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  • Didier Reynders au Congo

    Didier Reynders au Congo

    L'article de notre compatriote Njoli Bodjenga depuis le Canada où il réside fera date dans la description de l'alliance contre nature entre les politicailleurs francophones Belges et Joseph Kabila, l'usurpateur du pouvoir au Congo. La Belgique a mis 454 jours sans un gouvernement, aucun congolais n'a levé son doigt pour fustiger cette situation abrancadatesque. Didier Reynder, ministre belge des Affaires étrangères est allé légitimer le pouvoir fraudeur, usurpateur et tricheur de Joseph Kabila au grand mépris de la population congolaise. On se croirait dans l'album de Tintin au Congo oû le petit blanc a réponse à tout et préconise des solutions à chaque problème congolais. Dans le respect de la démocratie et de la vérité des urnes, les Congolais attendent que la Belgique dénonce et condamne le hold-up électoral de Joseph Kabila mais pas qu'elle donne des leçons de démocratie aux congolais. Joseph Kabila qui veut gouverner le Congo par défi sait qu'il a en face de lui tous les Congolais acquisent au changement et à l'alternative. La lutte contre le hold-up électoral de Joseph kabila sera longue et populaire. Et les politicailleurs francophones Belges qui jouent aux collaborationnistes avec un régime dictatorial totalitaire et se montrent conspirationnistes contre la volonté d'un peuple souverain, n'auront qu'à s'en prendre à eux mêmes. Le Congo n'est pas une colonie belge, qu'ils se les disent, n'en déplaisent aux nostalgiques de l'époque léopoldienne.

    En allant pour légitimer le pouvoir tricheur de Joseph Kabila, l'incohérent Didier Reynder s'est atomisé tout seul.

    Pathétique Didi de la colonie de Njoli Bodjenga

    . Didi vient de terminer sa visite en RDC, le Congo de Tintin qui est dans sa tête; le Congo des bamboulas, des sous-humains hors du temps, naïfs et trop gentils auxquels il devait aller dire quoi penser et croire au sujet de leur avenir. Ce n’était évidemment pas nécessaire pour Buana Didi de voyager aussi loin parce qu’il avait déjà dit ce qu’il pensait : les élections gnagnagna, Tshisekedi gnagnagna.

    Didi est quand même allé dans le pays de son fictif ancêtre, Tintin, pour faire la même chose que lui : effectuer une mission civilisatrice et résoudre quelques différends avec des jugements simplets du genre : si 2 bamboulas se disputent un chapeau, coupez le chapeau en 2 et donnez-en une moitié à chacun. Ils seront contents même si une moitié de chapeau ne sert à rien.

    Ceux qui ont attendu Didi comme on peut attendre un contemporain sérieux, pouvant les aider à résoudre un conflit majeur, ont donc perdu leur temps. Mais ils auraient pu l’imaginer puisque Didi s’était assuré de vexer Tshisekedi à l’avance avant de prétendre vouloir le rencontrer dans sa résidence surveillée.

    On peut finalement comprendre que Didi n’est allé en RDC que pour encourager la fuite en avant de son ami le chef bamboula de la nouvelle bananière congolaise avec sa majorité magique, dégotée par les abracadabras de l’oncle Mwando, dans le nébuleux hémicycle de Mulunda Ngoy l’escroc national congolais.

    Dîner de cons chez le pédant ambassadeur de Didi

    Un dîner de cons a été organisé pour Didi, par son pédant ambassadeur en RDS, le Seigneur De Suymachin, dans sa résidence. Le leader maximo qui avait flairé la moquerie a eu le bon réflexe de ne pas s’y rendre pour ne pas faire partie des cons du dîner. Il avait raison, le vieux. Mais les autres chefs du changement s’y sont rendus et il y aurait eu de très enchantés d’être là, des quémandeurs de pitié et d’autres encore qui savaient pas trop bien s’ils devaient être là ou ailleurs. Les Congolais aimeraient sûrement savoir quels rôles ils pensent avoir joué à ce théâtre que l’ambassadeur belge au nom imprononçable avait mis en scène pour Didi du vent.

    Le voyage d’aventures de Didi de la jungle, l’humaniste descendant de Tintin, les Congolais s’en foutent avec les problèmes qu’ils ont. Son dîner de cons ils s’en foutraient aussi si les présumés cons du dîner n’étaient pas des leaders du changement. Les Congolais aimeraient que leurs leaders fassent attention à l’avenir. Les politiciens belges qui soutiennent le projet démocratique congolais se comptent sur les doigts d’une main, ils sont connus. Il faut savoir se faire respecter.

    Didi et Diru, comme Lulu et Gogol avant eux, sont peut-être en train de se marrer en ce moment. Ils savent qu’ils ne pourront jamais apporter un quelconque soutien à la démocratie congolaise qu’ils sont plutôt programmés à empêcher comme ils le font depuis 1960.

    Stratégie du changement

    Il y a du pain sur la planche pour les politiciens du changement. Ils ne devraient pas perdre leur temps avec ceux qui complotent contre la démocratie congolaise et qui, de toute évidence, ont collaboré à la réalisation du holdup électoral en RDC.

    Le dernier conclave des forces du changement était une excellente chose, il faut maintenant donner du corps aux résolutions qui y ont été retenues, continuer à les faire évoluer et les partager. La future bataille ne se fera pas que dans le parlement, comme l’a bien compris l’honorable Lumbala, mais la centaine de parlementaires élus du changement doit rester le fer de lance de la suite du combat pour que la révolution requise se fasse avec un peu moins de désordre et plus d’efficacité. Les élus du changement qui siègent, comme cela leur a été suggéré par la majorité des forces du changement, doivent intensifier les réflexions sur différentes questions qui se posent dans le parcours qui reste à faire. En voici quelques unes :

    1. Comment se maintenir derrière le chef d’État élu, E. Tshisekedi, tout en siégeant au parlement contrairement à son injonction ? On a fait le choix démocratique, et avec raison, de ne pas exécuter cette injonction mais sans renier l’ensemble de son autorité. Comment donner du sérieux à cette apparente contradiction ? Il faut en effet rester derrière Tshisekedi en respect de l’électorat congolais et malgré la divergence, avec lui, quant à la pertinence de siéger avec des faussaires de Mulunda Ngoy l’escroc national. Divergence qui n’est qu’un détail compte-tenu de ce qui reste faire et de ce que le boycott aurait apporté.

    2. Comment maintenir l’explicitation du caractère illégitime du pouvoir de Kabila ? Quelles actions continuer à poser pour que cela reste ainsi compris dans l’opinion ? Il faut donner un contenu concret à cet aspect important de la lutte.

    3. Comment faire pour dénoncer des députés nommés et les faire expulser du parlement ? Les faussaires ne doivent pas être cautionnés par le silence des élus. Il est impérieux de sortir leur liste.

    4. Comment améliorer l’intégration des forces du changement : élus siégeant au parlement des corrompus, société civile, Église, diaspora, étudiants, etc. ? Il ne faut pas espérer que cela se fasse tout seul, il faut agir.

    5. Comment se rapprocher de tous les amis du Congo qui se manifestent à travers le monde et en particulier en Belgique ? Les amis du Congo qui se trouvent en Belgique ou aux USA, par exemple, sont certainement mieux placés pour contrer les ennemis du Congo qui s’y trouvent. Au lieu d’aller jouer aux perdus dans le jardin du pédant ambassadeur belge, il vaut mieux consacrer son temps à initier des contacts avec des « friends of congo » qui se sont déjà affichés et qui sont nombreux.

    6. Comment faire pour impliquer efficacement la rue ? Il ne suffit pas de traiter la population congolaise d’impassible lorsqu’elle ne répond pas à un appel, il faut trouver le moyen de l’impliquer dans la prise en charge de la libération de la nation.

    7. Comment faire dissuader la brutalité des forces de sécurité et faciliter la tenue des manifestations politiques ? Il faut se donner les moyens de conscientiser les policiers et les militaires sur les objectifs du combat en cours et quant à leur responsabilité dans le recul démocratique qui se constate. Il faut arriver à leur faire comprendre qu’ils sont les plus grands perdants parce qu’ils prennent la responsabilité de la répression pour que d’autres pillent leur pays et que eux soient déshonorés.

    8. Quel contenu concret donner au plan d’action des forces du changement, quel calendrier adopter et comment le partager ? Les forces du changement ne peuvent pas être attentistes et réactionnaires. Il faut un plan avec des actions et des dates qui permettent de prendre l’initiative des batailles qui doivent être régulières. Les élus du changement sont mieux placés pour diriger cette planification même si la diaspora peut prendre des initiatives complémentaires. Il est important de cibler des commémorations, des réclamations (libération des prisonniers politiques, licenciement de policiers criminels, changement des institutions corrompues), des conférences, des séminaires, des messes, etc.

    9. Comment exiger la requalification de la Constitution après les tripatouillages que la législature passée n’a pas pu empêcher ?

    10. Comment protéger les forces du changement contre la corruption, le débauchage ?

    11. Comment éviter de se laisser dépasser par un éventuel renversement du régime ?

    12. Comment maintenir tout de même quelques portes ouvertes au dialogue avec les forcenés qui confisquent la force de l’État et qui en abusent ?

    Le travail à faire est donc énorme. Les trois premières questions semblent être parmi les plus urgentes. Les forces du changement, hors parlement en particulier la diaspora, ont sans doute besoin de la liste des députés faussaires nommés par Mulunda Ngoy le pasteur escroc national.

     

    P.S. pour les plus curieux, il y a un long commentaire sur TINTIN AU CONGO sur ce site : http://mondomix.com/blogs/samarra.php/2009/11/28/tintin-au-congo-ou-la-mission-civilisatr.

    Njoli Bodjenga

    31-mars-2012.

  • Calvisson et ses moulins dans le Gard !

    Calvisson et ses moulins dans le Gard !

    Situé au cœur de la Vaunage, Calvisson, petit village, vous accueille du haut de ses trois moulins qui ont vu passer bien d'autres visiteurs. Dominant cette plaine de la Vaunage, terre de vignobles, ces moulins bien qu'amputés de leurs ailes qui tournaient majestueusement au gré du Mistral, semblent encore protéger ce village et tous ses habitants. Calvisson est une commune du Gard située à 17 km au sud-ouest de Nîmes, 10 km à l'ouest de Sommières et à 38 km au nord-est de Montpellier. Sa situation géographique privilégiée favorise depuis 30 ans une véritable explosion démographique. Les communes de Souvignargues, Aujargues, Congénies, Aigues-Vives, Vergèze, Boissières, Nages-et-solorgues, Saint-Dionisy et Saint-Côme-et-Maruéjols, sont limitrophes de la commune de Calvisson. Ses habitants s'appellent les Calvissonnais et Calvissonnaises. Calvisson est traversé par un affluent du Rhôny, l'Escattes.

    Vue générale de Calvisson à partir du roc de Gachone. Photo Réveil FM

    Le roc de Gachone, un lieu où on l'on voit loin !

    Le plan que l'on trouve lorsqu'on est au dessus du moulin municipal. Photo Réveil FM

    Le premier moulin en vue. Photo Réveil FM

    Tournez, moulins ! Photo Réveil FM

    Le «signal» de Cassini. Photo Réveil FM

    Gachone et ses moulins. Photo Réveil FM

    Colline surplombant à l'ouest le village et la butte de l'ancien château de Nogaret (alt. 167 mètres) portant, à l'origine quatre moulins des XVIIe et XVIIIe siècles, dont l'un, le plus à l'est, fut détruit lors d'une tempête en 1839. Le moulin du sommet, aujourd'hui de forme pointue, servit à la fin du XVIIIe siècle à Cassini lors de l'élaboration de sa fameuse carte du Languedoc (d'où la dénomination de « signal de Cassini » donnée aussi à cette colline). Avec l'intensification, tout au long du XIXe siècle, de la viticulture, puis l'arrivée du chemin de fer en Vaunage ; la culture céréalière marque sévèrement le pas et les moulins sont alors abandonnés. Celui de Cassini, justement, abrite le tombeau de deux amis aveugles depuis les années 1880. À cet effet il fut surmonté d'une haute coupole en forme d'obus qui donne à ce moulin sa silhouette si particulière.

    Le moulin municipal

    À la fin du XIXe et au début du XXe siècle le site bénéficie de premiers aménagements « touristiques », sous l'impulsion du docteur Gédéon Farel. Le belvédère de "Miremer" est ainsi édifié en 1903, des semis de pins d'Alep et de cyprès opérés et l'on installe en 1911, grâce au concours du Touring-Club de France, face au golfe d'Aigues-Mortes, une table d'orientation en lave émaillée provenant de Riom sur les dessins de docteur Farel. Cette table ne sera déplacée sur la terrasse du moulin municipal qu'après restauration et même reconstruction d'une partie de ce dernier, quelques années plus tard. Une cérémonie fut alors organisée le 11 novembre 1928 et une plaque de bronze, posée sur le mur du moulin pour commémorer le souvenir du docteur Farel. Depuis le sommet, par temps clair, très vaste et saisissant panorama. Au nord-est vue sur le mont Ventoux et la chaîne des Alpes, plus à l'est la montagne du Luberon et la basse vallée du Rhône, la Sainte-Victoire précédée des Alpilles et du plateau des Costières au sud-est. Au sud et au sud-ouest la vue s'étend sur le golfe d'Aigues-Mortes et plus largement sur tout le golfe du Lion. Possibilité d'apercevoir le cap de Creus et la chaîne des Albères par temps particulièrement dégagé, notamment les soirs de février et de mars, tout comme le mont Canigou à l'ouest, sentinelle avancée des Pyrénées.

    Le pic Saint-Loup vu de Calvisson

    Plus près, superbe vue sur le pic Saint-Loup et la montagne de l'Hortus semblant ici lui répondre...tout comme sur l'ensemble des Cévennes depuis le massif de l'Aigoual au nord-ouest au mont Lozère, plus au nord. C'est également au nord, en direction de la moyenne vallée du Rhône que l'on peut apercevoir la silhouette du mont Bouquet semblable à celle d'une dernière vague avant la plaine... Un panorama à 360° tout à fait exceptionnel compte tenu de la hauteur très modeste de la colline.

    Calvisson et son histoire

    Le site est occupé depuis le Chalcolithique; présence des sépultures de Canta-Perdrix classées aux Monuments historiques depuis 1913. D'après le Pasteur Exbrayat, une famille romaine Calvicius serait à l'origine de la fondation de Calvicionis.

    En 790, Calvisson est signalée comme capitale de la Vaunage dans un vieux parchemin de l'Abbaye Notre-Dame de Nîmes. C'est sous la domination des comtes de Toulouse qu'une appellation spécifique pour Calvisson apparaît pour la première fois (In terminium de Calvitione 1060).

    1078, Calvisson a un puissant château qui appartient aux vicomtes de Nîmes, les Bernard Aton. Dressé sur la colline, il est surmonté de deux tours de 18 et 22 mètres. La grande salle a 26 mètres de long et de nombreuses dépendances. L’ensemble couvre 2000 m². Il apparaît comme ayant une grande importance dès cette époque. C’est un château-fort commandant toute la région… Le vicomte de Nîmes cède le château à un seigneur cévenol, Bernard d'Agulhon, jusque vers 1125, puis le lui reprend. En 1179 le château revient à Ermessinde, fille de Bernard Aton V. En 1203, il est habité par Hugues de Laudun, chanoine de de l'Evéché de Nîmes et prieur de Calvisson.

    1229: C’est la fin de la domination des comtes de Toulouse. La Vaunage entre dans la couronne. On peut y voir les châteaux de Calvisson, Clarensac, Caveirac (?), Langlade et Boissières.

    1264: La maison de Posquières-Uzès cède tous ses droits sur la châtellenie de Calvisson, moyennant 20 livres tournois par an.

    1303: Philippe le Bel, roi de France a des démêlés avec le Pape Boniface VIII , ce dernier ayant lancé une excommunication à son encontre. Le roi décide que le pape doit être mis en jugement devant un concile général qui se tiendra à Lyon. Il envoie Guillaume de Nogaret avec 800 hommes pour l’arrêter en Italie. Il s’empare sans difficulté, en septembre 1303, de la petite ville d’Agnani, où le pape s’est réfugié . Une tradition affirme que Guillaume de Nogaret a frappé le Pape de son gantelet de fer. Le pape, âgé de 86 ans, meurt d’émotion un mois plus tard.

    1304: Un acte royal de Philippe le Bel donne, entre autre, la seigneurie de Calvisson et le Pays de Vaunage à Guillaume de Nogaret en signe de reconnaissance. Il lui donne la basse et haute justice sur Calvisson (cette dernière permettant de condamner à mort). Un gibet va se dresser au pied du château au lieu dit " Ro di mort ", (chemin de la potence ?). Guillaume de Nogaret est donc le premier seigneur de Calvisson dont la propriété ne sera plus contestée. A sa mort, en 1313, la terre de Calvisson passe à son neveu Raimond de Nogaret. En ce début du XIVème siècle, Calvisson et ses hameaux comptent 397 feux. C’est un village important puisqu’ y siège une viguerie . Il avait acquis, très tôt, une certaine autonomie communale puisqu’en 1318, nous apprenons l’existence de Consuls administrateurs de la cité. En février 1310, Guillaume de Nogaret échange sa maison de Montpellier contre "la grange" de Livières. A la mort de Guillaume la baronnie de Calvisson passe à son neveu Raymond.

    1354: Raymond II de Nogaret se marie avec Blonde de Grignan. le contrat est signé à Livières le 09 juillet.

    1318: Le Seigneur d'Uzès, qui possède encore la basse justice sur Congénies, marque son hostilité envers Raymond de Nogaret, qui possède la moyenne et haute justice, en faisant enlever, par la force des armes, deux des consuls de Calvisson : Jean Coiran et Guillaume Montredon, à la cabane de Bédilhan. Plainte est portée par les habitants de Calvisson, auprès de la Cour Royale de Nîmes.

    1373: Le recensement de la Sénéchaussée, après une terrible épidémie de peste, fait état lamentable de notre région. Calvisson est tombé à 86 feux ! Il faudra un siècle pour combler cette hécatombe. C’est à cette époque que Raimond de Nogaret institue une donation de Calvisson à Raimond d’Apchier qui meurt en 1413. Sa fille, blanche, se marie avec Raimond de Murat. Ils auront une fille unique Marguerite.

    1440: Louis Louet, Lieutenant-Sénéchal de Beaucaire, épouse Marguerite Murat.

    1449: Il devient Baron de Calvisson (lettre du roi Charles VIII). Leur descendance donnera les barons puis les marquis de Calvisson qui joueront un certain rôle dans la noblesse du Languedoc et les Etats Généraux de la Province.

    1486: L’église Saint-Saturnin est réparée. Calvisson possède ses murs et son château. Trois portes donnent accès dans la ville : l’une située près du pont, c’est la plus importante et la plus monumentale ; la deuxième se situe à Flourans (Florent) et laisse le quartier de Palanquine (Palauquine) en dehors des murs ; enfin la troisième est située à l’Herboux à l’entrée de la rue Pradonne. Dans cette enceinte réduite s’entassent 1500 à 2000 habitants sans aucune notion d’hygiène !

    1517: C’est le début de la Réforme. Des luttes sanglantes et fratricides vont assombrir, pendant près de trois siècles, l’histoire de la Vaunage et de Calvisson.

    1535: Nouvelle épidémie de peste.

    1561: Calvisson est devenu , au fil des ans, un foyer du protestantisme. Les quatre cinquièmes de la population ont embrassé la nouvelle doctrine. Nous sommes en pleines guerres de religion. Notre cité est en effervescence, le sang est répandu dans toute la région.

    1569: Après être tombé tour à tour dans les mains des protestants puis des catholiques, le château fort est repris par les protestants.

    1573: Le maréchal de Damville, ayant fait sommation aux habitants de rendre leur ville à l’obéissance du Roi, et à la tête de 3000 arquebusiers et canons attaque d’abord le château. Le 22 janvier, la population se rend. Le maréchal livre alors le village au pillage de ses soldats. En moins de trois jours, Calvisson, qui était le village le plus riche de tout le bas Languedoc est converti en un lieu d’indigence, de misère et de désolation. Après un siège de deux mois, toute la ville est prise le 09 avril.

    1582: Les eaux de la source de Fontanille (route de St Etienne d'Escattes) sont amenées, par un canal, jusqu'à la Planette et au Griffon du Milieu.

    1586: La peste fait une nouvelle apparition. Les rues infestées sont barrées, les portes de la ville sont fermées à tous les gens du « dehors ».

    1588: Le premier plan cadastral de Calvisson est dressé par Jean Sartigues.

    1598: Par l’Edit de Nantes, Henri IV assure la paix religieuse dans son royaume. C’est à cette époque qu’est décidée la construction d’un lieu de culte protestant près d’un moulin à huile (rue Baratier). C'est sans doute la maison du pont (voir plaque en page "flânant dans le village").

    1610: L’assassinat de Henri IV met fin à une courte période de réconciliation et de joie.

    1621: La situation devient confuse le curé Concorde de Calvisson est chassé du village à coups de pierres…

    1623: L’église Saint-Saturnin est en ruines. Quel dommage ! C’était un édifice imposant, avec six chapelles et un beau clocher.

    1629: Le 12 mai, le Duc de Rohan, généralissime des troupes protestantes s’empare du château et fait barricader la ville, mais le maréchal d’Estrées, qui commande les troupes royales, le fait poursuivre et l’oblige à se réfugier à Nîmes. Rohan envoie le Marquis d’Aubais avec 200 hommes secourir Calvisson. Le combat est meurtrier, il dure avec acharnement de deux heures de l’après-midi jusqu’à la nuit. Les protestants capitulent. Ils obtiennent la liberté de se retirer dans les Cévennes. En Juillet Louis XIII et Richelieu signent l’Edit de Grâce. Le baron de Calvisson est chargé par le roi de proclamer la paix à Nîmes et en Vaunage.

    1630: A nouveau la peste infeste la région. Les convalescents sortant de l’hôpital sont relégués, pour 40 jours, quartier Palanquine qui, par son exposition au nord en dehors des murs, joue le rôle de sanatorium. Calvisson est épuisé par toutes ces luttes, par le perpétuel séjour des hommes en guerre et par le épidémies…

    1641: Recrudescence de la peste. Les gens vont vivre dans des huttes, dressées dans les champs, pour permettre la désinfection du village.

    1644: Le Baron Jean-Louis Louet, quatrième du nom, est à l’apogée de sa puissance, la terre de Calvisson est érigée en marquisat par Louis XIV .

    1648: Les fidèles se plaignant de l’exiguïté du temple et du bruit fait dans le moulin à huile, les consuls font l’acquisition d’une maison qui se situait sur l’emplacement du temple actuel et font construire un temple ouvert aux fidèles en 1656.

    1659: Le marquis manque d’argent mais non de prétentions ! Ce n’est peut-être pas une légende qu’il ait déclaré, à Versailles, que de son château de Calvisson, il apercevait « Cinsens, ville ou village », le roi soleil comprenant « cinq cents villes ou villages », et effrayé par tant de puissance aurait interdit la reconstruction du château…Le vieux castel était en ruines et le marquis n’avait pas les moyens de le rénover ! Les pierres servaient depuis longtemps de carrière où les gens venaient puiser. Le Marquis meurt en 1667.

    1685: Le 18 octobre, révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV. Cette révocation rouvre l’ère des persécutions, des incendies, des pillages et des meurtres en Vaunage…Plusieurs familles huguenotes partent. Le nouveau temple est rasé ! Au fur et à mesure que la répression se fait plus rigoureuse, la résistance devient plus violente. Nous en sommes aux dragonnades, emprisonnements, galères, massacres d’assemblées surprises pendant l’exercice du culte…C’est la guerre des Camisards.

    1691: Une lettre du premier consul fait état du départ de 104 personnes vers l’étranger, représentant 64 familles. En ce tout début du XVIIIème siècle c’est partout le deuil, la misère et des ruines. Les huguenots sont déportés, aux galères, en prison. C’est la famine et la désolation…

    1696: La cloche du Grand Temple de Nîmes est vendu à la municipalité de Calvisson .

    1703: Des troupes de camisards descendent des Cévennes avec à leur tête Jean Cavalier. Le 12 septembre, première bataille de Nages. Le colonel de Firmacon, commandant la garnison royale de Calvisson forte de 350 hommes attaque Cavalier à Nages. Il dispose de 150 fantassins et 30 dragons. Cavalier avec 800 hommes et 200 chevaux, supérieur en nombre, les repousse en une demi-heure. Le 13 novembre, deuxième bataille de Nages. Les camisards investissent Nages et s’attaquent à l’infanterie royale qui est soutenue par les dragons de la garnison de Calvisson à qui ils infligent une défaite.

    1704: Le 17 avril, troisième bataille de Nages. Cavalier campe au moulin de Langlade. Il vient attaquer les troupes du Maréchal de Montrevel et les met en déroute. Montrevel reçoit du renfort dans la plaine. Un engagement meurtrier eut lieu entre Boissière et Bizac, au lieu dit " Champ de Bataille ". Cavalier battu doit se retirer. Cette bataille a été un véritable désastre, Cavalier a perdu un tiers de ses effectifs (400 hommes) et réussi finalement à passer le Rhony (voir la passerelle en page "Balades en Vaunage"). Cavalier accepte la suspension des armes. Le Maréchal de Villars arrivé à Nîmes propose la paix. Pendant les tractations Cavalier et ses hommes habitent Calvisson (du 19 au 27 mai). La décision du Roi arrive, elle est négative : pas de liberté de culte. Cavalier annonce sa soumission. Cela a pour résultat d’amoindrir les forces des Camisards, mais la pacification ne se fait pas. Les luttes deviennent moins vives, mais restent longtemps encore sanglantes.

    1714: Un nommé Valz de Calvisson, construit un moulin à blé, sur l'emplacement du château de Guillaume de Nogaret.

    1743: Agrandissement de la Maison Consulaire (actuelle Mairie).

    1774: Mort de Louis XV (date mentionnée sur un des moulins du Roc de Gachone...!!!).

    1787: Le 17 novembre, Louis XVI signe l’Edit de Tolérance accordant aux protestants de nombreux droits qui leur étaient refusés jusque-là et tolérant leur culte. Cette date mémorable met fin à 3 siècles de luttes fratricides souvent sanglantes, dans notre village et notre région. Cette même année, le Roc de Gachone est utilisé par Cassini de Thury pour effectuer des mesures géodésiques. Le moulin pointu, encore debout aujourd’hui, est appelé " Signal de Cassini ".

    1789: Nous voici parvenus à la grande tourmente révolutionnaire qui emporte clergé, monarchie absolue et noblesse. Le dernier marquis de Calvisson fut Joseph de Louet de Murat de Nogaret. L’enthousiasme est grand à la nouvelle de la convocation des états généraux. Et lorsque la nouvelle de la prise de la Bataille parvient à Calvisson, c’est une grande fête ; on allume des feux de joie dans tous les quartiers du village. Notre village, qui compte 2431 habitants (641 feux), est prospère avec ses clairettes et muscats réputés. On récolte blé, avoine, fourrage. L’olivier donne une huile supérieure. Le mûrier permet l’élevage rémunérateur du ver à soie. Il y a des fabriques de cristal (vert de gris), des distilleries d’eau-de-vie avec de hautes cheminées. Chaque maison possède son métier à bas.

    1790: Le 17 février, Calvisson devient chef-lieu de canton. Ce canton comprend les paroisses de Calvisson, Cinsens, Saint-Etienne-d’Escattes, Maruéjols, Saint-Cômes, Clarensac, Langlade, Saint-Dionisy, Nages, Boissières et Congénies. Ce canton fut supprimé en 1802 et fit place au canton de Saint-Mamert. Depuis cette date le conseil municipal réclama en vain, à maintes reprises, son rétablissement.

    1792: La fièvre révolutionnaire s’empare des populations de notre région. Les château d’Aubais, Junas, Clarensac…sont incendiés par des troupes de paysans, brûlant les parchemins féodaux, détruisant des armoiries seigneuriales, se livrant à toutes les dépradations…Les châteaux d’Aujargues et Boissières échappent, par miracle, à la destruction !

    1810: Un décret de Napoléon 1er met à la disposition des protestants l’église vacante à condition « de faire construire à leurs frais un édifice convenable, pour servir au culte du petit nombre de catholiques ».

    1816: L’église Saint-Saturnin est restaurée.

    1821: Le nouveau temple est inauguré. Il a été construit à l’emplacement de l’ancien.

    1848: On édifie le nouvel Hôtel de Ville à l'emplacement de la Maison Consulaire. La cloche est déplacée depuis l'immeuble du Grand Four.

    1859: Le cimetière, qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle place Méjean est transféré à La Clausade (son emplacement actuel).Un mur sépare la grande parcelle protestante et la petite parcelle réservée aux catholiques. Au début du XXème siècle ce mur sera démoli. En fin de XIX ème siècle, le phylloxera ravage le vignoble. Bon nombre d’agriculteurs quittent notre région. Certains reviendront quelques années plus tard lorsqu’on trouvera le remède : greffage sur plants américains. Ce remède a été trouvé par Gustave Foëx (1844-1906), qui se consacra à l'enseignement de l'agriculture, devint Directeur de l'École nationale d'agriculture de Montpellier en 1884, puis, en 1901, inspecteur général de la viticulture et de la sériciculture à Montélimar. Il s'est attaché à la reconstitution du vignoble français dans le midi, après sa destruction par le phylloxéra. Un monument commémoratif, de Gustave Foëx se trouve à Montpellier. (son arrière petite fille France vit aujourd'hui à Calvisson).

    1907: La mévente des vins amène la révolte des viticulteurs : meetings, bagarres, barrages. A l’automne de cette année, une des plus pluvieuses de l’histoire de notre région, Calvisson connaît de terribles inondations.

    1911: Au Roc de Gachone, grâce au docteur Farel, on inaugure l’abri " Mire-Mer " et une superbe table d’orientation posée sur un socle en pierres et ciment. De très nombreux visiteurs viennent admirer le point de vue et respirer le bon air ! Un livre d’or recueille les signatures.

    1913: Calvisson compte 2004 habitants (1807 dans l’agglomération, 127 à Cinsens, 40 à Bizac et 33 dans les divers mas). Le village est prospère : truffes 1200 kg, lavande 800 quintaux distillés à Bizac, vin 80.000 hectos, troupeaux à laine 1400 têtes. Il y a une douzaine de maisons d’expédition de vin en tonneaux, plusieurs fabricants de futailles, deux distilleries ambulantes d’alcool, une fabrique de caramels. Calvisson produit des raisins de tables (chasselas, clairette, œillade), du blé (350 hl), de l’avoine (550 hl), du fourrage 150 tonnes (consommées sur place par un bétail aratoire composé de 300 chevaux, mulets…). On récolte annuellement 300 tonnes d’olives (les presses des trois moulins sortant tous les ans 150 hl d’huile). En outre une quinzaine d’éleveurs de vers à soie vendent 500 kg de cocons.

    1914: Une nouvelle fois c’est la guerre avec son cortège de misère et de deuils. Elle dure 4 longues années ! 92 noms sont inscrits sur le monument aux morts . Quelle hécatombe !

    1928: Le 11 novembre, le moulin Est du Roc de Gachone, est réparé. Il reçoit la table d’orientation et une plaque à la mémoire du Docteur Farel décédé trois ans plus tôt.

    1939: Nouvelle guerre avec l’Allemagne. Les noms de 9 jeunes calvissonnais s’inscriront sur le monument aux morts, 45 sont prisonniers. Le rationnement alimentaire est terrible (250 g de pain par jour, 75 g de viande par semaine, 15 kg de pommes de terre par an ! Les gens maigrissent, 43 chevaux (sur 160) meurent de faim, d’autres, incapables de tenir sur leurs pattes sont « suspendus ». De nombreux propriétaires arrachent des vignes pour y mettre du fourrage ou des céréales. Une section d’assaut hitlérienne SS cantonne à Calvisson. La Kommandatur occupe la maison Rabinel (à côté du café des sports).

    1944: Le 2 mars à Nîmes, les nazis pendent 15 personnes dont un jeune calvissonnais réfractaire. Le 27 juin, Nîmes est bombardée par les Alliés (400 morts dont une calvissonnaise). Le 20 août, la gare de Calvisson, où stationnent 50 wagons vides est bombardée par des avions. Deux bombes tombent, personne n’est blessé…le lendemain ça recommence. La brigade de gendarmerie de Calvisson est envoyée en renfort à Nîmes avec son chef Chiffe. On lui donne ordre de fusiller un jeune maquisard. Les gendarmes refusent. Ils sont mis en prison et envoyés à Marseille pour être jugés. Heureusement libérés, ils rejoignent Calvisson fêtés par la population. C’est enfin la libération qui, à Calvisson, se passe calmement.

     

    1960: Lors des événements d’Algérie, auxquels participent nombre de jeunes soldats Calvissonnais, l’un d’entre eux trouve la mort.

    1995: Un nom de plus vient s’ajouter à la liste déjà très longue du monument aux morts. Un jeune soldat est mort en Bosnie.

  • Nîmes, une ville gallo-romaine

    Nîmes, une ville gallo-romaine

    Avec près de 150 000 habitants et un territoire de 16 150 hectares, Nîmes est la vingtième plus grande ville de France. Dotée d'un riche patrimoine, Nîmes est labellisée Ville d’Art et d’Histoire. Les monuments romains, par leur majesté et leur exceptionnelle conservation, contribuent amplement à forger l’identité de Nîmes. Erigés voici 2000 ans, la Maison Carrée, les Arènes, le castellum divisorium ou encore les vestiges de l’enceinte romaine sont, à juste titre, l’atout indéniable de la ville. Nîmes travaille à la conception d’un futur grand Musée de la Romanité. Le 9 juillet 2005, le Conseil Municipal de la ville de Nîmes a confié à Culturespaces la mise en valeur, la gestion des visites, l’animation culturelle et la promotion des trois monuments romains de la ville de Nîmes. L’entretien et la valorisation pérenne de cet incroyable patrimoine sont l’une des priorités de la ville : les façades de la Maison Carrée viennent d’être entièrement restaurées. Pour les Arènes, une phase expérimentale est en cours pour permettre bientôt la restauration de plusieurs travées, selon les procédés les plus respectueux de la pierre de l’amphithéâtre. Dans les Arènes de Nîmes, la Ville organise chaque année de nombreux concerts à la période estivale. La Ville et l’un de ses délégataires, la Société Simon Casas Production, organisent des corridas dans les Arènes pendant la Feria de pentecôte (6 jours autour de la Pentecôte) et la Feria des Vendanges (4 jours à la mi-septembre).

    Arènes de Nîmes. Photo Réveil FM

    Nîmes (Nimes en occitan provençal) est une ville du sud-est de la France, préfecture du département du Gard qui fait partie de la région administrative du Languedoc-Roussillon.

    Située entre la mer Méditerranée et les montagnes des Cévennes, sur l'axe très fréquenté Avignon-Arles-Marseille – Montpellier-Perpignan, peuplée de plus de 150 000 habitants, la ville de Nîmes voit en période estivale sa population s'accroître, composée de touristes venus visiter ses monuments et participer à ses férias et festivals.

    La fondation de Nîmes remonte à l'Antiquité. De la période romaine, Nîmes conserve de remarquables monuments tels que les Arènes, la maison Carrée ou encore la tour Magne. Ce riche passé antique lui vaut le surnom de « Rome française ». Ville à la fois romaine et hispanique, camarguaise et cévenole, provençale et languedocienne, fief protestant historique, elle s'enorgueillit d'une culture et d'une histoire particulièrement riches et reste une ville à forte identité. Ses antiques racines et la pluralité des cultures ont inspiré l'écrivain Christian Liger, né à Nîmes, qui a écrit de la ville qu'elle est « posée au carrefour de l'Histoire et des relations humaines ».

    Son patrimoine historique et culturel ainsi que la valorisation de son architecture a permis à la ville d'obtenir le label de Ville d'Art et d'Histoire.

    Ses habitants sont appelés Nîmois, Nîmoises. Son nom dérive du celtique Nemausus qui devint en occitan médiéval Nimes ou Nemze.Jusqu’en 2013, trois chantiers majeurs s’inscrivent dans la métamorphose de la ville : AEF (Arènes-Esplanade-Feuchères)

    Le Palais de justice de Nîmes est un imposant monument néoclassique nîmois édifié à de 1836 à 1846 par l'architecte Gaston Bourdon. Il possède une puissante colonnade donnant sur l'esplanade, largement inspirée par la Maison Carrée. Le palais de justice de Nîmes est inscrit aux monuments historiques, suite à un arrêté du 16 août 1993. Photo Réveil FM

    Les habitants de Nîmes sont appelés Nîmois, Nîmoises. Photo Réveil FM

    Les Feuchères en aménagement. Photo Réveil FM

    Arènes de Nîmes. vue depuis l'esplanade. Photo Réveil FM

    L'église Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité de Nîmes est une église de Nîmes typique de l'éclectisme du Second Empire, construite sur les plans de l'architecte Léon Feuchère ; sa première pierre fut posée en 1852 par Louis Napoléon Bonaparte. Les travaux furent terminés en 1864. Le clocher en façade possède une haute flèche dominant de 70 mètres l'esplanade. Photo Réveil FM

    L'architecture des Arènes

    Une construction parfaite

    Les Arènes de Nîmes illustrent parfaitement le degré de perfectionnement atteint par les ingénieurs romains pour la conception et la construction de ce type d'édifice très complexe. En effet, il présente une symétrie parfaite. De forme ovale, il mesure 133 mètres de long et 101 de large avec une piste de 68 sur 38 mètres. Mesurant 21 mètres de haut, sa façade extérieure est à deux étages de soixante arcades superposées et d’un attique, séparés par une corniche. Au sommet, des pierres en saillie trouées recevaient des mats auxquels était accroché un velum, immense toile déployée au-dessus des spectateurs pour les protéger du soleil et des intempéries. A l'origine, toutes les arcades du rez-de-chaussée, séparées par des pilastres d'ordre toscan, étaient ouvertes pour servir d'entrée ou de sortie. On connaît des amphithéâtres romains plus grands, mais c’est le mieux conservé de tous.

    Une architecture complexeA l’époque romaine, le monument pouvait accueillir 24 000 spectateurs qui se répartissaient sur 34 rangées de gradins réparties en quatre zones autonomes ou maeniana. Chacune était desservie par une galerie et des centaines d'escaliers et de passages appelés vomitoires. Ce judicieux agencement permettait d'éviter tout risque d'engorgement lors de l'afflux des spectateurs. La conception de l'amphithéâtre assurait pour tous une vue d'ensemble sur l'arena. Plusieurs galeries souterraines sous la piste formaient les coulisses. Des trappes et un système de monte-charge permettaient de faire apparaître des décors, animaux ou gladiateurs au cours des spectacles.Les bas-reliefs et sculptures

    Sur l’une des travées, on observe deux avant-corps de taureaux aux pattes repliées de part et d'autre de l'arcade. Ceux du niveau supérieur, mieux conservés, supportaient un fronton triangulaire. Cette travée qui s'ouvre du côté de la ville, donnait un accès direct aux premiers gradins face au petit axe de la piste. Un autre décor en bas-relief sur l'un des pilastres, face au Palais de Justice, montre une louve allaitant deux enfants, Romulus et Remus, les fondateurs mythiques de Rome. La louve nîmoise, contrairement au modèle romain, a le regard tourné vers les enfants.

    La fondation de Nîmes

    Nous considérons souvent le brillant César comme l'unique conquérant de la Gaule, de 58 à 51 avant J.-C. En réalité, le sud-est de la Gaule était déjà très romanisé à cette époque. Au début du IIe siècle avant J.-C., des légions romaines avaient déjà franchi les Alpes, à l'origine pour secourir la colonie grecque de Marseille qui les avait appelés à l'aide. En effet, après une longue période de calme, ces Phocéens subissent depuis quelque temps des attaques violentes des tribus celto-ligures. Les légions romaines viennent donc combattre ces tribus locales, puis remontent le long du Rhône et parviennent à vaincre les Cimbres et les Teutons. Et profitant de l'aubaine, les Romains s'installent dans la région. Quelques décennies plus tard, ils ont constitué une vaste provincia allant de Lyon aux Pyrénées : la Narbonnaise. La ville de Nîmes s’appelait alors Nemausus, nom d'une source sacrée dédiée au culte du Dieu Nemausus.

    Avant l'époque romaine, Nîmes est un modeste village fortifié, un oppidum, bâti sur les pentes du mont Cavalier, situation qui lui garantit un confort défensif. Sous le règne de César ou peu après, la ville se dote du droit latin qui lui confère une situation privilégiée et une relative autonomie. Ses habitants adoptent la langue, les lois et les coutumes des citoyens romains.

    Par la suite, sous l'impulsion de l'Empereur Auguste, la ville prend un nouvel essor et se pare d'édifices, dont seule subsiste encore la Maison Carrée. Elle se dote d’un rempart de 7 kilomètres qui entoure plus de 200 hectares de terrain, ce qui est considérable pour une ville gallo-romaine. Il ne reste aujourd’hui de la fortification que la porte d'Auguste et la Tour Magne. Nîmes devient une des cités les plus importantes de la Narbonnaise et reçoit de l'empereur la faveur d'être appellée « Colonia Nemausensis Augusta ».

    VI siècle avant J-C : l'origine

    L'origine de Nîmes remonte au VIe siècle avant JC. Une tribu celte, les Volques Arécomiques, s'installe autour d'une source généreuse. Les Volques divinisent la Source, lui consacrent un sanctuaire. Petit à petit, les constructions primitives font place à des édifices en pierre sèche. Parmi eux, la Tour Magne, une tour haut perchée sur la colline, sera plus tard intégrée aux remparts romains.

    En 120 avant JC, les Volques, à la tête d'un vaste territoire de 24 oppida, accueillent sans résistance les légions de Rome. Nemausa, la ville gallo-romaine est sur le point de naître.

    II siècle avant J-C : les Gallo-Romains

    La romanisation de Nîmes commence véritablement au cours du premier siècle avant notre ère. Nîmes devient «colonie de droit latin» et se couvre de somptueux monuments. L'empereur Auguste et ses successeurs en font une ville de promotion de la romanité en Gaule.

    Nîmes s'agrandit. Son enceinte longue de 7 Km englobe 220 ha. Au IIe siècle, Nîmes, étape idéalement située sur la via Domitia qui relie Rome à l'Espagne, est à son apogée. On estime la population à près de 25 000 habitants. Au IIIe siècle, des invasions successives puis au Ve s, l'arrivée et l'installation des Wisigoths mettent fin à la prospérité de la ville.

    Le Moyen Age

    Au VIIIe siècle, la ville est repliée sur elle-même. Sa taille est réduite à presque un dixième de la cité romaine. L'insécurité grandissante contraint la population à se réfugier dans l'amphithéâtre et à le transformer en forteresse en cas de danger. Les remparts romains servent de carrière où chacun vient se servir. Différents quartiers dont celui de la Fontaine sont abandonnés.

    A partir de l'an mil, Nîmes sort de sa léthargie. Une nouvelle enceinte est construite. Grâce à la vigne, à l'olivier et à l'élevage du mouton, les échanges commerciaux redémarrent. Et là encore, la Source intervient. Ses eaux qui courent à travers la ville vont sur plusieurs siècles amener la prospérité aux tanneurs, teinturiers et marchands d'étoffes.

    De la Renaissance au siècle des Lumières

    Au XVIe s. les guerres de Religion sont très violentes dans cette Nîmes devenue Huguenote. Les protestants écartés de la vie publique se tournent vers le commerce et la production manufacturière. Bientôt, la production d'étoffes et du bas de soie s'exporte en Europe et aux Indes espagnoles. Les deux tiers de la population active de Nîmes sont employés dans le textile.

    La ville s'enrichit. Elle change. Voilà qu'apparaissent de superbes hôtels particuliers, voilà que se dessine un renouveau urbain. Par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source et on en fait un grand projet d'urbanisme. L'industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent Nîmes l'industrielle à un rang Européen.

    Le XIXe siècle

    Mais la concurrence lyonnaise est rude en cette deuxième moitié du XIXe s. Très vite, avant de perdre de l'argent, on réinvestit les capitaux du textile dans le vignoble. La culture de la vigne est facilitée par la construction du canal du Midi, le transport du vin par celle du chemin de fer à Nîmes. C'est une nouvelle ère de prospérité. Le quartier de la gare est somptueusement aménagé et se couvre d'hôtels particuliers. Enfin, la gare de Nîmes devient le centre de transit du charbon cévenol vers Beaucaire et le Rhône.

    Aujourd’hui

    Nîmes, forte de ses 150 000 habitants, se remodèle. Dans un élan délibéré, elle allie depuis bientôt trente ans l'art contemporain le plus pointu aux richesses du passé. Elle réhabilite ses quartiers anciens et s'étend vers le sud. Elle confie ses projets d'urbanisme et d'architecture aux plus grands créateurs internationaux : Lord Norman Foster, Vittorio Gregotti, Kisho Kurokawa, Jean Nouvel, Martial Raysse, Philippe Starck, Jean-Michel Wilmotte.

    Le projet AEF de l’architecte urbaniste Alain Marguerit vise à élargir le centre historique par la création d'un espace urbain continu de huit hectares, valorisant ainsi le futur forum du 21ème siècle.

    La communauté d’agglomération Nîmes Métropole possède une bonne vitalité économique dans les domaines de l’agro-alimentaire, du nucléaire, de la métrologie, des biotechnologies ou de la viticulture. Plus de 7500 entreprises ont été créées ces dernières années.

     

    Demain est là. Nîmes la dynamique le regarde en souriant.
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