer de faire du couple franco-allemand le moteur de l'Union européenne, ne vise pas à «prendre des décisions», mais à «faire connaissance».

Angela Merkel avait refusé de rencontrer le candidat socialiste avant le scrutin français, soutenant ostensiblement son rival, Nicolas Sarkozy, conservateur comme elle. Depuis, elle a promis de recevoir «à bras ouverts» François Hollande, qui avait lui-même appelé à une alternance en Allemagne en décembre dernier à Berlin à l'occasion d'un congrès du parti social-démocrate allemand (SPD).

Symbole positifLa nomination au poste de Premier ministre de Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand et fin connaisseur de l'Allemagne, constitue un symbole positif pour Berlin.

Il reste que Angela Merkel et François Hollande ne parlent pas le même langage. La chancelière est prête à compléter le traité budgétaire par des mesures de croissance, mais elle entend par là des mesures structurelles, notamment des réformes du marché du travail.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont eu à coeur mardi d'afficher leur harmonie sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, mais ont reconnu des divergences sur la croissance.

"Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse commune à la chancellerie à Berlin. "Je souhaite comme Mme Merkel que la Grèce reste dans la zone euro", a renchéri M. Hollande, en visite à Berlin quelques heures à peine après son investiture.

Tous deux se sont dits prêts à réfléchir à de nouvelles "mesures de croissance" pour aider le pays, en plein chaos politique et qui se prépare à de nouvelles élections.

La chancelière allemande a affirmé que la France et l'Allemagne étaient "conscientes de la responsabilité qu'elles ont" pour l'Europe et que les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble.

Le président français a dit pour sa part vouloir une "relation entre la France et l'Allemagne équilibrée et respectueuse de nos sensibilités politiques".

Mme Merkel a toutefois eu beau affirmer que la presse évoquait "des divergences plus importantes qu'elles ne le sont réellement" entre elle et M. Hollande, quelques points de désaccord sont apparus.

M. Hollande, qui veut accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où Mme Merkel donne la priorité à la rigueur, s'est dit "prêt à tout mettre sur la table lors du conseil européen (du 23 mai, ndlr), y compris les euro-bonds", des obligations communes européennes, jusqu'ici un tabou pour Berlin.

Il a aussi maintenu qu'il voulait renégocier le pacte budgétaire, censé durcir la discipline budgétaire en Europe, pour y adjoindre un volet croissance. Ouvrant la porte à un compromis avec la chancelière sur ce sujet, il a aussitôt ajouté qu'il se prononcerait définitivement sur une renégociation après avoir discuté avec elle.

Mme Merkel a assuré qu'il y avait "des points d'accord" avec M. Hollande sur la croissance, reconnaissant qu'il s'agissait d'un "concept général" qui pouvait recouvrir différents types de mesures et admettant "des signes de divergences".

 

A l'issue de la conférence de presse, les deux dirigeants devaient dîner ensemble, avant que le président français ne rentre à Paris.

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